RAMOLLISSEMENT CÉRÉBRAL
dissocie facilement sous un courant d'eau. On rencontre surtout, cette forme dans les infarctus qui, siégeant près de la surface du cerveau, s'enfoncent dans la substance cérébrale.
La deuxième forme est caractérisée par le ramollissement pulpeux du centre de l'infarctus; elle s'observe surtout dans la substance blanche du cerveau. Le centre de l'infarctus se ramollit de plus en plus et se transforme finalement en un liquide blanchâtre comme du lait de chaux. Ce liquide est contenu dans une cavité limitée par des parois irrégulières et tomenteuses. De ces parois partent de nombreux filaments qui flottent dans son intérieur, et qui sont constitués par les débris des vaisseaux ayant résisté à la dégénérescence. Si l'on examine les parois du foyer de ramollissement, on n'y trouve que des débris d'éléments nerveux et des corps granuleux. Les vaisseaux eux-mêmes sont couverts de granulations graisseuses; si on les lave en les agitant dans l'eau, on en débarrasse leur surface et l'on y observe les particularités suivantes :
Ils sont revenus sur eux-mêmes ou bien ils sont remplis d'une masse grenue jaunâtre ; quelquefois ils contiennent encore du sang. Leur gaine périvasculaire est dilatée, généralement d'une manière très irrégulière, et elle affecte parfois la forme d'un sac plissé. On observe dans son intérieur des cellules chargées de granulations pigmentaires et graisseuses (corps granuleux), et des cellules endothéliales adhérentes ou détachées en partie, contenant quelques granulations graisseuses.
Ces foyers de ramollissement peuvent se cicatriser par un mécanisme analogue à celui que nous avons indiqué pour les foyers apoplectiques : une partie du liquide se résorbe, les éléments de la
FiG. 272. — Un vaisseau capillaire dans le ramollissement cérébral. Il a été en partie débarrassé, avec le pinceau,- des corps granuleux qui le recouvraient, et l'on voit seulement quelques granulations graisseuses logées au pourtour des noyaux, dans la gaine périvasculaire extrêmement distendue.
névroglie qui entourent le foyer entrent en prolifération, et bientôt se trouve formée une membrane limitante plus ou moins épaisse,
dans laquelle on rencontre beaucoup de vaisseaux. Finalement, après un ou deux ans, on ne trouve plus qu'un kyste rempli d'un liquide séreux transparent, et dont la paroi ne renferme pas une quantité notable de pigment sanguin, ce qui le différencie des kystes qui succèdent aux foyers apoplectiques.
Les infarctus, qui n'intéressent que la surface des circonvolutions, présentent des modifications analogues, mais moins nettement tranchées. Ils se ramollissent et se transforment en une plaque molle, diffluente; ils présentent une coloration jaune particulière, qui pourrait faire croire à la présence de l'hématoïdine , quoiqu'on n'en trouve aucune trace. Un simple filet d'eau suffit pour dissocier complètement ces plaques jaunes. Elles sont quelquefois très étendues ; on en a vu qui occupaient toute la surface d'un lobe cérébral.
D'autres fois, ces infarctus se dessèchent, s'affaissent et constituent des plaques qui, au premier abord, paraissent dures. Leur résistance n'est qu'apparente, car, ainsi que les premières, elles se laissent désintégrer par un filet d'eau. Les circonvolutions cérébrales atteintes de cette lésion sont simplement ridées, aplaties et jaunâtres, mais leur forme générale n'est pas modifiée.
Ramollissement par athérome et par thrombose artérielle. — Il est ordinairement le résultat de l'altération athéromateuse des vaisseaux, altération qui débute le plus souvent par les artères de la base du cerveau. L'endartérite produit un rétrécissement du calibre de ces vaisseaux, et alors la stase sanguine qui en est la suite détermine la nécrose des éléments nerveux. Quelquefois aussi les irrégularités de la surface interne des canaux artériels athéromateux provoquent la formation de caillots qui les oblitèrent. C'est ce qui arrive, par exemple, lorsqu'à la suite d'une endartérite aiguë ou chronique de l'une des artères de la base du crâne, de l'artère sylvienne en particulier, des bourgeons proéminent dans son intérieur. Ces bourgeons peuvent devenir le point de départ de la formation d'un caillot dans le vaisseau qu'ils obstruaient d'abord en partie seulement. Les lésions de la pulpe cérébrale sont identiques à celles qui sont produites par une embolie.
Ces infarctus par thrombose déterminent un ramollissement de couleur rosée, quand la lésion est récenle; des plaques jaunes , molles ou dures, desséchées et affaissées, quand elle est plus ancienne. Lorsque cette altération a atteint les circonvolutions et re-