VARIABILITÉ PATHOLOGIQUE DU NOMBRE DES GLOBULES SANGUINS
augmente considérablement jusqu'à 1 globule blanc pour 5i globules rouges. Les collections purulentes, abcès, pleurésies purulentes, etc., s'accompagnent également d'une augmentation dans le nombre des globules blancs, qui cesse dès que le pus collecté peut s'écouler librement au dehors.
Cette leucémie ou leucocythose de suppuration pourrait aider au diagnostic dans des cas douteux de suppuration profonde. Dans la pustule maligne, il y a également une augmentation considérable de globules blancs.
Les hémorrhagies sont suivies d'une diminution dans le nombre des globules rouges, d'autant plus marquée que l'hémorrhagie est plus considérable. Chez les femmes on observe les mêmes phénomènes au moment des règles.
La quantité d'hémoglobine par globule n'est pas modifiée si l'hémorrhagie a été moyenne et si elle ne s'est pas répétée.
Les globules blancs sont plus nombreux. Mais, il y a lieu de se demander si c'est le fait de l'hémorrhagie elle-même ou seulement la conséquence de la plaie concomitante. Des expériences sur des chiens et des lapins montrent qu'une plaie sans hémorrhagie est suivie d'une augmentation dans le nombre des globules blancs aussi grande que s'il y avait eu hémorrhagie; tandis qu'une hémorrhagie avec plaie très insignifiante, une saignée de la jugulaire avec un trocart, n'amène pas un accroissement notable du nombre des globules blancs (Malassez). Si donc les globules blancs sont plus nombreux que d'habitude, c'est surtout à la plaie qu'il convient de l'attribuer.
Les rfi'arr^éesetles évacuations consécutives àfaction des purgatifs sont suivies d'une augmentation dans le nombre des globules rouges, évidemment produite par la concentration du sang. Cette concentration est portée à l'extrême dans le choléra. Elle disparaît quand la perte de liquide cesse-
Chez les nouveau-nés athrepsiés, cachectiques et atteints de diarrhée, le chiffre des globules augmente; parfois il est normal, ce qui tient sans doute à ce que l'action dégiobulisante de l'anémie vient masquer la concentration liée à la diarrhée.
Chez un homme affecté de cachexie paludéenne et chez un tuberculeux également très cachectique, l'un et l'autre affectés de diarrhée, il y avait un nombre de globules excessivement faible, moins d'un million par millimètre cube; il n'y a pas là contradiction, car
raction de la cachexie l'emportait sur l'effet produit par la diarrhée. Peut-être la diarrhée finit-elle à la longue par produire, elle aussi, une diminution du nombre des globules, comme l'abstinence prolongée.
Dans V empoisonnement par le plomb, les globules rouges sont notablement diminués en nombre. Ils sont plus volumineux qu'à l'état normal, mais l'augmentation de leur volume ne compense pas leur diminution numérique; aussi la masse globulaire est-elle moins considérable chez le saturnin que chez l'homme sain. Les globules rouges des saturnins se conservent intacts dans le sérum artificiel beaucoup plus longtemps que les globules normaux.
V intoxication palustre présente à considérer plusieurs états du sang que nous devons passer en revue.
4° Dans les fièvres intermittentes simples, on constate après chaque accès une diminution considérable dans le nombre des globules rouges. Puis la réparation se fait, mais comme elle n'a pas le temps de s'achever avant le retour de l'accès suivant, l'anémie devient progressive.
Lors de la guérison, l'inverse se produit : la destruction des globules est moindre après chaque accès, et entre les accès le sang récupère, et au delà, ce qu'il a perdu. Le volume des globules rouges est plus considérable qu'à l'état normal chez les paludéens.
Les globules blancs diminuent de nombre après chaque accès, et beaucoup plus, proportionnellement, que les globules rouges.
2" Dans la cachexie paludéenne il y a diminution du nombre des globules rouges et surtout des globules blancs. L'électrisation de la rate est suivie d'une augmentation du nombre des globules blancs dans le sang, augmentation qui disparaît en même temps que la rate reprend son volume.
3° Dans les accès pernicieux, les globules blancs se comportent tout différemment : ils sont augmentés après chaque accès et, en même temps, apparaissent des grains mélanémiques dans le sang.
Un certain temps après l'accès on voit les globules blancs revenir à la normale et les granulations mélaniques disparaître (Kelsch).
Dans Vérysipèle, le nombre des globules blancs et des globule? rouges diminue; le nombre des globules blancs baisse surtout à la fin de l'éruption. Pendant la convalescence ces globules reviennent aux proportions normales.