‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 125 sur 199 · INFLAMMATIONS PURULENTES DES SÉREUSES · texte numérisé non relu

INFLAMMATIONS PURULENTES DES SÉREUSES

contenir du sang- avant d'être en communication avec le système vasculaire. xNous n'avons pas encore pu vérifier cette hypothèse, mais le développement des vaisseaux sanguins dans le grand épiploon d'une part, et d'autre part la rapidité avec laquelle se forment les réseaux capillaires étendus dans les néomembranes des séreuses nous autorisent à l'admettre à priori, quitte à la vérifier par l'observation directe.

Ces vaisseaux de nouvelle formation ont une paroi embryonnaire ; ils sont entourés eux-mêmes de tissu embryonnaire et forment un réseau dont les principales branches s'écartent, en rayonnant, d'un vaisseau central.

Ainsi, dans la méningite hémorrhagique (pachyméningite), on trouve parfois, à la surface interne de la dure-mère, de petites plaques nummulaires rouges, qui, à un examen à l'œil nu, montrent déjà de fines arborisations vasculaires et des points ecchymotiques. Ces petites plaques, rudiment des néomembranes si étendues qu'on y observe, peuvent être facilement détachées. Les nombreux vaisseaux qu'elles contiennent sont remplis de sang et constituent un réseau qui est en connexion avec les vaisseaux de la dure-mère, ce qu'on reconnaît facilement en faisant des coupes perpendiculaires à la surface de celle-ci après durcissement par l'action du liquide de Mûller, de la gomme et de l'alcool.

Lorsque le processus est ancien, les fausses membranes sont constituées par du tissu embryonnaire et par des vaisseaux, avec des lits de fibrine interposés ; elles offrent une épaisseur considérable et baignent dans un exsudât sanguinolent.

Le sang épanché dans l'exsudat subit une série de modifications dont le dernier terme est la formation d'hématoïdine granuleuse ou cristalline. Lorsque l'inflammation hémorrhagique se termine par la suppuration, le liquide contenu dans la cavité séreuse renferme du pus qui, examiné avec soin, montre à l'œil nu des grains rouges. A l'examen microscopique on constate que ces grains rouges sont constitués par de gros cristaux d'hématoïdine isolés ou groupés. Les cristaux d'hématoïdine se rencontrent dans les inflammations hémorrhagiques de la plèvre, du péritoine et de la tunique vaginale.

11 convient d'ajouter que les exsudats héraorrhagiques des séreuses s'observent surtout chez les alcooliques et dans les inflammations de ces membranes consécutives à la tuberculose et au cancer

Inflammations purulentes. — Les inflammations purulentes des

séreuses sont primitives ou consécutives à une inflammation fibrineuse ou hémorrhagique. Ainsi, dans certaines pleurésies fibrineuses, où une première thoracocenlèse a donné un liquide séro-fibrineux, une seconde ponction pratiquée plusieurs jours après la première pourra donner issue à du pus bien lié. Cependant le? inflammations purulentes d'emblée sont plus communes que celles qui succèdent à des pleurésies fibrineuses ; elles surviennent dans la fièvre puerpérale, l'infection purulente, la morve, le rhumatisme, la tuberculose, etc. On rencontre presque toujours alors, dans les organes recouverts par la séreuse, des lésions variables avec la maladie qui a déterminé l'inflammation purulente (abcès métastatiques, inflammation purulente, cavernes, ulcérations, lymphangite, phlébite, etc.). Lorsque la marche de l'inflammation purulente est très rapide, la cavité séreuse est remplie de pus et il n'y a pas d'exsudat solide à la surlace de la membrane. Les vaisseaux sont dilatés, leurs parois sont embryonnaires, et le tissu conjonctif de la séreuse est infiltré de globules de pus disposés entre les vaisseaux. Il est à peu près certain que les globules de pus proviennent du sang et que l'épithélium de la séreuse ne concourt que pour une faible part à leur production. Chez l'homme, on ne peut pas suivre ces modifications de l'épithélium qui, au moment de l'examen, ne se trouve plus à la surface de la séreuse.

Au milieu du pus qui remplit la cavité séreuse, on rencontre des flocons jaunâtres, plus ou moins étendus, de forme variée, formés par un réticulum fibrineux, dont les mailles sont comblées par des globules de pus généralement granulo-graisseux.

Lorsque la marche de l'inflammation purulente est moins rapide, il se fait à la surface de la membrane séreuse un exsudât fibrineux. dont la constitution est tout à fait semblable à celle des flocons fibrineux que nous venons de signaler. Le nombre des globules de pus y est si considérable, que ces éléments masquent complètement le réticulum fibrineux, soit qu'on étudie ces exsudais sur des coupes après durcissement, soit qu'on les examine sans addition d'aucun réactif. Les vaisseaux lymphatiques et sanguins de la séreuse présentent des modifications analogues à celles que nous avons décrites à propos de l'inflammation fibrineuse.

Si l'inflammation purulente se montre à la suite d'une inflammation (ibrineuse simple, on trouve, à l'autopsie, des fausses membranes très épaisses, infiltrées de pus, et des néoformations vasculaires semblables à celles qui ont été décrites précédemment à propos

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