LUNAIRE
Le genre Lunaire ( Lunaria , L.) comprend des Crucifères dont le fruit est une silicule (silique dont la longueur n’excède pas quatre fois la largeur) non articulée et dont les cotylédons sont i plans, accombants. Les sépales latéraux sont bossus ;i la base; j les pétales sont égaux, onguiculés et entiers; les filets des éta- I mines n’ont pas d’appendice. La silicule est déhiscente, largement stipitée, à cloison large; les valves sont aplaties, sans nervure dorsale; les graines sont bisérices et ailées. La radicule est lato- ! raie, les cotylédons sont foliacés
La Lunaire bisannuelle [L. biennis, Mœnch, ou L. inodora, Lamk.), ou Grande lunaire, Bulbonac satinée, Médaille de Judas, i est une plante bisannuelle qui croit dans les bois escarpés, et fleurit en Avril et Mai. Les pétales sont pourprés; les filets sont atténués au sommet; les glandes latérales du réceptacle sont réfléchies; le style est, allongé; les silieules sont largement elliptiques, arrondies aux deux bouts, surmontées par le style filiforme; les feuilles sont pâles, dentées, pétioléesà la base de la lige, sessiles au sommet. La Lunaire bisannuelle a une racine comestible ; ses graines sont apéritives et vulnéraires.
RORIPA.
COCIILEAR1A.
Le genre Cochléaria [Cochlearia, L.) comprend des Crucifères dont le fruit est une silicule non articulée, dont les cotylédons sont plans et souvent incombants. Les sépales sont égaux, non bossus ; les pétales sont égaux et entiers, à onglet court ; les filets des étamines n’ont pas d’appendice. La silicule est déhiscente, non stipitée, globuleuse ou ovoïde, à valves convexes, munies d’une nervure dorsale. Les cotylédons sont linéaires. Les graines ne sont pas ailées et sont disposées sur une ou sur deux séries.
Le Cochléaria officinal [C. officinalis, L.) ou Cochlearia, Cranson, Herbe aux cuillers , est une plante des côtes maritimes, des rochers, des marécages, qui lleuiit de Mai :i Juillet. Ses fleurs sont blanches, disposées en grappes ou en corymhes terminaux. Les silicules sont ovales ou elliptiques, non vésicaleuses, ;i valves tardivement caduques ; les graines sont garnies de tubercules. Toute la plante est glabre et odorante; la tige est anguleuse ; les feuilles sont charnues, oblongues ou en cœur, à bords relevés en cuiller, les inférieures longuement pétiolées, les supérieures embrassant la tige. Le Cochléaria officinal est antiscorbutique par excellence et stimulant; ses feuilles, qui ont une saveur Acre, amère, servent dans la préparation de boissons anliscorbuliques (alcoolat, sirop, vin).
RORIPA.
Le genre Roripa ( Roripa , Besser) ne diffère guère du genre Cochléaria qu’en ce que les silicules sont comprimées sur le dos, que les valves sont convexes dès les bords, qu’elles n’ont pas de nervure dorsale, que les placentas sont superficiels.
La Roiupa rustique ( Roripa ruslicana, Gren. et Godr., beaucoup plus connu sous le nom de Cochlearia Arrnoracia , L., Armoracia ruslicana, Rchb ) ou Cochlearia de Bretagne , Grand liai fort, Cranson rustique, Moutarde des capucins, Cram des Anglais, Mérédiclc, est une plante vivace, glabre, des prairies humides, et qui fleurit en Mai et Juin. Les fleurs sont blanches nocQuiu.oN. /|5,
et forment de longues grappes terminales. Les étamines sont droites et divergentes ; les glandes du réceptacle sont convergentes et forment un anneau glanduleux ; les silicules sont globuleuses et finement réticulées; les graines sont lisses; la tige est un rhizome charnu ; les feuilles inférieures sont longuement pétiolées, avec un grand limbe ovale ou oblong, crénelé ; les feuilles moyennes sont pennatifides ; les supérieures sont lancéolées ou linéaires, entières ou dentées. La partie la plus usitée de la plante est son rhizome qui, dans les drogueries, est pris pour une racine. Lorsqu’on casse cette portion de plante, il s’en échappe un principe Acre qui provoque le larmoiement. Le Raifort sauvage est, avec leCochléaria officinal, le meilleur antiscorbutique de notre pays.
CAMELINE.
Le genre Cameline ( Camelina , Crantz) comprend des plantes dont le fruit est une silicule non articulée, dont les cotylédons sont plans, incombants, les pétales entiers, les étamines dépourvues d’appendice. Les sépales latéraux sont légèrement gibbeux ; la silicule est déhiscente, ovée, déprimée sur les bords, à valves convexes, munies d’une nervure qui forme un prolongement étroit et embrassant sur la base du style persistant. Les graines sont biscriées.
La Cameline cultivée {C- saliva, Crantz, Myagrum sativum, C. Bauh.) est une herbe annuelle qui fleurit en Juin et Juillet. Elle se reconnaît à ses pétales étroits, jaunes; à son style court ; à scs silicules obovées, ventrues sur les faces; à ses graines jaunes et lisses. Les feuilles inférieures sont lancéolées, les autres sont oblongues, entières ou denticulées, A base embrassant la tige. On obtient, par expression des graines, une huile jaune d’or clair employée dans l’éclairage et la fabrication des savons mous; on la désigne souvent à tort, dans le commerce, par les noms d'huile de Camomille, d’essence d' Allemagne. On l'employait autrefois pour adoucir la peau. Les tourteaux qui restent après l’extraction de l’huile sont utilisés pour l’engraissement des oies.