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CHAPITRE XI

LÉSIONS DES VEINES § 1. — Histologie normale des veines.

Les trois tuniques que l'on admet généralement dans les veines sont beaucoup moins bien limitées que celles des artères. De plus, des veines de même calibre prises dans des régions différentes du corps ne possèdent pas la même structure, en ce sens que les éléments musculaires et élastiques n'y présentent ni la même disposition ni la même épaisseur.

La tunique interne des veines est tapissée de cellules endothéliales plates, polygonales et plus courtes que celles des artères.

La tunique interne proprement dite est composée de cellules plates séparées par une substance fibrillaire.

La tunique moyenne commence par des fibres ou des lames élastiques circulaires, et de ce premier plan élastique partent des fibres qui forment un réseau. Dans ce réseau sont disposées des fibres musculaires lisses et des faisceaux du tissu conjonctif. La ligne de démarcation entre la tunique moyenne et l'externe n'est pas nettement accusée, mais il convient de considérer comme tunique moyenne toute la partie de la veine qui contient des fibres musculaires ; nous dirons que les veines qui ne possèdent pas de fibres musculaires {sinus de la dure-mère, veines sous-clavières, veines de la rétine) n'ont pas de tunique moyenne.

Gomme il n'y a pas de lames élastiques dans la tunique moyenne des veines, on comprend que leurs parois se laissent facilement traverser soit du dehors au dedans par les liquides, soit de dedans en dehors par le plasma et les globules sanguins. Si l'absorption se fait plus facilement par les veines que par les artères, ainsi que Magendie l'a démontré, cela ne tient pas seulement à ce que le cours du sang y est ralenti, mais aussi à ce que leurs parois sont plus faciles à tra-

verser. On peut en dire aillant de la diapédèse, si commune dans la paroi des veines, si exceptionnelle dans les tuniques artérielles.

La charpente élastique de la tunique moyenne des veines de gros et de moyen calibre forme au voisinage de la tunique interne un réseau serré, qui devient de plus en plus lâche à mesure qu'on se rapproche de la tunique externe. Les libres musculaires ont, dans la tunique moyenne, une direction longitudinale ou transversale différente suivant les vaisseaux que l'on considère : c'est ainsi que la veine cave inférieure, la veine porte et les veines rénales présentent des fibres circulaires internes et des fibres longitudinales externes; la veine crurale et la poplitée possèdent une couche interne longitudinale. La musculature est plus compliquée encore dans les veines saphènes : on y remarque une première couche longitudinale interne, puis une série de couches transversales et longitudinales superposées. Par contre, les veines du cou ne présentent que quelques fibres musculaires disséminées, situées dans les premières mailles élastiques, audessous de la tunique interne.

Les valvules des veines sont extrêmement minces ; cependant elles sont formées de plusieurs couches distinctes. En outre du revêtement endothélial qui recouvre les deux faces de la valvule, on y reconnaît trois couches, deux superficielles et une intermédiaire. L'interne, la valvule étant considérée relevée, possède la structure et l'épaisseur de la tunique interne de la veine. Elle se continue, au niveau du bord libre de la valvule, avec l'externe. Mais celle-ci est beaucoup plus mince. C'est Là une disposition analogue à celle des valvules sigmoïdes et auriculo-ventriculaires dans lesquelles la couche endocardique, qui est frottée par le sang au niveau des orifices endocardiques, est plus épaisse que l'autre. La couche intermédiaire est une expansion de la tunique moyenne et, comme celle-ci, elle montre quelques cellules musculaires, mais seulement à sa base.

Les vasa vasorum se montrent dans les veines partout où il y a du tissu conjonctif fascicule et ils pénètrent dans l'épaisseur de la tunique moyenne.

§ 2. — Distologie pathologique des veines.

Inflammation des veines; phlébite. — La phlébite spontanée ne se rencontre guère que dans les veines de l'utérus à la suite de la

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