CLÉMATITE
Le genre Clématite ( Clematis , L.) comprend des plantes dont la fleur a un calice pétaloïde de quatre folioles (quelquefois plus), disposées en préfloraison valvaire, induplicative. La corolle manque. Les étamines sont très-nombreuses, à filets libres, à anthères biloculaires dont la déhiscence est longitudinale et latérale. Le gynécée se compose d’un grand nombre de carpelles uniovulés à l’époque de l’anthèse et surmontés d’un style stigma lifôre sur le haut de la suture ventrale. L'ovule a la disposition de celui des Anémones. Le fruit est composé d’un grand nombre d’akènes poilus ou non. Les graines sont albuminées. Los dénia-
ACTÉE. 737
lites sont des plantes sarmenteuses, à feuilles opposées, simples ou composées pennées, à pétiole souvent enroulé. Les fleurs sont parfois diclines, par suite d’avortements.
La Clematie des haies [C. vitalba, L.), ou Clématite commune, Herbe aux ijueux, a une tige sarmenteuse, anguleuse. Les feuilles ont un long pétiole enroulé en vrille et un limbe composé, imparipenné, de cinq folioles ovales. Les inflorescences i sont axillaires et consistent en cymes ramifiées. Les fleurs sont ! blanches, sans involucre ; leurs sépales sont tomenteux à l’extérieur. Les akènes sont surmontés d’un long style plumeux. La i Clématite des baies croît aussi dans les buissons, les taillis et fleurit en juin et août. Les feuilles adultes et fraîches de cette plante frottées sur la peau l’ulcèrent; les mendiants profitent l parfois de cette propriété pour se créer des plaies et exciter la pitié : de là le nom d’IIerbe aux gueux donné à la Clématite des haies. Pris à l’intérieur, le suc de Clématite est d’une extrême ûcreté; on ne l’emploie plus aujourd’hui en thérapeutique. Les aigrettes du fruit peuvent servir à faire du papier.
La Clématite dressée [C. recta, L.) diffère de la Clématite des baies par ses tiges herbacées, dressées, et par les sépales, qui ne sont tomenteux que sur les bords. Cette espèce est commune dans les bois du midi de la France. Elle a les propriétés delà Clématite des haies.
ACTÉE.
Le genre Actée [Actœa, L.) comprend des plantes il fleurs hermaphrodites, rarement polygames, à réceptacle floral convexe. Le calice se compose de quatre à six sépales colorés, en préflolaison imbriquée. La corolle est nulle. L’androcée se compose d’étamines nombreuses ; les plus extérieures sont stériles et simulent des pétales ; les anthères des étamines fertiles sont biloculaires et introrses. Le gynécée est mono-ou pluricarpellé, il carpelles libres, pluriovulés, stipités ou non, surmontés d’un style court. Les ovules sont insérés dans l’angle interne, sur deux séries; ils sont anatropes et se tournent leur raphé. Le fruit est sec ou charnu. Les graines sont albuminées. Les tiges sont des rhizomes. Les feuilles qui se montrent sur les rameaux aériens
sont alternes, à limbe décomposé. Les inflorescences sont terminales.
L’Actée compacte [A. spicuta, L.), ou Herbe de Saint-Christophe, est une plante qui croît dans les endroits frais des bois montueux et qui fleurit en mai et juin. Son rhizome est oblique, épais, noirâtre. Les feuilles inférieures sont longuement pétiolées, à limbe décomposé-terné. Les fleurs sont blanches, petites, disposées en épi à l’extrémité des rameaux. Le carpelle est unique. Le fruit est une baie noirâtre à la maturité. Le rhizome est un purgatif violent; le fruit est vénéneux; les feuilles fraîches, réduites en poudre, constituent un insecticide excellent.
L’Actée cimicifuge [A. cimicifuga, L.) se distingue nettement des Actées monocarpellées. Linné en fait un genre â part, parce que le gynécée est formé de carpelles nombreux, et que le fruit se compose de plusieurs follicules. La Cimicifuge fétide (■ C . fœtida, L.), qui croit dans le nord de l’Asie, a des rameaux qui s’élèvent jusqu’à la hauteur de 2 mètres. Ces rameaux, placés dans une chambre, suffisent, dit-on, pour en éloigner les punaises.