INFLAMMATIONS PURULENTES CHRONIQUES DES SÉREUSES
des inllammations hémoniiagiques Presque toujours alors on observe clans ces fausses membranes des globules rouges de sang ou du pigment qui en dérive.
Le pus forme dans les cavités séreuses subit très rapidement des altérations nutritives. Ses globules se remplissent de granulations graisseuses et ils deviennent caséeux lorsque le liquide est résorbé en partie. Ce pus caséeux forme des masses jaunâtres opaques ayant la consistance du mastic; autrefois, on le considérait comme un produit tuberculeux.
Quand le pus persiste à l'état liquide dans la cavité séreuse, ses éléments cellulaires se détruisent, au moins en grande partie. Il se forme, comme dans les foyers caséeux proprement dits, des cristaux d'acide gras et de la cholestérine. Le plus souvent on y trouve aussi des granulations pigmenlaires et des cristaux d'hématoïdine.
L'exsudat solide fibrino-purulent subit des modifications analogues à celles du pus : il devient caséeux. De sa surface se détachent des lambeaux qui flottent dans la cavité séreuse. Ces lambeaux et l'exsudat encore adhérent sont formés d'une matière granuleuse, produit de la dissociation moléculaire de la fibrine, et d'îlots allongés de granulations graisseuses, de cristaux d'acides gras, de cholestérine et de pigment sanguin.
Dans les inflammations très anciennes, la membrane séreuse est considérablement épaissie et vascularisée, ou bien elle est cartilaginiforme. Elle est alors constituée par des lames de tissu conjonctif parallèles, entre lesquelles se trouvent des cellules plates, et ce tissu induré est absolument semblable à celui des fibromes à lames parallèles et à cellules aplaties ou fibromes lamelleux (voy. p. 188). Ce tissu nouveau est très sujet aux infiltrations calcaires qui déterminent la formation de plaques dures ou ossiformes, plus ou moins régulières et étendues. Nous n'avons jamais vu de corpuscules osseux vrais dans ces plaques ossiformes.
Les épaississements de la plèvre se montrent surtout autour de masses de pus caséeux. Parfois l'altération est limitée seulement à une portion de la séreuse, qui forme ainsi un kyste à parois épaisses contenant la matière caséeuse, autour de laquelle il existe, dans certains cas rares, une matière gélatiniforme transparente parsemée d'îlots opaques. Ces anciennes pleurésies enkystées affectent dans leur ensemble une disposition analogue à celle des kystes hydatiques anciens. La matière gélatiniforme qu'elles contiennent n'est autre que de la fibrine.
Inflammations hyperplastiques et adhésives. — Les inflammations hyperplastiques et adhésives des membranes séreuses sont caractérisées par une formation de tissu conneclif embryonnaire parcouru par des vaisseaux, qui s'organise définitivement en donnant naissance à des épaississements ou à des adhésions. Celles-ci se montrent sous forme de brides, ou bien elles établissent une fusion complète des deux feuillets opposés de la séreuse. Il arrive même souvent que la cavité séreuse est complètement effacée.
Ces adhérences se montrent à la suite d'inflammations qui présentent le caractère adhésif dès le début, ou bien elles sont consécutives à des inflammations fibrineuses ou purulentes ; mais le plus souvent il est impossible, en face d'une adhérence ancienne, de dé-
FiG. 22i. A. Brides filamenteuses de la plèvre recouvertes de leur cpithélium ; B, vaisseaux sanguins.
Imprégnation de re'pitliélium par du nitrate 'j'nri^ent. — Grossissement de 80 diamètres.
terminer son origine. Il est môme probable qu'un certain nombre d'entre elles remontent à la période intra-utérine, et dès lors devraient être rattachées aux vices de conformation.
Dans certaines autopsies, on voit, à la surface des membranes séreuses, et particulièrement de la plèvre, des végétations molles, vasculaires, composées de tissu embryonnaire et de vaisseaux. Ces