‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 42 sur 155 · ARACHNIDES. — TR0MB1M0NS · texte numérisé non relu

ARACHNIDES. — TR0MB1M0NS

et en dedans. Ce dernier article porte près de son articulation et îi son bord interne deux cirres ou crochets de volume inégal, également falciformes, à bords internes élégamment pectines. Entre les palpes s’avancent des mandibules reposant sur la lèvre et formant par leur ensemble une saillie grêle et pointue. Les poils du rostre, des palpes, du corps et des pattes, sont généralement courts et les plis du tégument sont très-fins. Les males, i plus rares que les femelles, se distinguent de celles-ci par ce fait que l’extrémité postérieure de l’abdomen est plus arrondie et bordée transversalement par un prolongement membraneux, semi-lunaire, transparent, comme chez le Tyroglyphe entomophage.

C’est au genre Cheyletes qu’il faut rapporter ces Acarides trouvées par Leroy de Méricourt dans le pus qui s’écoulait de l’oreille d’un marin, acarides auxquelles on avait donné à tort les noms de Tyroglyphes ou d’Acaropses (1).

TROM LUDIONS.

Les Troiumdions (de BjopÆüt 5V.;, qui a la forme d’une toupie) constituent un genre d’Acarides qui s’éloignent notablement des Sarcoptes pour se rapprocher davantage des Phalangides. Les articulations du corps sont assez distinctes; les pattes sont, dans l’âge adulte, au nombre de quatre paires et multi-articulées. Le >• suçoir est accompagné de palpes ou pattes-mâchoires libres for- ' niées de plusieurs articulations. Dans le premier âge, ces animaux vivent en parasites et n’ont, comme toutes les Acarides, que trois paires de pattes. À l’âge adulte, ils sont libres.

Le petit Acarien qui est si commun chez nous en automne et qu’on appelle vulgairement Rouget, Août an, n’est autre que la larve du Trombidium autumnale (Leptus aulumnalis, Lat.). Son corps est mou, ordinairement rouge écarlate, mesure un dixième de millimètre et est couvert de poils. Ses pattes sont grandes, au nombre de six, terminées par deux forts crochets.

Les Rougets vivent en parasites sur certaines graminées, sur • les herbes de nos pelouses et se montrent du mois de juillet au mois de septembre.

(t) Nous devons à l'obligeancô de M. C. Robin la description rjuî précède.

Bnr.omu.nN. 7.

11 n’est personne qui ne connaisse leurs attaques. Lorsqu’on s’assied sur l’herbe, ces petits animaux s’avancent sous les vêtements, se répandent sur les cuisses, les bras, le ventre, le dos, et se fixent fortement fi la peau. Ils attaquent plus spécialement, dit M. Gruby, lesembouehuresdes glandes sébacées et des glandes sudorifères. Leur rostre, leurs pattes, leurs griffes, tout est mis en mouvement et détermine une assez forte inflammation. Les endroits piqués deviennent le centre de gonflements assez volumineux, de rougeurs très-vives. Les démangeaisons deviennent brûlantes, atroces. Les personnes blessées se grattent avec frénésie et déterminent par ces moyens de véritables ulcérations.

Ce n’est pas tant la piqûre du Rouget que le frottement des ongles qui amène les désordres. Il est donc bon d’éviter les grattements. L’ammoniaque étendue diminue les démangeaisons.

Dans l’Inde, dans les contrées intertropicales de l’Afrique, l’une des espèces, le Trombidium tinotorium, est employée en teinture.

Aux environs de Paris, on en voit souvent au printemps une très-jolie espèce, c’est le Trombidium holosericeum, L. Elle est d’un beau rouge et toute velue. On la trouve souvent fi terre, dans le sable. Je la crois innocente, car les individus que je laissais monter sur mon bras s’y promenaient sans me faire la moindre blessure.

ORDRE DES PIIALANGIDES.

L’ordre des Piialangides ne renferme aucun animal nuisible fi l’homme, mais les Arachnides qui le composent montrent comment l’organisation que nous venons d’étudier chez les Acarides se complique avant d’arriver fi celle des Arachnides fi venin. Comme certaines Acarides, elles respirent uniquement par des trachées, mais leurs caractères extérieurs suffisent pour les faire reconnaître. Leur tête est réunie au thorax et forme un céphalothorax d’une seule pièce. L’abdomen est composé de plusieurs articles séparés et il est uni largement au céphalothorax. Leurs yeux sont visibles. Les Piialangides ont quatre paires de pattes fi toutes les époques de leur vie.

ARACHNIDES, — PHALANGIDES.

C’est à cet ordre qu’appartiennent les Phalangium (de oa'Xa-y;, phalange) si connus sous le nom de Faucheurs. L’une des cspè-

Î ces habite les murailles et court avec une extrême rapidité. Lorsqu’on saisit un individu par les pattes, il s’échappe laissant les tronçons de ces parties entre les mains du ravisseur.

La partie antérieure du céphalothorax porte deux paires d’appendices de chaque côté de la ligne médiane. La première paire ' i porte le nom d 'antennes-pinces ou chélicères. Chacune d’elles est

I épaisse, formée de deux articles et terminée par un doigt mobile; chez les mâles, elle porte un article basilaire terminé en pointe. La seconde paire est formée par deux appendices très-allongés, terminés par une griffe et composés chacun de cinq articles égaux. Ils servent à l’animal pour soutenir sa proie. On leur a donné le nom de palpes ou de patles-mâchoires.

La bouche est située entre les pattes-mâchoires; elle est entourée de haut en bas, 1° d’une pièce impaire et médiane terminée en pointe, le labre ; 2° de pièces paires latérales qui sont : la portion basilaire des pattes-mâchoires qui semblent constituer une i, paire de mâchoires ; une paire de secondes mâchoires formées de deux appendices orbiculai res, et enfin la base de la première i paire de pattes ambulatoires. Un œsophage grêle fait suite à la bouche et se renfle en un ample estomac muni d’une vingtaine de cæcums allongés qui remplissent presque toute la cavité du corps. L’intestin est court et. se termine à l’anus situé à la partie inférieure de l’abdomen.

Le sang est incolore. L’appareil central de la circulation se compose d’un vaisseau assez grêle situé sous les téguments de la portion dorsale de l’abdomen et qu’on appelle pour cette raison vaisseau dorsal. 11 est rattaché aux téguments par des ailes mus- • culaires qui limitent un péricarde faisant office d’oreillette et est partagé en trois chambres munies chacune de deux ouvertures pour la rentrée du sang. Selon M. Blanchard, ce cœur ne fournirait d’artères qu’à ses deux extrémités inférieure et supérieure, mais M. Claparède (i), jugeant par analogie avec ce qu’il a vu i dans la Lycose à sac, pense qu’il doit exister aussi des artères

0) Claparède; Mém. soc. phys. et hist. nat. (te Genève, vol. XVH, 1” partie P- 1 î el Ann. sc. nat., 5= série, p. 259.

latérales. Le sang arrive par les artères à toutes les parties du corps, se répand dans tous les interstices ou lacunes laissés entre les organes et revient dans le péricarde, puis dans le cœur. Il y entre par les trous que nous avons signalés, après avoir subi l’action de l’air à travers les parois des trachées.

Les orifices respiratoires ou stigmates pneumostomes sont deux fentes situées en arrière des dernières pattes. Elles permettent à l’air d’entrer dans des canaux ou trachées. Ces canaux sont formés de deux membranes ; l’une interne, l’autre externe. Entre elles est un fil spiral fixé sur la membrane interne et qui empêche les parois de la trachée de s’affaisser. Dès son origine au stigmate, la trachée se bifurque en deux troncs; l’un, volumineux, remonte dans le thorax et s’y ramifie ; l’autre, plus grêle, descend dans l’abdomen et donne à cette portion du corps un grand nombre de branches.

Les Faucheurs ne sécrètent ni fils pour la toile, ni venin.

Leur système nerveux est ganglionnaire et offre un type qui a été déjà présenté par les Crabes. Ce n’est pas une longue chaîne ganglionnaire. 11 consiste en un ganglion cérébroïde situé audessus de la bouche et qui envoie des nerfs aux yeux, aux antennes-pinces ; deux cordons en naissent latéralement et limitent un très-petit anneau ou collier œsophagien dans lequel passe l’œsophage. Le ganglion sous-œsophagien complète l’anneau ; c’est un gros renflement nerveux appelé aussi masse médullaire céphalothoracique, qui envoie des nerfs aux pattes-mâchoires, aux pattes ambulatoires, à l’abdomen, aux intestins, aux troncs trachéens. Il n’existe pas d’autres ganglions, mais des renflements allongés se voient sur les trajets de quelques nerfs de l’abdomen.

Les Faucheurs ont deux yeux simples; ils sont placés sur le dos, au centre du céphalothorax, sur une éminence assez prononcée.

Les organes de la génération sont situés dans le thorax et débouchent au voisinage de l’ouverture buccale.

ORDRE DES GALÉODES.

Les Galéodes ou Sqlpugidi-.s sont des Arachnides de 2 ù 8 centimètres de long, qui portent la frayeur dans les paysqu’elles

ARACHNIDES. — GALEODES.

habitent. On ne peut les confondre avec aucune des Arachnides gi précédentes. Leur tête n’est pas réunie au thorax, comme chez I les Faucheurs ; elle est distincte et suivie de trois articulations qui composent le thorax. L’abdomen est oblong, articulé large- : ment avec le thorax et composé d’une dizaine de segments. Les !i Galéodes ne sont munies ni de filières ni de glandes à venin, mais elles sont douées d’une force redoutable et attaquent des animaux souvent plus volumineux qu’elles, des Insectes, des : Lézards, etc. On trouve des Galéodes dans toutes les parties mérii dionales de l’Europe, dans toule l’Afrique, en Asie, dans l’Améj rique du Sud, etc.

Chez la Galéode araignée ( Galéodes aranœo'tdes , Oliv.), la

■ partie antérieure du corps est arrondie et porte de chaque côté de la ligne médiane un petit tubercule terminé par un court

: filament. Ces deux filaments constituent les antennes internes?

■ Au-dessous et plus en dehors sont les antennes-pinces, appen- ) dices épais, forts, poilus, renflés à leur base, terminés en pointe. I Elles sont munies d’un crochet mobile, denté, qui, au moyen de

son articulation, peut faire avec le prolongement de l’antenne | une véritable pince. Ce prolongement porte chez les mâles un

1 appendice styliforme. Au-dessous des antennes-pinces sont les pattes-mâchoires qui sont très-grandes, couvertes d’épines poi-

II ues, formées de cinq segments inégaux et terminées, chez les mâles, par un renflement vésiculeux percé d’un trou.

Les pattes sont toujours au nombre de quatre paires inégales, formées de segmenls inégaux, poilues, garnies de pointes, terminées par une double griffe et par une palette membraneuse. La ! quatrième paire est garnie, dans sa partie supérieure, d’appendices spatuliformes.

'Iure digestif. — La bouche est située cuire les pattes-mâchoires et est environnée de pièces un peu analogues à celles qui sont situées autour de la bouche des Faucheurs. A la suite de la 1 couche est un œsophage assez court qui s’élargit bientôt pour i former 1 estomac. Cet organe n’est pas seulement un renflement, il donne, comme celui des Faucheurs, mais en moins grand i nombre, des prolongements ou cæcums. Ceux de la première

paire s’étendpnl insnn’h la hneo ,ln, — „ ,i„ i„

autres naissent plus bas et se bifurquent pour pénétrer dans une petite portion du premier article de chaque patte ambulatoire. Après I estomac, le tube digestif se rétrécit pour former l’intestin, tube rectiligne qui débouche à l’extrémité inférieure du corps.

Un peu avant de se terminer ù l’anus, il porte latéralement un cæcum volumineux.

A la partie inférieure de l’œsophage sont deux gros tubes longs et sinueux, que plusieurs regardent comme des glandes stomacales et qui viennent se joindre îi des masses utriculaires situées à la partie supérieure de l’estomac.

Le foie est représenté par une masse d’utricules allongées qui environnent l’intestin. Ces utricules sont disposés en grappes nombreuses qui ont chacune un canal hépatique. Deux canaux urinaires très-sinueux se voient de chaque côté de l’intestin, ils serpentent entre les utricules du foie et viennent se rendre à la partie inférieure du tube digestif.

Sang. Circulation. — Le sang est incolore et la circulation est

a, œsophage ; 6,6, e,c, d,il, creeum lacUUaiie. Le CGC 111 est COUStrUit de l’estomac; c, intestin ; f, cœ- su,. ]g type offert pal’ le FaUCheUl’.

11 se compose d’une série de sept chambres placées bout ti bout. 11 est enfermé dans une sorte d’enveloppe ou péricarde qui le maintient en place. Le mécanisme de la circulation est analogue à celui du Faucheur.

R espi ration. — La respiration est trachéenne comme celle du Faucheur, mais les ouvertures qui donnent entrée à l’air sont plus nombreuses et différemment placées; elles sont situées sons le deuxième et le troisième anneau de l’abdomen. Des troncs tra-

Fig. 44. — Tube digestif de la Ga-

chéens naissent en ces endroits et vont en se ramifiant porter l’air îi toutes les parties du corps.

[Système nerveux. — Le système nerveux offre les dispositions analogues fi celui du Faucheur, mais il est plus ramifié. La branche abdominale présente un petit ganglion dans le premier anneau et elle donne deux branches latérales au niveau de chaque articulation des anneaux suivants.

Sens. — Toute la superficie du corps est douée de la faculté tactile. Les yeux sont au nombre de deux et situés sur le front, de chaque côté de la ligne médiane.

Génération. — Les organes génitaux sont placés dans l’abdomen et débouchent, dans l’un et l’autre sexe, sous le premier anneau.

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