SARCOPTES
Les Sarcoptes (de srfpg, chair, et xfawv, couper) sont de petits Acariens qui peuvent inciser l’épiderme avec les pièces
de leur bouche et tracer des sillons sous-épidermiques. (Bourg, et Delaf.)
l e Sarcopte commun ( Sarcoptes Scabiei, Latr.), qui vit sur
l’homme et produit la maladie connue sous le nom de gale ou psore, est de couleur blanche ou brune et n’a guère qu’un tiers â un demi-millimètre de longueur. Yu à l’aide d’une loupe simple, d’un faible pouvoir grossissant, le corps du Sarcopte a la forme de celui d’une tortue ; il n’offre pas de démarcation entre le thorax et l’abdomen , mais à l’extrémité antérieure est une petite masse distincte à laquelle on a souvent donnée le nom de rostre. Le dos est parsemé d’épines. La face ventrale est sillonnée de rides transversales plus marquées dans leur milieu et dans lesquelles on a voulu voir des traces d’articulations; elle porte quatre paires de pattes courtes, articulées; sur diverses portions du corps on découvre en outre des poils roides, isolés. Les Sarcoptes sont unisexués. Les femelles sont deux a trois fois plus grosses que.les mâles et dix fois plus nombreuses; elles sont connues depuis longtemps. Leurs quatre pattes postérieures sont terminées par un long filament et l’ouverture génitale est située au tiers de la face ventrale.
Chez les mâles, les pattes de sont, comme les paires antérieures, munies
Fir.. 39. — Sarcopte commun (mâle).
Vu par la face ventrale.
a, tète ou rostre; b, b, deux premières paires de pattes; c,c-, deux dernières paires; r/,<Z,<Z,d, ambulacres; c,/1, épinières; </,g, filaments de la troisième paire; /i, amlmlacres de la quatrième paire ; pièces qui protègent les organes génitaux.
Fus. 41). — Sarcopte commun (femelle) Vu par la face ventrale.
la quatrième paire
d’une lige ou ambulacre renflée eu ventouse à son extrémité; l’ouverture génitale est située entre les pattes postérieures. Les mâles ne sont connus que depuis I8Z1O, ils ont été vus pour la première fois par M. Bourgogne, mais c’est à MM. Lanquetin et Bourguignon qu’on doit de connaître leur organisation.
Fin. il. — Sarcopte mùle très-grossi, Vnpnrla face dorsale.
En employant un grossissement plus considérable, on pourra
Ise convaincre que le tégument de l’animal résiste à l’action des alcalis et que les acides l’altèrent à peine. (Bourg-, etDelaf.)
Ce tégument est formé en grande partie de chitine, et il re couvre les petites épines qu’on aperçoit sur le corps. Lorsque l’animal est vu par transparence, on remarque â sa face ventrale,
■ vers le tiers antérieur, une pièce longitudinale rouge, solide, bi-
Sfurquée, à laquelle on a donné le nom d’épimère. Elle donne des prolongements qui s’étendent vers les pattes antérieures, i prolongements pourvues de crêtes, de saillies, qu’Audouin ap- ! pelait des épidèmes (de h r!, sur ; Æ’ep.ü, bâtir). Toutes ces parties | solides servent de points d’attache aux muscles et aux liga- 9 ments.
Les quatre paires de pattes sont munies aussi d’épimères; elles sont articulées et présentent, de la base au sommet, différentes parties auxquelles on a donné les noms de hanche, de trochanter, de trochantin, de cuisse, de jambe et de tarse. Chez le mâle comme chez la femelle, les quatre pattes antérieures sont ter-
minées par un ambulacre. On désigne par ce nom une pièce composée d’une tige filiforme, sans articulations et d’une partie évasée qui la termine et fait office de ventouse. Chez le mâle, les épinières des pattes postérieures du même côté sont réunis ; ils sont séparés chez les femelles.
Les Sarcoptes de l’homme se nourrissent en absorbant les parties de la peau qu’ils déchirent très-rapidement.
Tube digestif.— La bouche estsituée îi la partie antérieure du corps, sur le petit avancement appelé tête ou rostre. Elle est entourée de six pièces qui sont : 1° Une supérieure, â laquelle on a
donné le nom impropre de lèvre supérieure, car c’est une partie des téguments ; elle se replie en dedans ; 2° deux latérales supérieures ou mandibules; elles sont oblongues et terminées par une pince à deux crochets dont l’un s’articule sur l’autre; 3° deux latérales inférieures ou mâchoires ; elles ne diffèrent des mandibules que par leur moindre développement et s’insèrent sur une petite pièce dite menton ou pièce carrée. Leur dos porte deux palpes, appendices épais, courbés, pointus, composés de trois pièces et portant trois longs poils ; Zi° une lèvre inférieure, petit tubercule pointu qui semble dépendre des téguments et porte trois grands poils (1).
Lorsque le Sarcopte veut, pour se nourrir, pénétrer sous l’épiderme, « il se soulève sur ses pattes de derrière, écarte ses pattes et enfonce leurs extrémités cornées et acérées dans le tégument, dont toute la partie comprise entre ces organes cède sous des efforts réitérés; puis, les mandibules faisant fonction de fouloirs, par un mouvement alternatif d’avant en arrière et d’arrière en avant, brisent les adhérences qui fixent l’épiderme au corps muqueux. (Le corps muqueux est la partie de la peau située entre l’épiderme superficiel et le derme.) Une portion du derme est ensuite entamée à l’aide des ongles des mandibules, comprimé et malaxé par les mandibules inférieures (mâchoires), afin d’en faire exsuder les liquides contenus.
La cavité qui circonscrit la bouche a la forme d’un entonnoir contractile qui s’étend jusqu’à la base du rostre et qui, à ce niveau, est fermée par une valvule. Cette valvule s’ouvre de manière à laisser passer la matière ingérée, et lui permet d’entrer dans un canal auquel on adonné le nom d’œsophage. A la suite de l’œsophage existe, dit-on, une poche stomacale qui communique avec un intestin débouchant sur le dos, à un anus situé au milieu de l’échancrure postérieure.
On ne découvre aucun organe accessoire glanduleux.
Les parties alimentaires qui, par suite de changements ullé- 1 rieurs, doivent faire partie du tissude l’animal, passent à travers l| le tube digestif et se répandent dans tout le corps.
il (1) Les zoologistes ne sont pas d’accord sur les noms à donner aux differente! H pièces de la bouche. Los rapprochements qu’on pourrait faire entre les Sarcoptes cl les ' autres Arachnides établissent que Ces appendices méritent d autres nUms.
Circulation. — On ne trouve aucun organe spécial pour la circulation.
Respiration. — Connue le corps des Sarcoptes ne présente aucune tracede trachées ni de poumons, il avait été admis «lue ces animaux ont une respiration cutanée. M. Bourguignon affirme qu’ils respirent en avalant l’air. 11 a remarqué que des bulles de ce gaz s’introduisent dans un conduit particulier en rapport avec la lèvre, qu’elles pénètrent dans l’œsophage, puis, qu’elles en sortent pour se répandre dans la masse des tissus. D’après ces faits, c’est dans le corps même que s’effectuerait la respiration.
Sécrétions. — On ne connaît aucun organe chargé des sé- . t crétions.
Système nerveux. — Plusieurs auteurs admettent qu’il existe un système nerveux et qu’il consiste en un renflement transversal situé près de la partie supérieure de l’œsophage et muni de deux filets nerveux qui descendraient en avant et en arrière jusque vers l’extrémité inférieure du corps.
Sens. — Les Sarcoptes ne paraissent pas avoir' d’yeux ni d’organes pour l’audition.
Reproduction. — L’organe génital du mâle se montre sur la face abdominale, entre les pattes postérieures. Les parties qu’on distingue le mieux sont celles qui, par leur réunion, forment à cet organe un appareil protecteur. C’est d’abord une pièce longitudinale située entre la troisième et la quatrième paire de pattes; elle s’élargit à son sommet, au niveau des pattes de la troisième paire et se bifurque à sa base. Deux autres pièces en fer à cheval se superposent dans la bifurcation, enfin une quatrième, de même forme que les précédentes, mais plus postérieure et plus superficielle, sert spécialement à la protection delà verge. Quant aux « organes générateurs eux-mêmes, glandes spermatiques, conduits déférents, etc., on les soupçonne plutôt qu’on ne les distingue nettement » (Bourg.). Le pénis est cependant parfois visible.
L’organe génital delà femelle occupe la partie médiane de l’abdomen. Il existe sans doute des ovaires, mais ils sont peu visibles ; l’oviduete n’est guère plus distinct, il est placé vers le tiers antérieur de la face ventrale et débouche par un conduit
dans une cavité commune avec le rectum et h laquelle on donne le nom de cloaque. Les Sarcoptes sont ovipares. La fécondation a lieu par accouplement et « un seul accouplement suffit a la fécondation des œufs qui seront successivement pondus. Ce qui rend compte de la facilité avec laquelle la gale se propage à l’homme, car il suffit qu’une femelle fécondée soit transmise pour que la maladie se développe ». (Bourg )
D’après M. Bourguignon, lorsque les œufs sont fécondés, ils peuvent se développer en partie dans l’abdomen de la femelle, surtout lorsqu’un obstacle empêche la ponte. Le plus souvent, ils sont disposés par petits tas dans le sillon. Chaque œuf mesure deux dixièmes de millimètre dans son grand diamètre et un dixième dans le petit, une des extrémités est plus obtuse que l’autre. C’est un petit corps blanc, recouvert d’une membrane mince, lisse, uniforme. L’intérieur ne contient avant le développement de l’embryon qu’un liquide dans lequel surnagent des granules noirs (1). L’incubation dure de quatre k six jours. Au bout de ce temps les Sarcoptes éclosent. Ils ne possèdent pas tous les organes de l’âge adulte; ils n’ont que trois paires de pattes et sont privés d’organes génitaux. Ce n’est qu’après quelques jours, après plusieurs mues successives, que se montrent la quatrième
I paire de pattes et les organes générateurs.
« Les mœurs des Sarcoptes, les besoins que provoquent les fonctions de la nutrition, de la respiration, etc., les obligent à - vivresurla peau de l’homme ou drs animaux dans des conditions spéciales. Leur premier besoin est de s’abriter, afin de ne pas quitter leur proie; de se cacher sous l’épiderme, sors les poils feutrés ou sous les croûtes, afin de sentir l’influence d’une douce chaleur; de ponctionner et malaxer les papilles du derme, afin d’absorber les liquides que l’irritation produite y appelle. 1 Sur la peau de l’homme, le Sarcopte cherche des rides, des as- I pérités propices au point d’attaque; il incise l’épiderme et peut fl s’enfoncer complètement au bout d’une heure environ. Une fois I recouvert et repu, il se repose, et ce n’est que la nuit, quand I celui qui le porte s’abandonnera au premier sommeil, qu’il
(t) Voyez, pour le développement tic l'embryon, Dclafoml et rtouriçiiîgnon , Traité fl de la psorc, 1802, p. 52.
!!OCQriU.ON.
i 10 ARTICULÉS.
avancera de nouveau; de là des démangeaisons dont se plaignent peu de temps après le moment de leur coucher tous les malades affectés de la psore. Le Sarcopte femelle fécondé trace son sillon en déviant à droite ou à gauche, en appuyant, à l’aide des spinules dont il est hérissé, son dos contre la paroi interne de la pellicule épidermique qui le recouvre, et sans jamais revenir en arrière. Son sillon a exactement la largeur de son corps et il n’en peut sortir que par l’extrémité opposée au point d’entrée. 11 dispose derrière lui, dans sa marche lente, mais régulière, ses fèces et ses œufs, puis il meurt, probablement au bout de son sillon, après un séjour qu’on peut fixer approximativement à un ou deux mois. Chaque station qu’il a faite dans son cuniculus est indiquée par une petite ouverture qu’il a soin de pratiquer à la pellicule épidermique avant d’abandonner la place où il s’est arrêté plus ou moins longtemps. Ces petites ouvertures, à travers lesquelles on aperçoit les granules excrémentitiels, et par où s’introduisent, suivant les professions, des corps étrangers qui donnent au sillon un aspect ponctué ou noirâtre, ont pour destination de permettre une plus facile introduction de l’air jusque dans le sillon, et de préparer une issue toute ouverte aux jeunes nymphes qui vont éclore. En effet, le Sarcopte, tout en traçant son sillon, laisse derrière lui de douze à seize œufs, pondus par séries de quatre et le plus souvent deux près l’un de l’autre, leur grand axe suivant la longueur du sillon.
» Les nymphes, les femelles non fécondées et les mâles s’abritent également sous l’épiderme, mais leurs trajets sous épidermiques sont trop peu dessinés pour qu’ils servent de moyen de diagnostic quand on observe des malades à l’œil nu. Les larves, à leur sortie du sillon, s’abritent sous l’épiderme, où elles vivent jusqu’à la mue, qui leur donne huit pattes au lieu de six et les attributs de leur sexe. La femelle nouvellement parvenue à la période adulte se cache, chez l’homme, sous l’épiderme, car le moindre frottement pourrait l’enlever de dessus la peau, et c’est là que les mâles vont à sa recherche (1). »
(1) Colle citation est empruntée textuellement à M. Bourguignon. Je ne pouvais mieux faire fine de rapporter l'observation d’un médecin observateur qui , pour mieux étudier les Sarcoptes, s’est soumis volontairement à tous les désagréments delà gale.
AKAC11N1DE. — SIXUUES.
Les individus atteints de la gale se grattent avec force et déterminent des excoriations qu’on pourrait, au premier aspect, confondre avec les sillons. 11 est cependant facile de reconnaître ces derniers. Le plus souvent, un sillon creusé par le Sarcopte femelle présente deux extrémités bien marquées : l’une ouverte, inégale, par laquelle l’animal est entré; l’autre fermée, arrondie, qu’on a appelée Y éminence acarienne et dans laquelle l’animal est arrêté. Elle est recouverte par une couche plus ou moins épaisse d’épiderme et est intra-épidermique ou sous-épidermique. Pour prendre le Sarcopte, on enfonce une aiguille ou une épingle dans l’épiderme au voisinage de la vésicule blanche qui représente l’éminence acarienne, on avance obliquement et avec précaution la pointe de l’épingle jusque sous le Sarcopte ; l’animal, d’abord immobile, s’y cramponne ensuite ; on l’enlève en appuyant très-légèrement sur la tête de l’instrument.
Puisque la gale est produite par les Sarcoptes, le traitement rationnel consiste îi tuer ces animaux. On y parvient fort bien en employant les préparations soufrées et aujourd’hui cette dégoûtante maladie n’est plus regardée comme une affection sérieuse. A l’hôpital Saint-Louis, M. Hardy guérit les galeux en une heure et demie par des bains et les frictions avec la pommade sulfurée d’Helmerich.
Outre les Sarcoptes, il est d’autres Acaridos qui peuvent occasionner la gale chez les animaux.
Ce sont les Dermatodectes, Gerlach (deé%».a, peau ; é'aV.yav, mordre, piquer), ou Psoroptes, P. Gcrvais, qui ont beaucoup de ressemblance avec les Sarcoptes, mais les palpes sont soudés cl ils ne peuvent pas tracer de sillons. Ils ponctionnent cl incisent l’épiderme. Leur dos est privé de spinules. Ils vivent sur le Cheval, le Mouton, le Lapin, etc.
Les Sarcodermatodectes, qui ont à peu près les habitudes des Acarides précédentes. Leur corps est également privé de spinules, mais leurs palpes sont libres et la ventouse de l’ambulacre est presque sessile. Ils vivent sur le Cheval, la Chèvre le bœuf.
On place près des Sarcoptes de petits Acariens connus sous les noms de Mites, de Cirons et que Lalreille appelait des Tyroolyphes (de rupsç, fromage; fXutpsûç, sculpteur). L’ulie des es-
Il 2
pèces, le Tyuoglyhie domestique, vit sur le fromage un peu vieux. C’est un petit corps elliptique, plus allongé que le Sarcopte de la gale, à rostre distinct. Ses quatre paires de pattes sont grêles, plus allongées, avec des articulations mieux marquées; l’extrémité n’est pas munie d’ambulacre. 11 a des yeux et scs mâchoires sont rudimentaires. C’est cette Arachnide que Gales avait fait représenter comme étant le Sarcopte de la gale (1812), et l’erreur subsista jusqu’en 1829, époque à laquelle Raspail démontra que le prétendu producteur de la gale n’était autre que la Mite du fromage.
Une semblable Arachnide, le T. farinœ, vit dans la farine.
1XODES.
Les Ixodes (de î5w<?viî, visqueux) sont des Acarides qu’à la simple vue ou distingue facilement des Sarcoptes. Leur corps ■ est ovale, plat lorsque l’animal est à jeun, gros et renflé après •’ les repas. 11 porte une paire d’yeux et est dépourvu de poils. Les • quatre paires de pattes sont placées de manière à laisser entre chaque paire des intervalles à peu près égaux, tandis que dans les Sarcoptes, elles sont groupées par paires antérieures et pairespostérieures. Elles sont formées de six articulations bien marquées et terminées par une double griffe. La bouche est munie d’un suçoir formé de trois lames cornées, la médiane porte latéralement des dents qui l’ont fait comparer à une scie. Ce suçoir est engainé dans deux palpes ou pattes-mâchoires allongées, de trois articles. Dugès et M. Lucas ont constaté que l'organe génital des femelles s’ouvre près de la bouche, que c’est par cette ouverture et non par la bouche, comme on l’avait cru, que sortent les oeufs.
Cesontces petits animauxqui tourmentent les chiens de chasse et qu’on appelle en France des Tiques, des Louvet tes Une espèce particulière vit sur les Genêts où elle se tient accrochée avec deux des pattes, les autres restent libres. Que des hommes ou des animaux se frottent en passant contre ces végétaux, leslxodes s’attachent à eux au moyen de leurs griffes, gagnent la peau, y enfoncent leur suçoir etse gorgent de nourriture. Ils augmentent assez de volume pour devenir gros comme des pois. L’homme
ARACHNIDES. — ARGAS, GAMASES.
s’aperçoit vile de leur présence et s’en débarrasse assez facilement; mais chez les animaux, ils peuvent vivre en grand nombre et produire un amaigrissement qui conduit ces animaux ù la mort.
Il exisle au Brésil une espèce d’Ixode, Y Ixodes Nigua, Guér., qu’on appelle, vulgairement Garapatte. Elle a les mêmes habitudes que les Ixodes d’Europe, vit sur les gazons ou dans les taillis, et s’attache aux personnes qui s’approchent des endroits où elle se tient suspendue. Elle attaque la peau, produit des douleurs cuisantes et grossit à mesure qu’elle absorbe la nourriture.
Les Ixodes ne peuvent être regardées comme des parasites de . l’homme, car elles ne vivent sur lui qu’accidenlellement,le quittent même lorsqu’elles sont gorgées de nourriture.
ARGAS.
La forme extérieure des Argas se rapproche beaucoup de celle, des Ixodes, mais la partie antérieure du corps est plus obtuse. La bouche est située à la partie antérieure et ventrale du corps. Elle diffère de celle des Ixodes en ce que le suçoir n’est pas engainé, que les pattes-mâchoires sont courtes, coniques et formées de quatre articles distincts. Tous vivent aux dépens d'autres animaux.
L’une des espèces, V Argas reflexus, vit en France. On la trouve particulièrement sur les pigeons. Celle qui vit en Perse Y Argas persicus attaque l’homme à la manière de notre Punaise et cause
des douleurs assez fortes. Son corps a les proportions de celui de la Punaise et la lorme générale des Argas; il est d’un rouge sanguin et présente de petits points saillants comme une peau de chagrin. Cette arachnide est connue aussi sous le nom de Punaise de Miana parce qu’elle est commune dans cette ville.
Les parties tempérées de la Colombie possèdent un Argas qui
“ a les m‘A‘mes habitudes que le précédent et que M. Paul Gervn!s a nommé Argas chinche.
GAMASES.
Les G a si as es {(Jamasus, Lat.) sont de petites Acarides qui difi icnti es pi ce, .dcn les par leurs pattes-mâchoires qui sont libres,
cojnposées d’articles d’égal diamètre, par leurs antennes-pinces qui sont plus ou moins avancées et terminées en tenailles non dentées. Ils sont munis d’un suçoir, mais privés d’yeux. Les quatre paires de pattes qu’ils portent à l’âge adulte sont à peu près égales en longueur; elles sont conformées pour la course et terminées par deux griffes ou par une vésicule faisant office de ventouse ou encore par une membrane.
On trouve les Gamases dans les bois, les jardins, les celliers, les caves, les fumiers. Ils courent avec une grande rapidité. Plusieurs espèces séjournent sur le corps des animaux pour y prendre leur nourriture. D’autres attaquent les moissonneurs, les bûcherons, piquent la peau et produisent des démangeaisons, mais ils ne sont pas parasites. Ils quittent la peau après s’être repus.
C’est au genre Gamase qu’il faut rapporter ces animaux qu’llermann prétendait avoir trouvés dans le cerveau et qu’il appelait Acarus marginatus et cellaris.
DERMANYSSES.
Les Dekmanysses (de <S%.a, peau ; vûacw, je pique) diffèrent des Gamases en ce que le dernier article des pattes-mâchoires est plus court que les autres ; que les pieds antérieurs sont trèslongs, à hanches contiguës. Beaucoup d’espèces vivent sur les plantes où les oiseaux viennent passer la nuit ; elles profitent du sommeil de ces animaux pour venir leur sucer le sang et produisent ainsi des ravages qui peuvent amener un épuisement complet.
On a eu des exemples bien constatés de ces Acarides passées des oiseaux sur le corps de l’homme et l’on a appelé leur invasion Acariasis. Bory Saint-Vincent (l) en rapporte un cas singulier.
« Une dame d’une quarantaine d’années vint demander à un opticien une loupe pour examiner de petits animaux qui sortaient, disait-elle, du corps de l’une de ses amies. Frappé de
(I) Ann. sr. nnl ., 1" série, tS§R, vol. XV, p. 125,
ARACHNIDES. — CHEYLETES. 115
] cette singularité, et entrant en explication, il pria la personne qui s’adressait ii lui de lui fournir de ces animaux, et il se hâta de me les apporter.
» 11 résulta des questions faites à la dame qu’elle était ellemême la malade qui, par un sentiment de mauvaise honte, n’avait pas voulu dire d’abord ce qui en était. Celte personne a été durant quinze ans fort souffrante, et traitée pour diverses maladies, sans éprouver le moindre soulagement par l’effet des remèdes qui lui furent administrés; elle était enfin menacée d’hydropisie, et se mit, en désespoir de cause, dans les mains
Id’un docteur qu’elle ne m’a pas nommé, et qu’elle assure lui avoir rendu la santé. Sans approfondir ce qui est, elle en avait du moins l’apparence lorsque nous eûmes l’occasion de la voir; mais elle mourut quinze jours après , assez replète. Son teint
(avait de l’éclat; mais à mesure qu’elle paraissait se rétablir, elle éprouvait de légères démangeaisons sur toutes les parties du corps; ces démangeaisons, devenues plus fortes, ont fini par être insupportables, et la malade avait-elle frotté ou gratté la partie souffrante pour y porter quelque soulagement, qu’il en sortait bientôt après de très-petits animaux brunâtres qui couraient par milliers et avec rapidité dans tous les sens. On a remarqué que ces animaux semblaient, après leur évasion, se plaire dans du linge de coton. La malade s’enveloppait constamment de toile; et selon qu’il faisait chaud, il fallait en changer de trois à six fois par jour, tant le nombre des petites .bêtes qui sortaient d’elle devenait considérable. Ces animaux ne recherchaient pas les autres personnes; les plus gros équivalaient â peine à la moitié du volume d’un grain de tabac. »
En Allemagne, en Angleterre, en Amérique, plusieurs cas d’acariasis ont été observés, mais le plus souvent on n’a pu dé- 1 terminer avec certitude les noms des Acarides qui produisaient I la dégoûtante affection.
CHEYLETES.
Les Ciieyletes, Lat. (dey>), yjWi, être répandu, et üx-^i, forêt), forment une famille particulière. (Voy. art. Tyroglyphe de la douzième édition du Dictionnaire de Nysten.) Ils sont plus
voisins des D'ermanysses que des Sarcoplides en général. Néanmoins la forme générale de leur corps est assez celle du corps des Tyroglyphes. Leur longueur varie entre un demi et un millimètre; leur coloration est grisâtre; leur forme est celle d’un ovoïde aplati de haut en bas avec un très-léger resserrement au niveau de l’insertion des pattes postérieures, lisse distinguent des Tyroglyphes par des pattes à sept articles comme celles des Dermanysses. Le tarse se termine à chacune d’elles par un cro-
chet didactyle et entre les crochets se trouve un court prolongement caronculaire grêle, bifurqué. Ils se distinguent des Dermanysses et des autres Acarides par le volume considérable de leur rostre. Celui-ci est remarquable par des palpes conoïdes (pattes-mâchoires) d’un volume énorme, divergents, non soudés à la lèvre. Ces palpes sont composésde trois articles dont l’intermédiaire est très-étroit, le dernier article des palpes se termine par un cirre rigide courbé en faucille, biluberculeux à sa base