‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 159 sur 199 · ÉTUDE IIÎSTOLOGIQUE DES VEINES VARIQUEUSES · texte numérisé non relu

ÉTUDE IIÎSTOLOGIQUE DES VEINES VARIQUEUSES

A cette couche interne de la tunique moyenne, dont l'épaisseur est toujours considéral)le, succèdent des faisceaux de fibres musculaires qui, sur des coupes longitudinales de la veine, apparaissent comme des îlets formés par une série de cercles clairs, présentant à leur centre la section d'un noyau. Ces faisceaux, dans la partie externe de la tunique moyenne, ont presque tous une direction transversale, et ils s'entrecroisent à ani-le droit avec des faisceaux longitudinaux.. Ils sont habituellement séparés les uns des autres par du tissu conjonctif, de telle sorte que ce lissu se poursuit sans interruption depuis la tunique interne jusqu'à l'externe. Entre les faisceaux connectifs, on observe souvent des granulations ou des amas de granulations de pigment sanguin, ce qui montre que des globules rouges se sont infiltrés dans la paroi veineuse. L'épaisseur de la tunique moyenne ainsi modifiée est de deux à dix fois plus considérable qu'à l'état normal.

La dilatation porte non seulement sur le tronc de la veine, mais aussi sur toutes les veinules qui y arrivent et aussi sur leurs vasa vasorum. Ces derniers vaisseaux sont très flexueux, dilatés, sinueux, et leurs parois sont épaissies. Lorsque la dilatation d'une veine est très prononcée, ils peuvent eux-mêmes acquérir un diamètre très considérable au sein de la tunique moyenne et s'étendre jusqu'à sa partie la plus interne. Il arrive parfois que les vasa vasorum dilatés et flexueux forment avec la veine principale des tumeurs caverneuses très compliquées.

Les plaques calcaires des veines se développent dans la portion fibreuse et interne de la tunique moyenne : des granulations calcaires se déposent d'abord dans les faisceaux de tissu conjonctif ou entre eux ; bientôt elles grossissent, se soudent les unes aux autres pour former des plaques transparentes sillonnées de stries irrégulières opaques et granuleuses.

Le plus souvent, au lieu d'être dilatées régulièrement, les veines variqueuses sont élargies seulement en certains points de leur trajet et présentent alors des dilatations fusiformes ou sacciformes. Dans ces points, leur paroi est très amincie ; sur des coupes comprenant toute leur épaisseur on observe des modifications analogues à celles des parois artérielles dans les poches anévrysmales. La tunique musculaire a disparu plus ou moins complètement; il n'en reste plus que des îlots, et les deux tuniques interne et externe confondues constituent à elles seules la paroi de la veine^ dilatée.

Les poches variqueuses peuvent s'amincir au point de se rompre et donner lieu à des hémorrhagies.

Le tissu conjonctif induré et la peau hypertrophiée au voisinage des varices présentent les altérations histologiques du phlegmon chronique ou de l'éléphantiasis. Il s'y forme souvent de petits foyers purulents qui se réunissent et s'ouvrent en laissant une plaie ulcéreuse dont le fond, et les bords sont indurés. Ces ulcères s'agrandissent ensuite, se fondent les uns avec les autres et atteignent ainsi des dimensions considérables.

L'inflammation gagne souvent la surface des os, et elle s'y traduit par des néoformations osseuses, sous forme de stalactites qui parfois sont fort étendues.

TuxViEURS DES VEINES. — On n'observe pas de tumeurs primitives des veines, sauf les angiomes qui se développent dans leur paroi, et qui ont été décrits à la page 288.

Les tumeurs secondaires observées dans les veines sont, au contraire, communes. Souvent, lorsqu'une veine se trouve englobée par une des tumeurs dites malignes, le carcinome et le sarcome par exemple, sa paroi donne naissance au tissu morbide qui végète sous forme de bourgeons vascularisés dans le calibre du vaisseau. Ces bourgeons déterminent une gêne de la circulation et une coagulation du sang, de telle sorte qu'on les trouve compris au milieu d'un caillot. Il peut se faire aussi que des portions de ces bourgeons soient détachées et forment des embolus. Il est probable que la généralisation de certains sarcomes, des sarcomes encéphaloïdes surtout, se fait par le transport de fragments du tissu morbide, entraînés par le torrent circulatoire, qui vont se greffer dans divers organes, dans le poumon en particulier, et deviennent l'origine de tumeurs secondaires. Aussi, les tumeurs primitives des testicules, des reins, des membres, donnent-elles lieu à des métastases dans les poumons, tandis que celles-ci se produisent surtout dans le foie lorsque la tumeur a son siège primitif dans l'estomac et l'intestin. Dans le premier cas, le transport du produit métastatique s'est effectué par le système veineux général, tandis que pour le second il s'est fait par le système de la veine porte.

Ce sont les sarcomes surtout qui semblent se généraliser par métastase veineuse, tandis que les carcinomes donnent naissance à des tumeurs secondaires qui se développent presque toujours sur le trajet des vaisseaux lymphatiques.

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