ENCÉPHALITE
monte à plusieurs mois, celles-ci sont atrophiées à un très haut degré, mais leur forme générale est conservée. La pie-mère est œdématiée à leur niveau et remplit ainsi la perte de substance causée par ratrophie.
Dans les parties centrales du cerveau, l'infarctus lié à l'athérome, comme l'infarctus embolique, se ramollit et il s'y forme un liquide analogue à du lait de chaux. Les lésions histologiques sont les mêmes dans les deux cas.
Encéphalite. — L'encéphalite, ou inflammation du cerveau, est <1iffuse ou circonscrite : cette dernière forme se rapporte aux abcès du cerveau.
Tantôt la substance cérébrale est rouge ; telle est l'altération décrite sous le nom de ramollissement rouge inflammatoire par les auteurs, surtout par Rostan et Andral; tantôt elle est jaune à cause de l'abondance des globules purulents : tel est le ramollissement blanc ou jaune des auteurs.
Bouchard et Hayem ont étudié expérimentalement le processus histologique de l'inflammation du cerveau. Pour cela ils ont irrité directement la pulpe cérébrale au moyen de corps étrangers et de substances chimiques. Ils ont reconnu ainsi que, dans le ramollissement inflammatoire, il existe une prolifération des éléments cellulaires de la névroglie. Il est néanmoins très probable qu'une partie des éléments cellulaires nouveaux ne sont autres que des globules blancs sortis des vaisseaux. En effet, ils se montrent surtout dans la gaine périvasculaire et ils constituent dans la substance nerveuse des amas plus ou moins volumineux. En même temps les éléments nerveux subissent la dégénérescence graisseuse.
On observe les mêmes lésions dans l'inflammation aiguë primitive qui détermine soit des abcès, soit le ramollissement de la pulpe cérébrale.
Le ramollissement inflammatoire peut être jaune, blanchâtre, ou rouge; lorsqu'il est rouge, cela tient à ce qu'il s'est fait des hémorrhagies dans les gaines périvasculaires ou à ce que la congestion est très marquée.
L'inflammation du cerveau peut être subaiguë.
C'est une encéphalite de cette espèce qui s'observe à la surface des circonvolutions dans la méninoite tuberculeuse et dans la méningo-encéphalite diffuse (paralysie générale des aliénés^.
Dans la tuberciilisation des méninges, la surface des circonvolutions, surtout à la base du cerveau, est le siège d'une congestion assez vive avec prolifération de la névrogiie ; le ramollissement de la substance cérébrale en est la conséquence.
La méningo-encéphalite diffuse est caractérisée par plusieurs lésions.
D'abord la pie-mère et les vaisseaux de cette membrane qui s'enfoncent dans la substance grise sont épaissis, en raison de l'augmentation du nombre de leurs éléments. Aussi, quand on enlève la piemère, elle se détache dificilement du cerveau et elle entraîne avec elle des parcelles de la substance grise qui adhèrent aux parois des vaisseaux. Comme ceux-ci sont le siège de congestions fréquentes, on trouve dans leur gaine périvasculaire du pigment rouge ou jaune qui résulte de la destruction des globules rouges épanchés dans cette gaine. Enfin, le tissu du cerveau présente des altérations consistant dans la multiplication des éléments de la névrogiie, dans la dégénérescence des éléments nerveux et le ramollissement de la substance grise. Ces lésions sont bornées à la couche corticale des circonvolutions, qui peut être enlevée facilement par le raclage; la substance blanche apparaît ferme et nette au-dessous d'elle. Cette substance a même été considérée comme plus dense qu'à l'état normal, ce qui serait dû à un épaississement de la névrogiie. Toute la surface du cerveau est atteinte de la même façon, et la membrane de l'épendyme qui tapisse les ventricules est aussi altérée et épaissie. ïl existe même assez souvent alors de fines granulations transparentes, visibles à l'œil nu et saillantes à la surface de l'épendyme des ventricules, surtout dans le quatrième. Ces granulations sont constituées par des éléments embryonnaires, et parcourues par des vaisseaux capillaires peu nombreux.
Les cellules nerveuses présentent une série de lésions successives qui ont été décrites par Meschede; elles deviennent granuleuses, puis se pigmentent et s'atrophient.
Virchow a décrit sous le nom d'encéphalite diffuse congénitale un état particulier du cerveau chez les enfants nouveau-nés : les cellules de la névrogiie, proliférées d'abord, subiraient la dégénérescence graisseuse. Les éléments nerveux deviendraient également granuleux. Il en résulterait une production abondante de corps granuleux, et un véritable ramollissement auquel des hémorrhagies capillaires donneraient une couleur rosée ou rouge. Mais ces faits sont peu con-