‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 136 sur 199 · INFLAMMATION DES MUSCLES, OU MYOSITE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DES MUSCLES, OU MYOSITE

Multiplication des noyaux des faisceaux primitifs. — Elle survient, comme nous l'avons dit plus haut, à la suite de la transformation vitreuse et môme de la transformation granuleuse ; mais elle a lieu parfois d'une manière isolée. On observe cette lésion dans l'inflammation des muscles qui succède à une plaie, dans le voisinage d'une tumeur, par exemple d'un cancroïde des lèvres ou de la langue, dans certaines formes de paralysies, dans la paralysie ascendante aiguë, et, chez les animaux, à la suite de la section des nerfs. Lorsqu'on a sectionné un nerf, chez un lapin, quinze jours ou trois semaines après l'expérience, on ne trouve pas d'autre modification des muscles,, qu'une multiplication des noyaux des faisceaux primitifs, qui deviennent plus volumineux, se divisent et forment alors des groupes allongés (Vulpian), Dans ces groupes, les noyaux sont disposés en séries dans un protoplasma granuleux; c'est là un des caractères généraux de toutes les proliférations des noyaux musculaires. Cesnoyaux restent compris dans une masse protoplasmique commune. Ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'on voit le protoplasma s'isoler en masses distinctes, autour de chaque noyau, par exempledans la dernière période de la transformation vitreuse.

Dans les épithéliomes, la multiplication des noyaux musculaires, est souvent très accentuée. En même temps, il se fait une atrophia plus ou moins notable des faisceaux primitifs, de telle sorte que les noyaux et le protoplasma qui les entoure sont beaucoup plus évidents qu'à l'état normal. Comme ces noyaux sont volumineux et possèdent de gros nucléoles, quelques auteurs ont pensé qu'ils concourraient à la formation des cellules épithéliales. Mais nous n'avons jamai^ observé rien qui puisse établir cette manière de voir. Il n'est pas certain non plus que la prolifération des noyaux musculaires entre pour une part dans la formation du pus.

Inflammation des muscles, ou myosite. — L'inflammation desmuscles la plus simple et la plus facile à étudier est celle qui survient à la suite des plaies. Lorsqu'un muscle est compris dans une plaie, sa paiHie dénudée ou divisée donne naissance à des bourgeons charnus. La néoformation qui aboutit au développement de ces bourgeons se produit au sein du tissu conjonctif interfasciculaire ; elle consiste dans une production de tissu embryonnaire et dans une végétation de vaisseaux sanguins. Les cellules du tissu embryonnaire se trouvent non seulement à la surface de la plaie, mais encoreentre les faisceaux primitifs, à une profondeur qui varie suivant l'in-

tensité de l'inflammation et la période de la maladie. Dans les plaies contusés, celles que détermine, par exemple, un projectile de guerre, la végétation du tissu embryonnaire dans l'épaisseur d'un muscle atteint plusieurs centimètres au moment où la plaie est en pleine suppuration.

Supposons une de ces plaies arrivée au douzième jour : sur une section perpendiculaire à sa surface et au niveau du muscle, on trouve d'abord une couche formée par du tissu embryonnaire pur, dans laquelle des capillaires sanguins, dilatés et possédant une paroi embryonnaire, forment des anses. Au-dessous de cette couche, dont l'épaisseur varie entre 1 et 5 millimètres, on en trouve une seconde où le tissu embryonnaire est sillonné par des faisceaux primitifs atrophiés, qui, au lieu d'avoir tous la même direction, comme dans un muscle normal, aff'ectent, au contraire, la plus grande irrégularité. Les faisceaux primitifs atrophiés ont de 1 à 3 centièmes de millimètre. Sur les préparations obtenues après macération dans l'acide chromique à 2 pour 4000, on ne distingue plus la striation transver-

FiG. 230. — Faisceaux musculaires du muscle jumeau de l'homme dans une large plaie contiise du mollet ; coupe faite dans le tissu musculaire au-dessous de la couche de bourgeons charnus : a, substance musculaire; b, proloplasma et noyaux c' situés entre le sarcolemme et la substance musculaire; c, tissu conjonctif enflammé.

sale des faisceaux; ceux-ci paraissent constitués par des fibrilles disjointes par un exsudât. Les noyaux musculaires, multipliés à l'excès, forment des groupes ou des séries placés les uns à la surface, les autres au cmtre du faisceau; le sarcolemme paraît avoir complè-

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