‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 142 sur 199 · NUMÉRATION DES GLOBULES DANS LA LEUCOCYTHÉMIE · texte numérisé non relu

NUMÉRATION DES GLOBULES DANS LA LEUCOCYTHÉMIE

lymphadénic cutanée (mycosis fongoïde), il n'y a pas augmentation du nombre des globules blancs, mais le nombre des globules rouge* peut être singulièrement diminué.

La leucocythémie (Bennet) ou leucémie (Virchovv) est une maladie caractérisée par l'augmentation persistante et croissante du nombre des globules blancs du sang. A la fin de la maladie, les globules blancs arrivent à être aussi nombreux et même plus nombreux que les rouges; le sang est alors rouge pâle, sans avoir l'aspect ichoreux qu'on observe dans l'hydrémie. Il y a toujours en même temps diminution dans le nombre des globules rouges, et cette diminution est quelquefois assez considérable pour faire paraître le nombre des globules blancs plus grand qu'il n'est réellement. Quand on examine une préparation du sang leucémique sans y ajouter d'eau, les globules blancs s'y montrent sous forme de corpuscules granuleux dont le volume varie entre 7 f* et 12 f*; après l'addition d'eau, ces globules se gonflent, deviennent plus transparents, et l'on distingue dans les uns un seul noyau sphérique ayant de 6 à 7 |:a, dans les autres deux ou un plus grand nombre de noyaux placés à côté les uns des autres.

Virchow a distingué des leucémies avec hypertrophie splenique où les globules volumineux, contenant un ou plusieurs noyaux, prédominaient, tandis que dans une série de tuméfactions ganglionnaires les globules petits, ne possédant qu'un seul noyau, étaient les plus nombreux. Se fondant sur ces caractères différents, il a admis des leucémies liénales ou tenant à l'hypertrophie de la rate, et des leucémies ganglionnaires liées à celle des ganglions lymphatiques.

Cette distinction ne doit pas être maintenue, car si l'on examine le sang d'un leucémique plusieurs jours de suite, on observera tantôt la prédominance des globules blancs à plusieurs noyaux, tantôt celle des globules blancs à un seul noyau. Nous pouvons ajouter en outre que cette distinction de Virchow, fondée sur l'analogie des globules blancs avec les cellules de la rate dans un cas, avec celles des ganglions dans l'autre, n'est plus admissible aujourd'hui. On sait, en effet, que les ganglions ou les organes lymphoïdes nouveaux contiennent, dans la leucémie, des éléments plus volumineux que ceux du parenchyme splenique. De plus, chez les leucémiques, les altérations de la rate, des ganglions lymphatiques et des autres organes lymphoïdes coïncident le plus souvent. Il se produit même fréquemment chez -ces malades de nouveaux organes lymphoïdes sous

forme de tumeurs (\o\. Lymphadénomes, p. 29^ et suivantes). Dans la leucémie, à côté des globules blancs ordinaires, quelques auteurs (Klebs, Erb) ont décrit des globules rouges contenant un noyau et qu'ils considèrent comme des éléments intermédiaires entre les «lobules blancs et les «lobules rouoes. Nous avons vainement recherché ces globules intermédiaires chez plusieurs leucémiques sans les rencontrer jamais, et notamment, dans un cas de leucémie, observé dans le service de M. Tillaux, l'altération du sang étant si considérable, que le nombre des globules blancs l'emportait sur celui des globules rouges, nous avons à plusieurs reprises fait des recherches minutieuses sans pouvoir trouver un seul globule blanc coloré par l'hémoglobine. Un grand nombre de globules blancs, surtout les plus volumineux, renfermaient des granulations très petites, d'un jaune ambré et sphériques, formant des groupes autour des noyaux. Ce fait doit être expliqué par la destruction des globules rouges dont une partie aurait été absorbée par les globules blancs.

Mélanémie. — On désigne sous ce nom la présence de particules pigmentaires dans le sang. Cette altération, décrite pour la première fois par Frerichs, se montre lorsque la rate a subi une série de poussées congestives, notamment dans l'infection paludéenne. Nous l'avons rencontrée à Paris chez des sujets atteints de fièvre pernicieuse d'origine palustre. Dans les cas que nous avons observés, les particules pigmentaires qui existaient dans le sang étaient arrondies ou anguleuses, d'un noir intense, extrêmement petites ou pouvant atteindre jusqu'à 8 ou 9 a de diamètre; elles étaient toutes contenues dans des globules blancs, ou enveloppées d'une zone incolore, granuleuse qui, très probablement, représentait le protoplasma d'un globule blanc formant une couche mince autour du granule pigmentaire.

Quand les sujets ont succombé et qu'on en fait l'autopsie, on trouve la plupart des organes, mais surtout la rate et le foie, d'une coloration ardoisée. Lorsqu'on fait des coupes de ces organes après en avoir fait durcir des fragments dans l'alcool, on voit des granules pigmentaires dans les corpuscules blancs contenus dans les vaisseaux, dans les cellules vasculaires, dans les cellules du tissu conjonctif périvasculaire et même dans les cellules du parenchyme. Les ganglions lymphatiques splanchniques sont également pigmentés.

Le pigment pathologique se comporte là comme le ferait une matière granuleuse inerte contenue dans le sang, le vermillon par

Page 1