MARRONNIER D’INDE
Le genre Marronnier d'Inde ( Æsculus , DC.) comprend des plantes qui formaient autrefois la famille des Hippocastaneœ, DC., mais qui peuvent entrer dans celle des Sapindacées. Les fleurs sont hermaphrodites et irrégulières. Le calice est formé de cinq sépales en préfloraison quinconciale. La corolle ne comprend assez souvent que quatre pétales sans appendices; le cinquième ne se développant pas. Les étamines sont au. nombre de 7-9, à filets recourbés en dedans, insérées sur un disque plus renflé sur Remplacement du pétale absent; cinq sont superposées aux sépales. L’ovaire renferme trois loges biovulées et est surmonté d’un long style atténué au sommet. Les deux ovules sont collatéraux; l’un est ascendant avec micropyle supérieur et externe, l’autre descendant avec micropyle inférieur et interne. Le fruit est une capsule ordinairement hérissée de pointes, :i graines sans arille et sans albumen , renfermant un très-gros embryon a cotylédons féculents. Les Marronniers d’Inde sont originaires de l’Asie; leurs feuilles sont composées-digitées, sans stipules.
Le Marronnier d’Inde commun (Æ. Hipponastanum, L.) se reconnaît à ses feuilles composées de 7 folioles régulièrement dentees, à ses quatre, souvent cinq pétales blancs, plus ou moins tachetés de rouge ou de jaune, et îi ses sept étamines. Son écorce
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est riche en tannin; elle est donnée comme tonique et même comme fébrifuge. Les graines peuvent fournir de la fécule en abondance.
Le Marronnier d’Inde a fleurs rouges (Æ. rubicunda, Lodd.) se reconnaît à ses folioles inégalement dentelées, à ses quatre pétales écarlates, ii ses huit étamines, à ses fruits peu hérissés. Il a les mêmes propriétés que l’espèce précédente.
Beaucoup d’autres Sapindacées fournissent des produits non usités en Europe : telles sont les plantes unisexuées appelées Nephdiim Litchi, G. Don., ou Sapindus edulis, Ait., Euphoria Litchi, DC.,de Chine et de Cochinchine, N. longanum, Ilook., ou Euphoria longana, DC., du sud delà Chine ; N. lapaceum, L., ou Euphoria Nephelia, DC., de l'Inde, dont les fruits sont très-estimés et fournissent une pulpe très-usitée pour combattre les lièvres inflammatoires. Le Cardiospermum Halicacabum, L., ou Pois de merveille des Antilles, des tropiques, le C. Corindum, L., du Brésil, donnent une racine muqueuse, apéritive. C’est, selon A. de Saint-Hilaire, sur la fleur du Serjania letlialis, A. S. IL, du Brésil, qu’une guêpe du pays recueille la matière première de son miel narcotico-âcre, pouvant donner le délire et la mort. Le Paullinia sorbilis , Mart., du Brésil (province de Para), donne des graines amères, astringentes, avec lesquelles on fabrique la pâte appelée guarana , pâte qui, délayée dans de l’eau, fournit une boisson rafraîchissante et fébrifuge. Le Paullinia Cururu, L., de la Guyane et de la Colombie, donne un suc narcotique et vénéneux dans lequel les sauvages trempent leurs flèches. Le Paullinia pinnata , L., donne des feuilles vulnéraires et un suc vénéneux qu’on tire des fruits et des racines. Le Schmidelia edulis, A. S. IL, du Brésil, donne des fruits comestibles. Le llodonœa viscosa, L., de la Nouvelle-Hollande, donne un baume odorant qui s’échappe des feuilles, des capsules, et qui est employé en fomentations contre les rhumatismes, etc.