TUMEURS BLANCHES
sous-cutané puissent être le siège d'une inflammation accompagnée de rougeur.
Dans l'élude des lésions des jointures ainsi affectées, ils ont signalé toutes les altérations possibles de la synoviale, des cartilages et des os. Bonnet est le seul auteur qui ait cherché à trouver aux tumeurs blanches un caractère anatomique constant dans l'existence des fongosités de la synoviale et des os. Mais les fongosités n'existent pas à toutes les périodes des tumeurs blanches, et elles ne présentent aucun caractère anatomique spécial, car elles ne diffèrent pas essentielment des bourgeons charnus volumineux qui se développent partout ailleurs.
Dans la marche clinique de cette affection, on retrouve, le plus souvent, deux phases : la première, longue, caractérisée par de la gêne ou une douleur de faible intensité, et la seconde, marquée par des accidents d'inflammation suppurative qui peuvent atteindre une grande acuité.
La diversité des opinions et l'hésitation des anatomo-pathologistes tiennent à ce qu'ils n'ont pas reconnu les lésions de la première période des tumeurs blanches, et que dès lors, ils n'ont pu comprendre le rôle de ces lésions dans la production des accidents de la seconde période. Une pareille étude ne pouvait, du reste, être faite sans le secours du microscope.
Les lésions anatomiques de la tumeur blanche sont différentes dans les deux périodes de la maladie.
Dans la première, elles consistent dans une transformation granulograisseuse destructive des cellules du cartilage, et, le plus souvent, des corpuscules osseux de l'épiphyse.
Dans la seconde, les parties frappées de mort par la transformation gaisseuse déterminent autour d'elles une inflammation éliminatrice (arthrite, ostéite raréfiante, suppurative, fongosités de la synoviale et de l'os, carie, abcès des os, hyperostose, condensation de l'os, nécrose, phlegmon chronique et abcès circonvoisins).
En résumé, la définition anatomique de la tumeur blanche repose sur les lésions du début, c'est-à-dire sur la dégénérescence graisseuse initiale des éléments cellulaires du cartilage et de Vos. Les autres lésions appartiennent à l'inflammation.
Première période. — On observe très rarement les lésions des tumeurs blanches à leur première période; cependant, nous avons eu l'occasion d'en voir deux cas, et de plus, alors que l'inflammation
suppurative est survenue, on peut retrouver des traces de ces lésions primitives dans les cartilages et dans les os.
La synoviale ne paraît pas sensiblement modifiée; cependant le liquide synovial est plus abondant qu'à l'état normal. Dans un de ces deux faits, il s'était formé à sa surface, ainsi que sur les cartilages, un exsudât muqueux concret, grisâtre et gélaliniforrac qui, sur des coupes, donna l'apparence d'un très beau réseau, dans les mailles duquel se trouvait une substance liquide dénuée d'éléments cellulaires (voy. B, fig. 215). Cet exsudât était adhérent à la surface du cartilage.
Les cartilages ont conservé le poli de leur surface ; ils présentent une opacité légère et ils ont perdu un peu de leur élasticité. Au microscope, sur des coupes perpendiculaires à la surface, on observe toutes les couches successives décrites à la page 4-50. Seulement, les cellules contiennent des granulations graisseuses fines, et quelquesunes sont complètement détruites par la dégénérescence graisseuse
Fig. 215. — Section prntiTuée à travers le cartilage articulaire et l'cxsudat muqueux qui le recouvre dans un cas de lumeui- blanche à la première période: A, coupe du cartilage montrant les cellules superficielles c remplies de granulations graisseuses ; B, exsudât muqueux réticulé.
(A, fig. 215). Celle-ci commence par les couches superficielles et gagne peu à peu les parties profondes ; elle arrive ainsi parfois à affecter le revêtement cartilagineux dans toute son épaisseur. Généralement, elle n'est pas répartie d'une manière égale dans toute retendue du cartilage, et, en cela,, elle ne diffère pas des autres lésions cartilogineuses ; telle partie du revêtement de l'articulation est complètement transformée, tandis que telle autre n'est modifiée qu'à sa surface, ou même ne présente aucune altération.
La dégénérescence graisseuse aboutit toujours à la destruction des cellules contenues dans les capsules, de telle sorte que, lorsqu'elle est complète, on ne trouve plus dans les cavités capsulaires que