III. — POLYPES
Les Polypes forment un groupe immense d’animaux à corps mou et rayonné, qui ont les plus grands rapports avec les Éponges. A leur naissance, ils son l souvent, comme ces der-
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HYDRE. OU POLYPE D’EAl' DOUCE.
nières, de petites masses ovuides recouvertes de cils et nageant librement. Plus tard, ils se fixent aux objets environnants, s'unissent entre eux et forment des colonies. Déjà chez eux l'animalité se reconnaît sans peine; leurs organes de nutrition et de reproduction sont très-visibles.
La nature de cet ouvrage ne nous permettant pas de donner a l’étude des Polypes toute l'étendue qu’elle mériterait, nous ne citerons que les types les plus caractéristiques.
HYDRL, OC POLYPE D'EAC DOUCE.
En 17i0, Trembiey ayant mis dans un grand vase des plante? qu'il avait tirées d'un fossé, aperçut sur l’une d’elles un être singulier. C’était un petit corps vert, cylindrique, fixé à l’une de ses extrémités et portant à l’autre des cornes très-déliées, dirigées vers le fond du vase. Trembiey le prit d’abord pour une plante parasite; mais plus tard, l'ayant vu agiter ses longs appendices, se contracter, changer de place, rechercher la lumière, il pensa que ce pourrait bien être un animal (fig. 7) (i).
« Je ne lardai pas a apercevoir, dit-il, que tous les individus de l'espèce de Polypes (2) que j’observais, n’avaient pas un nombre égal de bras eu de pieds... Quoique je ne trouvasse aucune difficulté à admettre cette différence entre les individus d'une même espèce d'animaux, jecomparaid’abord un brasde Polypeauxbrancheset aux racines, dont le nombre varie beaucoup entre les individusde la même espèce. Je pensai de nouveau, à cette occasion, que peut-être ces corps organisés que j’observais étaient des plantes, et j'eus le bonheur de ne pas rejeter cette idee. Je dis que j'eus le bonheur de ne pas rejeter cette idée, parce que, quoi qu'ellefût la moius naturelle, elle me fit penser à couper des Polype Je jugeai que, si lesdeux parties d'un même Polype vivaient après avoir été séparées et devenaient chacune un Polype parti Trembiey cite, comme ayant connu des animaai analogues, Leuwenboeck, qui en ava:t ru quelqoesons, et an anonyme anglais, qui n'en avait va qu’un seul. Bernard de Jussieu avait (ait dessiner un animal du même genre, mais d'une autre esfece, plus grand et d'une autre couleur.
(2) Nom donné par Réaumur, après les obs-:nalion« le Trembiey, pour rappeler tes formes des Poulpes ou Polypes de U mer
POLYPES
fait, il serait évident que res organes organisés étaient des plantes. Comme cependant j’étais beaucoup plus porté à croire que c’étaient des animaux, je ne comptais pas beaucoup sur celte expérience, je m’attendais à voir mourir des Polypes coupés.
Fig. 7. — Hydre ü longs liras. L’animal est fixé ù un végétal.
oh est le cul-de-sac digestif; c est le niveau de la bouche. A droite, l'un des bras c saisit un petit crustacé m. Une autre hydre d bourgeonne sur son corps. En h est un organe hastiforme pour la défense.
« Le 25 novembre 17ZiO, j’en coupai un transversalement et un peu plus près du bout antérieur que du postérieur. Dans l’instant que je coupai le Polype, ces deux parties se contractèrent et s’étendirent le jour même que je les séparai. Elles étaient très-faciles ;i distinguer l’une de l’autre. La première avait son bout antérieur garni de ces cils déliés qui servent de pieds et de bras aux Polypes, et la seconde n’en avait point.
» L’extension de la première partie ne fut pas le seul signe de