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CAILLOTS SANGUINS FORMÉS DANS LE CCEUR

souvent une dilatation analogue. D'autres fois, au contraire, ces anneaux sont épaissis et présentent un rétrécissement notable. Les valvules elles-mêmes sont doublées, triplées, quadruplécs d'épaisseur; leur tissu est devenu rigide, et leurs bords forment des bourrelets irréo-uliers. Épaissies également au niveau de leurs insertions, elles reposent sur la zone fibreuse qui présente une induration analogue. Il en résulte que la forme générale de l'orifice est profondément modifiée. Il peut y avoir alors à la fois insuffisance et rétrécissement: insuffisance par la rigidité des valvules, rétrécissement par les productions nouvelles qui bourgeonnent sur leurs bords ; il est rare en effet que les rétrécissements ne soient pas compliqués d'insuffisance.

Les coupes pratiquées à travers les tissus indurés révèlent de profondes modifications dans la structure de l'endocarde. Au lieu d'y trouver les couches successives qui ont été décrites plus haut et qui sont si caractéristiques pour chaque point déterminé des valvules ou des orifices, on n'y rencontre plus que des lits irréguliers de cellules plates séparées par une substance fibreuse et des fibres élastiques irrégulièrement distribuées. La néoformation cellulaire a amené le désordre dans cette structure, et a été le point de départ d'une organisation nouvelle qui tend à reproduire la structure primitive sans jamais y réussir complètement.

On trouve constamment, dans ce tissu fibreux à l'état d'ébauche, des îlots en transformation graisseuse qui, en se confondant, forment des foyers athéromateux remplis de détritus granuleux. Ces foyers restent emprisonnés, ou bien ils viennent s'ouvrir à la surface.

La formation de granulations et de plaques calcaires ou de véritables pétrifications s'observe très souvent dans les tissus indurés de l'endocardite chronique.

Au début de l'endocardite chronique le siège de la néoformation cellulaire est dans la couche des cellules plates. Lorsqu'à la suite de cette néoformation il s'est produit de nouvelles couches fibreuses, • celles-ci sont évidemment disposées au retrait cicatriciel. Mais jusqu'ici on n'a pas suivi ce processus à l'aide du microscope.

Caillots sanguins formés dans le cœur. — Le plus souvent, à l'autopsie, le ventricule gauche est revenu sur lui-même et ne contient pas de sang, si ce n'est quelques caillots filamenteux entre les colonnes charnues de la mitrale. Dans les cas seulement où le sujet a

succombé aune syncope, le ventricule, immobilisé en diastole au moment de la mort, renferme du sang fluide et des caillots.

Le ventricule droit est souvent distendu et rempli de sang coagulé. Il faut attribuer ce phénomène à ce que, pendant l'agonie, l'asphyxie et la gêne de la circulation pulmonaire qui en est la conséquence empêchent le ventricule droit de se vider.

Les oreillettes, en raison de la faiblesse de leur contraction, contiennent toujours du sang pendant la vie et sont par conséquent toujours remplies de sang après la mort.

Lorsque le cœur a cessé de battre, le sang contenu dans ses cavités se coagule lentement, beaucoup plus lentement que s'il était abandonné dans un vase. Ce fait est établi par les expériences de Briicke. Cet auteur a remarqué en effet que le sang maintenu dans les cavités d'un cœur enlevé à un animal ne s'y coagule qu'au bout de plusieurs heures ; il a attribué ce phénomène à l'influence de l'épithélium de l'endocarde. Or, on sait, d'autre part, que, toutes les fois que le sang se coagule lentement, les globules rouges gagnent la partie déclive, tandis que la surface dépourvue de globules donne, après la coagulation, une masse fibrineuse incolore. Le caillot est alors formé de deux couches, l'une superficielle, constituée par de la fibrine englobant le sérum (couenne inflammatoire), l'autre profonde, fortement colorée en rouge par les globules. C'est ce mode de coagulation que Ton observe dans le cœur lorsqu'il y a une quantité notable de sang dans ses cavités, et que le sujet, dans les heures qui ont précédé l'autopsie, a été maintenu dans la même position, couché sur le dos par exemple, comme cela se fait d'habitude. Tous les caillots volumineux du cœur sont alors décolorés à leur surface antérosupérieure, tandis qu'ils sont cruoriques à leur face postéro-inférieure.

La plupart des médecins qui pratiquent des autopsies considèrent ces caillots comme formés pendant l'agonie ; à cause de leur décoloration, ils leur accordent une origine vitale et les désignent sous le nom de caillots actifs. Ce que nous venons de dire du mode de formation des caillots sufilt pour démontrer combien cette interprétation est fausse, et il nous paraît inutile d'y insister davantage.

Certains caillots méritent la désignation de caillots actifs, si l'on entend par ce mot ceux qui se sont formés pendant la vie. Ce sont les concrétions fibrineuses développées en couches minces à la surface de l'endocarde dénudé dans l'endocardite, ou sur des végétations des

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