PHLEGMON AIGU
celte couche spéciale qui les limite et qui les l'ait se gonfler irrégulièremeut sous l'influence de l'acide acétique. Ils sont séparés les uns des autres par des cellules rondes ou de forme anguleuse, constituées par une masse de protoplasma contenant un noyau.
Dans la plupart des cas, il n'existe plus dans cette couche de grandes cellules plates du tissu conjonctif.
L'infiltration du tissu conjonctif par une notable quantité d'éléments cellulaires arrondis se poursuit le plus souvent à 2 millimètres ou 1 centimètre au delà de la solution de continuité ; mais on ne peut reconnaître celte lésion qu'au microscope. Dans cette zone périphérique, on observe, de la façon la plus manifeste, le gonflement des cellules fixes du tissu conjonctif, la division de leurs noyaux, et, par suite, la prolifération de ces cellules.
Il résulte de ces faits, que la production abondante de nouveaux éléments cellulaires entre les parties constituantes du tissu conjonctif peut avoir deux origines : la sortie des globules blancs du sang, et la multiplication des cellules du tissu conjonctif. Mais, dans l'état actuel de la science, il est impossible de fixer le rôle de chacun de ces deux processus dans les phénomènes de la réparation des plaies.
Nous avons déjà vu que les faisceaux du tissu conjonctif compris dans la couche embryonnaire ont perdu leur état fibrillaire et se sont gonflés. Ils se dissolvent ensuite d'une manière complète, de telle sorte qu'on n'en trouve plus vestige. C'est alors que cette couche granuleuse delà surface des plaies, ou membrane pyogénique constituée uniquement par des cellules et par des capillaires à membranes embryonnaires, donne naissance aux bourgeons charnus. Nous n'entrerons pas plus avant ici dans l'histoire de cette évolution, dont les particularités ont été développées à propos des bourgeons charnus et de la cicatrisation (voy. p. 125 et suivantes).
§ 4. — Inflammation purulente du tissa conjonctif on pblegmon
aigu.
Nous donnons le nom d'inflammation purulente au phlegmon aigu, parce que, lors même que la maladie se termine par résolution, il n'y a pas moins une grande quantité de globules de pus dans les maiUes du tissu conjonctif. On sait avec quelle rapidité se fait l'évolution du phlegmon aigu. La rougeur, l'augmentation de température, le gonflement œdémateux et la douleur vive de la première période se montrent d'abord et simultanément. Il est rare qu'on ail
l'occasion d'étudier, chez l'homme, les modifications histologiques qui surviennent dans le tissu conjonctif à cette première période ; mais on peut suivre ce qui se passe dans le phlegmon ai'tificiellement produit chez les animaux, et tout porte à croire que les phénomènes sont les mêmes. Pour produire un phlegmon aigu chez un chien, il
FiG. 222. — Œdème inflammatoire du tissu conjonctif du chien produit par une injection au nitrate d'argent à 1 pour 1000. La prcpuralion a été faite en enlevant un fragment des parties œdémateuses avec les ciseaux et en le comprimant légèrement entre deux lames de verre. Au bout de quelques heures il s'y forme un réticulum librincux indiqué ici par les lignes ponctuées r ; a, cellules de tissu conjonctif devenues granuleuses; 6, globules de pus; e, fibres élastiques. — Grossissement de 500 diamètres.
suffit d'injecter quelques gouttes d'une solution de nitrate d'argent à —^ dans le tissu conjonctif. Au bout de dix à douze heures, on constate un gonllement œdémateux et douloureux de la région. Le tissu conjonctif est devenu gélatiniforme, les vaisseaux sont dilatés et remplis de sang. Au premier aspect, il n'y a pas de différence entre ce tissu et celui de l'œdème. Mais la sérosité ne s'écoule pas aussi