RHUMATISME CHRONIQUE. — LÉSIONS DES CARTILAGES
cellules carlilagineuses avec production de capsules autour de chacune d'elles. Les capsules primitives agrandies contiennent un très grand nond)re de capsules secondaires. Le plus souvent ces capsules secondaires Ibrment des groupes enveloppés eux-mêmes de capsules communes, ces groupes étant englobés par la capsule primitive. Dans d'autres cas, la capsule primitive est remplie de petites capsules rondes qui ne sont pas reliées les unes aux autres. Les auteurs qui nous ont précédés ont pris ces capsules rondes pour de véritables cellules. C'est là une erreur contre laquelle nous nous sommes élevés depuis longtemps et qu'on évitera toujours en employant une solution iodée comme liquide additionnel. Ce réactif colore le protoplasma des cellules en brun, tandis qu'il laisse incolores les capsules secondaires ou ne produit sur elles qu'une coloration légère.
Les capsules primitives de la surface prennent la forme globuleuse, et, quand elles se sont distendues, elles éclatent, pour ainsi dire, et s'ouvrent dans la cavité articulaire. Les capsules de la seconde rangée et celles qui sont situées plus profondément ne peuvent s'agrandir que dans le sens perpendiculaire à la surface du cartilage. Comme elles sont disposées en séries linéaires, elles s'ouvrent les unes dans les autres en formant des boyaux parallèles les uns aux autres. Ces différents phénomènes sont semblables à ce que l'on observe dans le cartilage au voisinage d'un point d'ossification (voy. p. 24 et suiv.).
A la surface, les capsules primitives agrandies versent peu à peu leur contenu dans la cavité articulaire, et les boyaux, privés de leurs capsules secondaires, ne contiennent plus que du liquide synovial ou des débris d'éléments. La substance fondamentale du cartilage, comprise entre les espaces laissés vides par la chute de leurs celkdes, persiste longtemps et forme des villosités plus ou moins longues.
Ces villosités filamenteuses provenant de la segmentation du cartilage sont libres à sa surface. Elles sont habituellement très minces. Elles peuvent être constituées simplement par la substance fondamentale du cartilage, mais quelquefois elles contiennent encore quelques capsules cartilagineuses. La présence de ces dernières s'observe surtout à l'extrémité libre des villosités, qui sont alors renflées en massue. Ces villosités atteignent et dépassent souvent une longueur de i millimètre. Elles sont perpendiculaires ou plus ou moins inclinées relativement à la surface des cartilages, et elles peuvent montrer un ou plusieurs renflements dans lesquels il existe des capsules primitives contenant elles-mêmes des capsules secondaires.
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466 ANATOMIE PATUOLOGIQUE DES AIITICULATIONS.
A mesure que la maladie progresse, les villosilés cartilagineuses, dépourvues de leurs cellules et soumises aux frottements articulaires, disparaissent progressivement jusqu'à la couche calcifiée du cartilage. Celle-ci mise à nu s'use k son tour, l'os sous-jacent subit une éburnation et peut être usé lui-même par les mouvements articulaires.
C'est là ce qui arrive en particulier dans les arthrites chroniques
FlG. 213. — Rhumatisme noueux. Coupe perpendiculaire à la surface du cartilay;e ; a, capsule mère remplie de capsules secondaires et allant s'ouvrir dans l'articulation; b, substance fondamentale segmentée. — Grossissement de 200 diamètres.
observées dans l'ataxie locomotrice. Ces arthrites, découvertes par Charcot, ont en effet pour caractère de donner lieu à une usure extrêmement rapide des têtes osseuses articulaires. C'est ainsi, par exemple que pour l'articulation scapulo-humérale, Charcot a montré des faits où la tête de l'humérus avait complètement disparu par une usure progressive.
Il n'est pas toujours possible de déterminer la cause de l'éburnation superficielle de l'os après la disparition de son revêtement cartilagineux. Cependant nous avons observé quelques faits qui peuvent rendre compte de ce processus. Tandis que les capsules superficielles du cartilage se remplissent de nouveaux éléments cellulaires, celles qui, situées à la profondeur, se trouvent en rapport avec la couche calcifiée, subissent des modifications analogues. En s'agrandissant, elles gagnent du côté de l'os et déterminent la résorption de la couche calcifiée. Les travées osseuses qui les séparent des cavités médullaires sont résorbées à leur tour par un mécanisme analogue à celui qu'on