‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 88 sur 155 · MOULES · texte numérisé non relu

MOULES

La Moule commune ( Mytilus edulis, L.) est, après l’Huître, le Mollusque acéphale le plus employé. ï -es Moules communes forment sur nos côtes des lianes considérables. Elles sont attachées les unes aux autres par des filaments ordinairement rouge foncé ou bruns, nés sur leur pied et composant ce qu’on a appelé leur byssus. Elles peuvent à volonté détacher ces filaments du corps auquel ils sont fixés, changer de place et se fixer de nouveau (1). On les fait parquer à la manière des Huîtres.

On les mange plutôt cuites que crues. Les exemples d’empoisonnement par les Moules sont assez nombreux. Tantôt c’est un simple embarras gastrique dont on triomphe avec un vomitif, des révulsions ii l’extérieur, un peu de vinaigre, du café; tantôt les accidents sont plus graves : deux ou trois heures après ljiugestion surviennent unegêne extrême, une soif vive, des nausées, des vomissements; on a même vu survenir des spasmes, des convulsions, une urticaire très-vive, etc. Les hypothèses n’ont pas manqué quand on a voulu faire l’étiologie de ces accidents. Les uns les ont attribués k une affection particulière qui attaquerait

(I) Pour qui voudrait avoir une idée générale de l'organisation des Mollusques acéphales lamellibranches, il vaudrait mieux étudier la Moule que l’Huîlre. Les travaux suivants pourront servir do guides: Lacaze-Duthicrs, dans Ann. des sc. tint., 1 S45, t. V, p. 5 ; t. IV, p. 273 ; 1 854, t. Il, etc.

le tube digestif ou le fine des Moules pendant l’été ; d’autres ù la présence du frai d’ Astéries dont] elles se seraient nourries; d’autres encore à la présence des organes hastiforraesdes Méduses, b la présence d’un petit crabe qu’on rencontre assez souvent entre leurs valves, aux petites Moules naissantes développées près de leur mère et déjà recouvertes de leurs valves à bords tranchants; au cuivre qu’elles renferment, si elles ont vécu sur les carcasses des navires doublésde cuivre; enfin, on a invoqué l’idiosyncrasie des individus. Ce qui est certain, c’est que les Moules conservées quelque temps hors de la mer s’altèrent facilement, et qu’elles acquièrent alors des propriétés toxiques.

C’est au groupe des Acéphales proprement dits qu’appartient I’Aronde perlière (Pintadina margarilifera, Lamk, Auicula margaritifera, Brug.), qui donne les perles et la nacre. Les perles sont des sécrétions de même nature que les valves, et qui se déposent dans l’épaisseur du manteau. Leur production est déterminée le plus souvent par une blessure qui favorise une hypersécrétion. Pour obtenir les perles, des plongeurs vont jusqu’au fond de la mer chercher les Arondes et les déposent sur le rivage. On les laisse pourrir en cet endroit, et l’on fouille ensuite dans l’épaisseur du manteau. La nacre est la coquille elle-même. Les Arondes perlières se pêchent particulièrement près de Ceylan et à Bornéo. Les petites perles étaient autrefois employées en médecine comme astringentes sous le nom de semence de perles. Elles sont inusitées aujourd’hui.

La plupart des Mollusques acéphales lamellibranches peuvent fournir des perles, qui sont généralement peu estimées. L’un d’eux, le Jambonneau (Pinna nobilis, L.), produit non-seulement des perles, mais son pied est garni de longs filaments soyeux que l’on peut tisser, et dont on a fait autrefois des étoffes d’un grand prix.

Les Acéphales lamellibranches se distinguent assez facilement des autres Mollusques, mais leur manteau n’est pas chez tous conformé de la même manière; il a fourni des caractères pour la subdivision en familles :

Les Ostracés, comme les Huîtres, les Peignes, les Pinnes, ont les bords inférieurs du manteau complètement libres.

Chez les Mytilacés, comme les Moules, les bords en sont réunis en un endroit par unebride, de manière à former deux chambres : l’une, antérieure, pour le passage de l’eau, des aliments et du pied ; l’autre, postérieure, pour le passage des excréments.

Chez les Camacés, comme les Cames, les Tridacnes, etc., le manteau est mieux fermé ; ou y remarque trois ouvertures : l’une pour la sortie du pied, l’autre pour l’arrivée de l’eau sur les branchies, une troisième pour.la sortie des excréments.

Chez les Cardiacés, comme les Vénus, les Bucardes, etc., les deux fentes qui servent chez les Camacés pour l’entrée de l’eau et la sortie des excréments sont transformées en tubes connus sous le nom de siphons ; l’ouverture pour la sortie du pied reste libre et large, et peut livrer passage à une certaine quantité d’eau qui va sur les branchies.

Chez les Enfermés, comme les Solens, les Pholades, les Tarets, on trouve les deux siphons des Cardiacés, mais l’ouverture pour le passage du pied est singulièrement rétrécie et ne laisse plus entrer l’eau.

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