‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 158 sur 199 · VARICES · texte numérisé non relu

VARICES

dans le système veineux général, une artère du système aortique s'il avait pris naissance dans la veine pulmonaire.

La phlébite se termine assez souvent par une transformation caverneuse de la veine. Après la résorption, du caillot, la membrane interne épaissie remplissant tout le calibre primitif de la veine, ses vaisseaux se dilatent en même temps que les cloisons qui les séparent s'amincissent. Il en résulte que le tissu conjonctif qui remplit la veine est parcouru par des lacunes pleines de sang et rappelant la disposition de certains angiomes caverneux (Pitres).

Cependant la terminaison la plus commune de la thrombose veineuse est l'oblitération définitive de la veine; elle est alors transformée en un cordon fibreux.

Varices. — On donne le nom de varices à la dilatation des veines. Cette dilatation s'accompagne toujours de modifications persistantes de leur paroi. Le mot varices n'est pas absolument synonyme de phlébectasie, car la dilatation simple ou phlébectasie peut s'observer autour des tumeurs, par exemple, sans qu'il y ait de varices. En effet, si la tumeur est enlevée, les veines simplement dilatées reviennent à leur état primitif.

Les varices s'observent surtout sur les veines superficielles du membre inférieur. Pour bien voir la disposition des veines variqueuses il faut les disséquer sur toute leur longueur; on les trouve alors non seulement dilatées, mais encore allongées et formant des flexuosités bien plus nombreuses qu'on ne le croirait par l'examen sur le vivant. Le calibre de ces veines est très irrégulier; on y observe des dilatations fusiformes ou ampullaires. Leurs parois ne présentent pas partout la même épaisseur. Les valvules sont insuffisantes ; souvent elles sont réduites à des brides, elles sont aplaties contre la paroi, ou bien elles sont détruites en partie. A leur niveau, on remarque habituellement des épaississements assez considérables, sous forme de nodules. La veine montre à sa surface interne des saillies et des dépressions longitudinales. Sa paroi est épaissie par places, de telle sorte que, sur une section transversale, son calibre reste béan' comme celui d'une artère.

On observe dans les tuniques des veines variqueuses des incrustations calcaires, sous forme de plaques, de nodules ou de globes à couches concentriques. Les plaques calcaires peu étendues, sur une veine examinée à l'état frais, ne sont pas toujours visibles; mais.

LESIONS DES VEINES.

quand on l'a fait sécher, les parties calcifiées deviennent évidentes, parce qu'elles sont alors opaques et saillantes, tandis que les parties voisines sont rétractées et sont devenues transparentes.

L'infiltration calcaire se montre sous forme de globes ou de phlé- ÎDolithes proprement dits, dans les diverticules variqueux; mais on peut aussi observer une induration calcaire de la veine dans une longueur de plusieurs centimètres. Elle est alors transformée en un tube solide qui se ramifie et se continue avec des veines également wariqueuses.

Lorsque les varices sont anciennes et qu'elles ont atteint un grand «léveloppement, les veines dilatées, tortueuses, forment des sortes de tumeurs caverneuses à larges mailles. Elles y sont repliées sur elles-mêmes et confondues dans une masse de tissu conjonctif, de telle sorte qu'il est difficile, parfois même impossible de les isoler, il est également impossible de suivre par la dissection et de séparer la paroi de chacune des veines qui constituent la tumeur.

Du reste, autour de toutes les varices anciennes, le tissu cellulaire sous-cutané a subi les modifications de l'inflammation chronique; il est infiltré de liquide; il est très vasculaire et possède une consistance lardacée.

Pour faire l'élude histologique des veines variqueuses, il faut employer la méthode que nous avons indiquée à propos des artères (dessiccation, coupes dans le sens longitudinal et transversal, coloration au carmin, conservation dans la glycérine additionnée d'acide formique).

Les altérations qu'elles présentent consistent dans une hypertrophie de la tunique moyenne déterminée par la multiplication de ses éléments musculaires et surtout par une néoformation de tissu fibreux.

La tunique interne n'est pas sensiblement hypertrophiée; elle n'offre pas non plus d'habitude de végétations à sa surface interne, si ce n'est au niveau de l'implantation des valvules et lorsqu'il y a eu coagulation du sang. Cette tunique apparaît sous la forme d'une bande qui se colore légèrement par le carmin et qui possède deux ou trois rangées de novaux lenticulaires. Au-dessous, il existe un réseau élastique dont les mailles sont comblées par de larges faisceaux de tissu conjonctif, dont la direction générale est parallèle à l'axe du vaisseau. Ce sont eux qui déterminent les saillies longitudinales que l'on voit à l'œil nu sur la face interne de la veine.

Page 1