CHÊNE
Le genre Chêne ( Quercus , L.) comprend des arbres monoïques. Les fleurs mâles sont sessiles, portées sur un pédoncule com-* mun, disséminées â l’aisselle de bractées. Le périanthe se compose de G-8 folioles petites, verdâtres, libres; les étamines sont souvent en même nombre que les folioles du périanthe et y sont superposées. Les fleurs femelles sont groupées sur un axe commun, sont peu nombreuses; chacune est entourée, à labasc, d’un pédoncule renflé, chargé de petites bractées régulièrement verticillées; le périanthe n’a que trois divisions. L’ovaire a trois loges biovulées, superposées aux folioles du périanthe, et est surmonté de trois styles courts (dans le jeune âge, l’ovaire a trois placentas pariétaux biovulés). Le fruit est un akène (gland); il ne renferme qu’une graine, et sa base est entourée par le pédoncule persistant, chargé de bradées ligneuses (cupule). Les feuilles sont alternes, sinueuses, lobées, accompagnées de stipules caduques.
On peut ranger les nombreuses espèces de Chênes en trois sections.
a. Feuilles caduques ou pcr.dslantcs-closséchécs, non mucronécs.
A celte section appartiennent: Le Chêne pédoncule (CL pedunculata , Willd., Q. Ilobur, a, L.), ou Chêne commun, Chêne à IIOCQUIM.ON. 67.
DICOTYLÉDUNÉFS.
grappes, Gravelin, Rouvre, dont les glands sont pédoncules et (pii croît dans nos forêts. — Le Chêne a glands sessiles (Q. sessiliflora, Sm., Q. Robur, [3, L.), 'ou Chêne Rouvre, Chêne à trochets, Durelin, dont les glands sont agglomérés, presque sessiles; le bois est plus pâle, moins dense que celui de l’espèce précédente. — Le Chêne pubescent (Q. pubescens, Willd.), à feuilles tomenteuses dans leur jeunesse, à lige rabougrie, est souvent regardé comme une variété du Chêne à glands sessiles. — Le Chêne pyramidal [Q. fostigiata , Lamk), ou Chêne Cyprès, Chcne des Pyrénées, a les glands pédonculés et les rameaux dressés comme ceux du Peuplier.
Ces trois espèces ont une écorce riche en tannin et employée pour fournir le tan qui sert à la préparation des cuirs. Les glands contiennent de l’amidon et une substance amère astringente; ils servent de nourriture à certains animaux domestiques; torréfiés, ils sont employés comme le café.
b. Feuilles caduques ou pcrsi-tanles-dcsséchces, à lobes nnicronés.
A cette section appartiennent : Le Chêne Egilops(Q. Ægilops, LA, ou Chêne Vèlani, de la région méditerranéenne orientale et de l’Orient, à gros glands courts, presque sessiles, environnés d'une cupule formée de larges bractées libres au sommet. Ces parties sont usitées pour la teinture et le tannage des peaux; elles portent les noms de vèlanèdcs, avellanèdes, de gallons du Levant ou de Turquie.— Le Chêne a galles ( Q . infectoria, W illd.), de l’Ana.tolie, à gland allongé, presque sessile. C’est celte espèce qui, à la suite de la piqûre faite parunCynips (page 85), pour y loger son œuf, produit l’excroissance connue sous le nom de noix de galle, très-riche en tannin. Ces noix de galle sont connues sous le nom de galles d' Orient. La plus estimée est celle qui est appelée galle noire ou galle verte d'Alcp, qui est grosse comme une noisette, vert noirâtre ou jaunâtre, lourde; une autre, appelée galle de Smyrne, est plus grosse, et moins foncée, moins pesante, moins estimée. Nous avons déjà dit que les galles blanches se reconnaissent à un trou qui indique la sortie de l’insecte devenu parfait; elles sont peu estimées. Cuihourt pense que la petite «pille couronnée d’Alcp vient sur des bourgeons terminaux