ARACHNIDES
Les Arachnides (de àpaxvn, araignée) comprennent un grand nombre d’animaux articulés qui n’ont que quatre paires de pattes, jamais d’ailes. Leur corps est le plus souvent partagé en deux segments distincts; l’un antérieur, formé par la réunion de la tête et du thorax et qui porte pour cette raison le nom de céphalothorax, l’autre postérieur, formé par l’abdomen. On a voulu voir dans les pièces qui avoisinent la bouche, les analogues de celles qui environnent la bouche des Insectes. On y distingue deux paires d’appendices auxquelles on avait donné à tort les noms de mandibules et de palpes ; elles varient de forme selon les groupes et s’appellent, aujourd’hui, les preniières, des antennes-pinces, les autres, des pattes-mâchoires. La tete ne porte pas d’yeux composés, les yeux simples existent seuls. Les quatre paires de pattes naissent b la base du céphalothorax. Les Arachnides ne subissent pas de véritables métamor-
plioses, cependant les Sarcoptes et quelques animaux voisins ne naissent qu’avec trois paires de pattes, la quatrième ne se montre que plus tard.
La respiration se fait par des trachées ou par des poumons ou par les deux sortes d’organes simultanément. — Comme beaucoup d’organes sont excessivement variables dans les différents I groupes, nous préférons les décrire en traitant du groupe même.
Dans le règne animal de Cuvier, les Arachnides y sont partagées en deux ordres, les unes qui ont des sacs pulmonaires et qui composent l’ordre des Arachnides pulmonaires, les autresqui respirent par des trachées et qui forment l’ordre des Arachnides trachéennes. Division bien peu naturelle, puisqu’il existe des Arachnides qui respirent à la fois par des trachées et par des poumons. 11 en est même qui sont dépourvues d’appareil propre i pour la respiration.
Beaucoup d’autres classifications ont été proposées ; celle qui i nous a paru la plus simple et peut-être la plus naturelle est celle 1 que nous trouvons dans les ouvrages de Siebold et Slannius, de I MM. Van Bencden et Paul Cervais. Nous la résumons ainsi :
A corps discoïde ou globuleux. Tète, thorax et abdo- || meu unis entre eux et formant une seule niasse. Le plus t souvent une paire de stigmates trachéens sous le ventre, i Trois paires de pattes à la naissance; quatre paires à l’âge adulte. Elles forment l’ordre des Acarides. Ex.: Démodex, Sarcopte.
A tête et thorax réunis en céphalothorax. Abdomen ! réuni largement au céphalothorax, mais distinct, formé de plusieurs articles séparés, muni d’une paire de stigmates trachéens, deux paires de pinces au voisinage de la bouche. Toujours quatre paires de pattes. Elles forment l’ordre des Piulangides. Ex. : Faucheur.
A tète distincte. Thorax formé de trois articles. Abdo- I men distinct du thorax et mulliarticulô. Stigmates sur le ventre entre les premiers anneaux. La tête porte deux paires de pinces et la première paire de pattes, le tho- \ rax porte les trois autres paires. Elles forment l’ordre ' des Galéoues.
Arachnides
ARACHNIDES. — ACARIDES.
/ A tête et thorax réunis en céphalothorax. Abdomen entier, mou, attaché au céphalothorax par un pédoncule court et grêle. Plusieurs paires d’orifices respiratoires situés sous le ventre et laissant arriver l’air dans des I poumons ou des trachées. Toujours quatre paires de 1 pattes portées par le céphalothorax. Dans le voisinage de l la bouche, deux paires d’appendices; l’une contenant le venin, l’autre palpiforme. A la face inférieure de l’abdo- Akachkides / men sont les ouvertures des organes génitaux femelles
(et les filières. Elles constituent l'ordre des Aranéides. Ex. : Épeire, Tarentule, Mygale.
A corps allongé. Tète et thorax réunis dans un bouclier céphalothoracique. Abdomen multi-articulé, réuni largement au céphalothorax. Toujours quatre paires de pattes. Deux paires d’appendices en forme de pinces à l’avant du corps. Elles forment l’ordre des Scoupionides. y Ex. : Télyphones, Scorpions.
C’est au groupe des Arachnides qu’appartienennt aussi ces animaux singuliers qui n’ont qu’un rudiment d’abdomen, un céphalothorax multi-articulé et que Doyère a étudié sous le nom de Tardigrades {Ann. sc. nat., 1 8/jO, vol. XIV, p. 269). Ils peuvent supporter les plus grands froids comme de hautes températures (1).
ORDRE DES ACARIDES.
Les Acarides sont les Arachnides les plus simples. Elles subissent de légères métamorphoses. Leur corps est le plus souvent discoïde, d’une seule pièce, sans distinction nette de la tôle, du ihorax eide l’abdomen, portant cependantdes traces de sillons, des appendices articulés, qui ne laissent pas de doute sur la place que ces animaux occupent dans la classification. Les pièces de leur bouche sont souvent disposées pour la succion. Les diverses particularités qu’elles présentent, l’existence ou l’absence d’organes respiratoires et des yeux ont fourni des caractères pour la délimitation des genres.
(1) Gavarret; in Ann. sc. nat., 1850, vol. XI, p. 315.
BOCQUIU.ON. (j
Toutes, quelles qu’elles soient, sont, à leur naissance, privées d’organes génitaux; elles n’ont, à cette époque, que trois paires de pattes, la quatrième se montre à l’àge adulte. Cette particularité explique l’erreur prétendue attribuée à plusieurs zoologistes qui ont fait représenter ces animaux tantôt comme hexapodes, tantôt comme octopodes.
Les Acarides qui doivent plus particulièrement être connues des médecins sont les Démodex, les Sarcoptes, les Cheyletes, les Ixodes, les Argas, les Gamases et les Rougets.
DÉMODEX DES FOLLICULES.
Le Démodex des follicules ( Demodex folliculorum, Owen) est une petite Acaride qui habite les follicules sébacés. 11 a été remarqué pour la première fois par G. Simon, de Berlin, en 18Z|2 ; il est si commun que, depuis, tous les médecins qui ont voulu le ' chercher l’ont trouvé. Parmi les auteurs qui l’ont étudié avec le plus de soin, nous citerons G. Simon (2), Erdl. (3), Erichson, Tulk (3), Wilson (Zi), Gruby (5), qui le désignent sous les différents noms de Acarus folliculorum, Entozoon folliculorum, Demodex folliculorum , et Simonea.
Lorsqu’il est adulte, sa taille atteint jusqu’à trois dixièmes de millimètre. 11 est allongé, plus renflé dans sa partie antérieure qui porte quatre paires de pattes courtes que dans sa partie inférieure, plus longue et atténuée. La bouche est à l’extrémité antérieure ; elle est munie d’un suçoir et accompagnée de deux appendices faisant office de palpes. Les œufs sont elliptiques. Lorsque le petit Acarien en sort, il a la forme d’une petite boule; ses pattes sont à peine visibles, il n’en a que trois paires.
A mesure qu’il avance en âge, la partie inférieure du corps s’allonge, les pattes deviennent plus visibles, elles apparaissent formées de trois articles, enfin la quatrième paire se montre.
Les Démodex des follicules se rencontrent plus fréquemment
(1) G. Simon, Arch. de Millier, 1842, p. 432.
(3) Erdl, Bull. Acad. Munich, 4843, p. 367.
(2) Tulk, Ann. of nat. hist., 4844, vol. XIII, p. 75.
(4) Wilson, Philos. Trans. oftlie roij. Soc., 1844, 4 partie, p. 305.
(5) Gruby, Comptes rendus de V Acad, des sc., 1845, vol. I, p. 569.
dans les glandules sébacées du nez que dans celles de toutes les parties du corps, sur .les personnes à peau grasse plutôt que sur celles à peau sèche. Us occupent le conduit excréteur des glandes la tête en bas; s’il existe un poil, ils se placent entre le poil et la paroi interne du follicule pileux.
Ils sont rarement isolés ; on les trouve le plus souvent au nombre de quatre à vingt dans une même glande. Leur présence ne paraît pas nuire à la santé. Quand ils sont très-nombreux, ils déterminent une injection de la peau et un chatouillement désagréable. On les trouve en toutes saisons et sur toutes personnes. Sur soixante qui ont été soumises à l’examen, M. Gruby lésa trouvés quarante fois.
Chez les chiens, ces mêmes Démodex produisent, dit-on, la maladie de peau connue sous le nom de Prurigo seniiis, ils se propagent en cercle de follicule en follicule (Gruby) et hâtent la chute des poils. Lorsque le chien atteint de cette maladie se gratte avec
Fig, 38, — Groupe de Démodox des follicules.
sa patte, il détache, avec des nel- A,1?ôïa?pex,; B> Poil; c> racino (I» poil ;
i: i , 1 D, follicule; E, glande.
huiles d epiderme, des Démodex
qui, tombant surles vêtements des personnes, peuvent gagner la peau et se propager.
Plusieurs autres animaux nourrissent des Démodex ; ceux du Mouton diffèrent un peu de ceux de l’homme et du chien.