‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 145 sur 199 · HYPERTROPHIE DU CŒUR · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE DU CŒUR

i^ .2 — Lésions du myocarilo.

Atrophie. — L'atrophie du cœur se rencontre dans les cas d'atrophie générale des muscles de l'économie, dans les maladies cachectiques de longue durée, dans la phthisie, à la fin de la fièvre typhoïde, etc. La forme du cœur n'est pas modifiée quand l'atrophie est générale. Les artères coronaires qui ne participent pas à l'atrophie sont tortueuses et saillantes ; sur certains points de leur trajet le péricarde viscéral leur forme comme un méso. L'atrophie peut être telle, que le feuillet viscéral du péricarde soit ridé. Les auteurs classiques d'histologie pathologique , Foerster entre autres , affirment avoir constaté dans l'atrophie une diminution du volume des fibres musculaires. Mais c'est là une appréciation fort difficile à cause de la grande inégalité de leur diamètre à l'état normal.

On observe des atrophies du cœur qui sont accompagnées d'une production abondante de tissu adipeux sous le péricarde viscéral, de telle sorte que le muscle cardiaque est atrophié bien que le cœur présente au premier abord son volume normal. Mais si l'on divise l'organe avec un scalpel, on trouve le tissu adipeux sous-péricardique considérablement épaissi. Celui-ci envoie des prolongements irréguliers entre les faisceaux du myocarde. Cette lésion rappelle de tout point la surcharge adipeuse des muscles à contraction volontaire. Le degré de cette altération est très variable. Quelquefois l'atrophie est tellement prononcée, que la musculature des ventricules est extrêmement réduite.

Hypertrophie. — On rattache l'hypertrophie au travail exagéré du cœur dans les maladies des orifices ou des vaisseaux, travail dont le but est de surmonter un obstacle au cours du sang. Aussi porte-t-elle le plus souvent sur un seul ventricule, le ventricule gauche, dans les altérations de l'orifice aortique par exemple. C'est à une cause analogue que Traube a rattaché les hypertrophies du ventricule gauche dans fatrophie du rein. Cette coïncidence de l'hypertrophie du cœur gauche et de l'atrophie du rein est un fait incontestable; cependant l'explication de Traube est discutable, car on comprend difficilement que la gêne de la circulation dans un si petit nombre de vaisseaux puisse amener un aussi énorme surcroît de travail dans le cœur.

L'hypertrophie est générale ou partielle. La forme du cœur n'est pas notablement modifiée dans l'hypertrophie générale. Dans l'hyper-

trophie du ventricule droit, la pointe du cœur est mousse et élargie; elle est constituée par l'extrémité des deux ventricules qui sont alors sur le même niveau. Dans l'hypertrophie du ventricule gauche, au contraire, la pointe est formée uniquement par ce dernier. On observe constamment dans les hypertrophies du cœur un épaississement de l'endocarde, qui entre pour une part dans l'induration et la rigidité des parois cardiaques.

Les fibres musculaires des parties hypertrophiées ne présentent pas de lésions nutritives, ou bien elles ont subi la transformation graisseuse ou la transformation pigmentaire.

On ne sait pas encore si l'hypertrophie est due entièrement à une augmentation de volume des fibres musculaires du cœur ou à une ncoformation de ces fibres. Cependant on n'observe jamais dans l'hypertrophie du cœur les phénomènes du développement de fibres musculaires nouvelles, de telle sorte que la première hypothèse est la plus probable. Elle s'appuie sur l'observation de Foerster, qui dit formellement que, dans l'hypertrophie du cœur, les faisceaux primitifs sont augmentés de volume.

Dégénérescence graisseuse. — De tous les muscles de l'organisme, le cœur est celui où l'on trouve le plus souvent la transforma-

FiG. 233. — Fibres musculaires du cœur partiellement dégénérées dans un cas d'empoisonnp.ment

par le phospliore.

tion graisseuse. Lorsque tous les muscles du corps sont soumis aux mêmes influences capables de produire la transformation graisseuse, b cœur seul peut être atteint. C'est ce qui arrive chez les fœtus qui, frappés de mort dans l'utérus, y séjournent plus d'une semaine. Les muscles volontaires ne présentent pas alors de granulations graisseuses, tandis que les fibres du cœur en sont chargées. Il s'est produit

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