‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 117 sur 199 · TUMEURS BLANCHES · texte numérisé non relu

TUMEURS BLANCHES

des granulations graisseuses; le noyau de la cellule a disparu. En même temps, la substance fondamentale du cartilage se ramollit et ne résiste plus aux mouvements et aux pressions articulaires. Aussi, tout à la fin de ce processus, les capsules, ne contenant plus que des granulations graisseuses, se déforment; et donnent des iîgures irrégulières qui ont été reproduites dans la ligure 216.

FiG. 216. — Coupe d'un cartilage articulaire dans un cas de tumeur blanche à la première période.

Piégrcssion graisseuse complète dos cellules cartilagineuses.

Il arrive très souvent que ces lésions se poursuivent dans la seconde période, et, même lorsque le cartilage a subi la dégénérescence graisseuse dans toute son épaisseur, il peut persister sans éprouver d'autres modifications.

Les épiphyses présentent les lésions de la première période de la carie, c'est-à-dire une grande minceur des travées osseuses, dont les corpuscules ont, pour la plupart, subi la dégénérescence graisseuse, tandis que la moelle est jaune, peu vascularisée et adipeuse.

Le périoste et les parties molles qui entourent l'articulation paraissent complètement sains.

Seconde 'période. — Les lésions de la seconde période varient suivant la durée et l'intensité de l'inflammation consécutive à la nécrobiose graisseuse du cartilage et de l'os.

La synoviale se vascularise, s'épaissit ; son tissu adipeux disparaît pour faire place à un tissu embryonnaire qui bourgeonne et produit du pus qui se déverse dans la cavité articulaire.

Lorsque la maladie est plus avancée, on voit venir, des extrémités osseuses, après la destruction du cartilage, des bourgeons charnus qui se confondent avec ceux de la synoviale. Si le foyer purulent s'est ouvert à l'extérieur, le trajet fistuleux est également tapissé de bourgeons analogues. Dans les tumeurs blanches, ces bourgeons sont spécialement désignés sous le nom de fongosités.

Ils reposent le plus souvent sur une couche de tissu fongueux très vascularisé, friable, semi-transparent, qui peut prendre une consistance lardacée lorsque la suppuration se tarit et que ce tissu tend à une organisation plus complète. Il arrive, parfois aussi, que ces fongosités subissent une transformation caséeuse.

La structure de ces bourgeons varie suivant leur degré d'évolution. A ce propos, nous n'aurions qu'à répéter ce qui a été dit dans le chapitre consacré à la carie, auquel nous renvoyons le lecteur (voy. p. 407 et suiv.).

Les modifications qui surviennent dans les cartilages ne sont pas toujours les mêmes.

Lorsque le revêtement cartilagineux a subi la transformation graisseuse de ses cellules dans toute son épaisseur, il se comporte comme un corps inerte. Il se ramollit de telle sorte que, sous l'in-

FlG. 217. — Tumeur blanche : seconde pe'riode ou pc'i'iode inflammatoire; les capsules min-es allongées du cartilage diarthrodial forment des boyaux remplis de capsules secondaires; la substance fondamentale est segmentée. — Grossissement de 200 diamètres.

fluence des mouvements articulaires qui persistent encore, il se détache sous forme de lambeaux plus ou moins étendus qui, retenus par un bord ou complètement libres, flottent dans la cavité articulaire. Il peut se faire aussi que les bourgeons charnus développés dans l'épiphyse soulèvent et détachent le cartilage qui flotte librement dans le pus qui remplit l'articulation.

Lorsque le revêtement cartilagineux n'a pas été atteint dans toute son étendue, les couches profondes, qui sont généralement respectées, présentent dans leurs éléments des lésions irritatives. Il en résulte des épaississemenls partiels, des ulcérations à surface velvé-

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