HYDRE, OU POLYPE D’EAU DOUCE
tout s’il sort en double. Lorsque le Polype est dans cet état, je le conduis doucement, sans rien déranger, hors de l’eau, et je le place sur le bord de ma main, qui est simplement mouillé, pour que le Polype ne s’y colle pas trop ; je le force à se contracter de plus en plus, et je contribue par cela même à faire élargir l’estomac et la bouche. Je prends ensuite de la main droite une soie de sanglier ou de porc, assez épaisse et sans pointe, et je la tiens comme on tient une lancette pour saigner. J’approche son plus gros bout de l’extrémité postérieure du Polype; je pousse cette extrémité et je la fais rentrer dans l’estomac du Polype, d’autant plus facilement qu’il est vide dans cet endroit-là et fort élargi. Je continue ensuite à faire avancer le bout de soie de sanglier, qui, à mesure qu’il avance, retourne de plus en plus le Polype. Je juge facilement, en examinant la peau du Polype, s’il est retourné, c’est-à-dire si c’est bien la superficie intérieure de cette peau qui est en dehors. Les Polypes peuvent se déretourner; ils mangent, croissent, multiplient; en un mot, on ne saurait les distinguer des autres. J’ai retourné un nombre considérable de Polypes qui sont restés retournés et qui ont longtemps vécu. Ils ont mangé, crû et multiplié. »
En résumé, l’Hydre ou polype d’eau douce possède une bouche à lèvre circulaire, située entre les tentacules. Cette bouche donne accès dans un cul-de-sac qui occupe l’axe du corps et communique avec les bras, qui sont creux. C’est la cavité digestive de l’animal. Il n'y a pas d’anus; les matières qui doivent être rejetées le sont par la bouche. On ne connaît pas d’organes spéciaux pour la respiration, pour la circulation ni pour l’innervation? L’animal est très-sensible et très-contractile. Les bras ou tentacules sont en nombre variable et servent à l’animal pour amènera sa bouche les animaux dont il fait sa nourriture.
Selon Doyère, le tronc, le tour de la bouche et les gros mamelons disposés en spirale sur les tentacules renferment des organes d’attaque et de défense. Ce. sont : 1° des organes sacciformes, de chacun desquels peut s’échapper un dard ou hameçon; 2° de petits corpuscules ovoïdes, contenant un fil enroulé en spirale, qui sort à la manière des hameçons, 3’ d organes sacciformes ayant la forme des premiers, mais ne
POLYPES
possédant pas de lilament. Ces trois sortes d’organes peuvent se détacher facilement du corps de l’Hydre. L’extrémité des tentacules est garnie de petites pointes siliceuses qui se détachent aussi avec grande facilité.
l.es Hydres ou Polypes d’eau douce se reproduisent par gemmes ou bourgeons qui naissent sur tout le corps, le pied et les bras exceptés, par de véritables œufs et par scissiparité.
Les espèces connues sont le Polype vert ( Hydra viridis), le Polype à longs bras (Hydra fusca), et le Polype brun ( Hydra vul garis ou grisea).
Habitat. — On les trouve dans les eaux marécageuses, les bassins et tonneaux d’arrosage. Ils recherchent la lumière lorsque le temps est chaud.