ARISTOLOCHES
étamines, au nombre de six, sessiles, dont les anthères sontbiloculaires, extrorses, réunies au style pour former un gynostème ; par leur ovaire infère, allongé au-dessous du périanthe ; par leur fruit qui est une capsule à déhiscence septicide.
L’Aristoloche clématite {A. clematitis, L.) ou Aristoloche des vignes est une plante vivace, à rameaux dressés, commune dans les lieux pierreux et qui fleurit en Mai et Juin. Son périanthe est allongé, liguliforme, renflé à la hase, puis rétréci et se dilatant au sommet où il forme une languette ovale, lancéolée. Les fleurs sont jaunes, groupées en cymes à l’aisselle des feuilles. Celles-ci sont cordiformes, aiguës, alternes, parcourues par des nervures divergeant de la base au sommet. Le rhizome est rampant, allongé, arrondi, sinueux, noirâtre, de la grosseur d’une plume, portant quelques racines adventives ; il est doué d’une odeur forte, désagréable et d’une saveur amère.
L’Aristoloche ronde [A. rotunda, L.) habite en France la région des Oliviers et fleurit en Avril et Mai. Les fleurs sont solitaires â l’aisselle des feuilles, plus longues. Les feuilles sont cordiformes, obtuses, presque sessiles, sans nervures saillantes. La capsule est globuleuse. La partie souterraine usitée est renflée, mamelonnée ou ridée, munie de quelques racines grêles, et | dégage, lorsqu’on la coupe, une odeur désagréable; elle porte
Ien droguerie le nom de racine d’ Aristoloche ronde et est emménagogue.
L’Aiustoloche longue (A. longa, L.) croît dans l’ouest et le 1 midi de la France et fleurit en Mai et Juin. Les fleurs sont solii taires â l’aisselle des feuilles et ont une lèvre striée de lignes ! brunes. Les feuilles sont cordiformes, pétiolées, obtuses, â sinus largement ouvert â la hase. Les fruits sont obovés, piriformes. La partie souterraine est renflée, allongée, en forme de navet, et 1 porte en droguerie le nom de racine d' Aristoloche longue; elle a ' les mêmes propriétés que la racine d 'Aristoloche ronde.
L Aristoloche petite (A. Pislolochia, L.) ou Aristoloche cré- 4 nelée est une petite plante du midi de l’Europe et de la France. '1 Les fleurs sont solitaires à l’aisselle des feuilles, à lèvre brune. Les feuilles sont petites, pétiolées, crénelées sur les bords. Les parties souterraines consistent en axes cylindriques, portant des i faisceaux de racines nombreuses et déliées; elles ont une odeur
aromatique et un goût âcre, amer; c’était le polyrrhizos de ■ Pline. Comme les portions analogues des espèces précédentes, les racines cl’ Aristoloche petite sont stimulantes, mais peu ou pas employées aujourd’hui.
L’Aristoloche serpentaire [A. scrpentaria, L., A. officinalis, Nees, ou Serpentaire de Virginie, Vipérine de Virginie, est une plante volubile de l’Amérique du Nord. Ses rameaux sont légèrement coudés au niveau des feuilles. Celles-ci sont alternes, cordiformes, pétiolées, à sinus largement ouvert à la base. Les fleurs ■ sont solitaires, longuement pédonc.ulées et naissent à la base des • rameaux. Le tube calicinal est recourbé en cercle, renflé à la base, à limbe étalé, circulaire ou légèrement triangulaire. Les parties souterraines consistent en un paquet de fibrilles ramifiées ■ ;i odeur et à saveur camphrées. Elles passent, en Amérique, pour un excellent remède contre la morsure des serpents.
Beaucoup d’autres Aristoloches ont été vantées. L’A. Maurorum, L. de la Syrie et de l’Arabie est diaphorétique; VA. cymbifera, Mart., du Brésil, est employée comme antifébrifuge sous les noms de racines de Mil-homens et de Jarrinha ; VA. anguicida, L., du Mexique; VA . trilobala, L., des Indes orientales, VA. Sipho, L. ou Pipe de tabac, du nord de l’Amérique, sont considérées comme de bons remèdes contre les morsures des serpents; IX antihysterica, Mart., est employée au Brésil dans les maladies nerveuses, etc.