‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 143 sur 199 · PARASITES DU SAN'C · texte numérisé non relu

PARASITES DU SAN'C

exemple. Lorsque l'on injecte dans le sang d'un animal du vermillon en poudre fine suspendu dans l'eau, les granulations sont prises par les globules blancs et transportées avec eux dans les divers organes ; ils traversent la paroi vasculaire, se dispersent ainsi, et se fixent enfin dans les éléments qui sont le siège de la pigmentation pathologique.

On est en droit de supposer que la mélanémie provient d'une transformation pigmentaire du sang dans la rate et du transport du pigment dans le sang par les globules blancs.

En général, les cellules lymphatiques pigmentées sont plus volumineuses que les autres; elles peuvent s'accumuler alors dans certains vaisseaux et y gêner la circulation. Il ne s'agit pas là d'embolies véritables, comme l'ont soutenu Frerichs et Virchow, mais d'un phénomène analogue à celui de la stase des globules blancs dans la leucémie (voy. p. 296).

Parasites du sang. — Aujourd'hui on est porté à croire que la plupart des maladies infectieuses et contagieuses sont liées à l'existence de microbes qui, après avoir pénétré dans l'organisme, y végètent, s'y reproduisent et sont portés aux difcerents organes par la circulation lymphatique et sanguine. S'il en est réellement ainsi, ces microbes doivent apparaître dans le sang, au moins pendant quelques-unes des périodes de la maladie. Cependant on n'a pu s'assurer, par l'examen microscopique, de la présence dans le sang de microbes définis que dans deux maladies : l'affection charbonneuse et la fièvre récurrente.

La bactéridie du charbon (Davaine), Baoillus anthraci (Cohn), a été trouvée par Davaine dans le sang des animaux atteints de la maladie charbonneuse : pustule maligne, sang de rate, etc. Ces microbes se montrent sous la forme de filaments articulés et immobiles qui, à la simple observation microscopique, ne diffèrent pas des bactéries qui se développent dans les liquides animaux au début de la putréfaction. Mais, tandis que l'inoculation de ces liquides est sans effet ou suivie simplement d'une septicémie plus ou moins prononcée, l'inoculation du sang charbonneux, même très dilué (Davaine), détermine une infection charbonneuse. Dans le sang des animaux inoculés et encore vivants, il existe alors des bactéridies en plus ou moins grand nombre.

Dès lors on a été conduit à considérer ces microbes comme les véritables agents de l'infection. Il est vrai que l'inoculation des

liquides charbonneux pi'oduit des accidents d'infection malgré qu'ils aient été soumis à des agents qui tuent le Bacillusanthraci .-l'alcool, l'oxygène comprimé (P. Bert). Mais, comme les recherches de Pasteur l'ont montré, si la bactéridie ne résiste pas à ces agents, il en est tout autrement de ses spores qui, placées ensuite dans des conditions favorables, régénèrent le parasite.

Nous n'entrerons pas ici dans la discussion qui s'est élevée dans la science pour savoir si la maladie est le résultat direct de la présence du parasite, ou si elle est produite par un virus qui se formerait et se développerait en même temps que les bactéridies. Bien que les faits connus aujourd'hui soient de nature à nous faire pencher vers la première de ces hypothèses, celle de l'action parasitaire directe, c'est-à-dire celle de Pasteur, il faut bien reconnaître cependant qu'elle n'est pas établie encore sur une base indiscutable.

Dans le sang de malades atteints de fièvre récurrente, Obermeier a trouvé un autre microbe appartenant également à la famille des Schizomycètes de Nsegele et qui, au lieu d'être formé par des bâtonnets rectilignes, comme leBacillus, est spirulé. C'est le Spirillum Ohermeieri. Extrêmement mince, la spirille de la fièvre récurrente a une longueur une fois et demie à cinq fois plus grande que le diamètre d'un globule rouge du sang. Tandis que la bactéridie de l'infection charbonneuse est immobile, la spirille de la fièvre récurrente se déplace dans la préparation en tournant sur elle-même. On ne sait si elle constitue une espèce à part, ou si elle appartient à la même espèce que la spirille découverte dans l'eau par Ehrenberg, ou que celle qui existe dans la bouche à l'état physiologique.

Toutes ces questions sont encore à l'étude. On comprendra dès lors que nous ne leur réservions pas une plus grande place dans ce manuel élémentaire qui ne doit contenir que des faits complètement établis.

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