‹ Manuel d'histoire naturelle médicaleChapitre 89 sur 524 · ANÉMONE · texte numérisé non relu

ANÉMONE

Le genre Anémone ( Anemone , Hall.) diffère du genre Renoncule par le périanthe simple des fleurs, qui est coloré, pétaloïde, disposé en préfloraison quinconciale ou imbriquée, et composé d’un nombre variable de folioles, selon les espèces; par la direction de l’ovule, qui est suspendu, anatrope, avec raphé externe, micropyle supérieur et interne (le carpelle est uniovulé à l’âge adulte; plus jeune, il est quinquéovulé) ; par l’espèce d involucre que forment parfois à la base de la fleur les feuilles supérieures métamorphosées. Les feuilles sont radicales. La plupart des espèces ont une tige souterraine ramifiée qui porte, dans le commerce, le nom de pattes, et ses ramifications sont, selon leur volume, désignées sous le nom de cuisses ou de pois. Presque toutes les espèces d’Anémones contiennent un principe âcre, vénéneux, volatil, Yanémonine (C30IIl’JO12), qui est en plus grande abondance dans l’Anémone des prés et l’Anémone pulsatille.

L’Anémone des prés [A. pratensis, L.), ou Pulsatille noire, a les feuilles radicales longuement pétiolées, â limbe multifide, formé de divisions linéaires; l’involucre est éloigné de la fleur et composé de segments linéaires; la fleur est pendante, d’une couleur violet foncé, à cinq sépales connivents, roulés en dehors au sommet et aigus; les étamines extérieures sont stériles; les carpelles sont surmontés d'un long style plumeux. Cette espèce se trouve dans les plaines sablonneuses de l’Allemagne, de la Russie, etc. Elle est en honneur dans la médecine homœopathique et a été expérimentée avec grand succès par Stork dans les maladies oculaires.

L’Anémone pulsatille [A. puisât ilia, L.), ou Pulsatille, Coquelourde, Coquerelle, Fleur de Pâques, Herbe au vent, etc., croît en France, dans les bois sablonneux, sur les pelouses, et fleurit d’avril à juin. Elle offre presque tous les caractères de l’Anémone des prés, mais sa fleur est primitivement dressée, trèsgrande, de couleur bleu-violet passant au rose. Elle a une souche

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épaisse, oblique, Les fleurs sont solitaires et terminales. C’est l’espèce usitée en France. On l’emploie, lorsqu elle est lraîche, en alcoolature, en extrait, en collyre, etc.

L’Anémone des bois [A. sylvestris, L.), ou Renoncule clés bois, se distingue des espèces précédentes par son involucre composé de feuilles pétiolées ; par ses grandes fleurs blanches, dressées, et par ses carpelles très-petits, â styles courts. Elle fleurit en mai et juin. C’est une plante vénéneuse qu’on pourrait employer en thérapeutique.

L’Anémone Sylvie [A. nemorosa, L.), ou Fausse Anémone, Bassinet blanc, a un rhizome long et grêle; un involucre formé de trois feuilles pétiolées; un calice de six sépales glabres, blancs ou rosés, sur deux verticilles. Elle croit dans les lieux ombragés et fleurit en mars et avril. Elle a été employée sous le nom de Coqueret blanc contre la teigne et les affections vermineuses.

ADONIDE.

Le genre Adonide ( Adonis , L.) comprend des plantes qui ne diffèrent des Anémones que par le périanthe de leurs fleurs. Elles ont un calice verdâtre et une corolle colorée, à folioles souvent dédoublées. Tous les caractères principaux sont communs aux Clématites et aux Adonides ; aussi peut-on regarder ces dernières comme faisant partie du même genre que les premières (1).

Les Adonides sont des plantes âcres, irritantes, vénéneuses ou dangereuses dans plusieurs espèces : VA. œstivalis, L., VA. vernalis, L., VA. apennina L., ont été employés autrefois en thérapeutique.

KNOWLTONIA.

Le genre Knowltonia, Salisb., comprend des plantes du cap de Bonne-Espérance qui ont la plus grande ressemblance avec les Adonides. Comme dans ces dernières, le périanthe est formé de folioles multiples dont les plus extérieures sont vertes; mais le fruit n’est plus composé d’akènes; le péricarpe devient charnu

(1) Voyez II. Bâillon , loc. cit.

et transforme les carpelles en baies. Les Knowltonia peuvent rentrer avec les Adonides dans le genre Anémone. Ce sont des plantes âcres et vésicantes; l’une d’elles, le K. vesicatoria, est employée fréquemment au Cap.

HYDRASTIS.

Le genre IIydrastis, L., comprend des plantes dont les fleurs ont le réceptacle convexe des Renoncules, mais le périanthe est simple et très-caduc ; les étamines sont en grand nombre, avec des anthères biloculaires, à déhiscence latérale ; les carpelles sont plus ou moins nombreux, uniloculaires, et contiennent, à l’époque de l’anthèse, deux ovules anatropes, attachés dans l’angle interne, l’un au-dessus de l’autre; celui-ci est suspendu avecmicropyle supérieur et externe, celui-là est ascendant, avec micro-? pyle inférieur et externe. Le fruit se compose d’un certain nombre de baies agglomérées.

La seule espèce du genre est I’IIydrastis du Canada [H. cana- I chnsis, L.), qui croît aux États-Unis et au Canada. C’est une herbe dont la tige aérienne meurt chaque année ; la souche, qui est un peu allongée et renflée, donne naissance à un rameau | portant un petit nombre de feuilles alternes, pétiolées, palmatilobées, et se terminant par une fleur unique. La souche contient une notable quantité de berbêrine ; elle est odorante, très-amère i et usitée en Amérique comme tonique.

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