ENCÉPHALITE CIIKONIQUE OU SCLÉROSE
cluants et paraissent n'être rien autre chose qu'un état fœtal normal du cerveau. Chez les enfants nouveau-nés, en effet, de même qu(! chez les vieillards, les vaisseaux du cerveau présentent des corps granuleux à leur surface et dans leur gaine périvasculaire. Chez les enfants dont la nutrition générale se fait mal, ces corps granuleux sont beaucoup plus abondants que de coutume, ainsi que Parrot l'a observé.
Abcès du cerveau. — Les abcès du cerveau se rencontrent dans l'infection purulente, quelle que soit sa cause, et à la suile des traumalismes du crâne.
Ils peuvent survenir consécutivement à F'ostéite et à la nécrose des os du crâne, notamment dans les ostéites tuberculeuses du rocher et dans les nécroses syphilitiques du frontal. Ces' abcès sont en contmuité avec le foyer purulent de l'os malade, ou bien ils se sont développés isolément auprès du foyer dont ils restent séparés; la dure-mère peut, par exemple, rester intacte entre le foyer purulent et l'os malade.
Ordinairement peu volumineux, ces abcès, qui se sont formés d'après le même mécanisme que dans les autres organes, sont uniques ou disséminés en grand nombre dans la pulpe cérébrale. Jls sont caractérisés par un liquide jaune, quelquefois filant et visqueux, renfermant un grand nombre d'éléments cellulaires, et contenu dans une cavité à parois tomenteuses et irrégulières. Ce liquide contient de la mucine précipitable par l'acide acétique. Des éléments du tissu conjonctif peuvent se former dans la paroi de ces abcès qui alors devient fibreuse. Tantôt, en augmentant de volume, ils s'ouvrent dans la cavité arachnoïdienne ou dans un des ventricules, tantôt ils restent à l'état de kystes purulents dans riniérieur du cerveau.
Encéphalite chronique ou sclérose. — Souvent primitive dans le cerveau, cette lésion peut également succéder à une altération analogue qui a débuté dans la moelle. On est fondé à admettre deux périodes ou degrés distincts dans son évolution.
Dans le premier degré, la multiplication rapide des éléments de la névroglie donne au tissu cérébral une consistance molle, presque gélatineuse, analogue à celle de tous les tissus composés d'éléments embryonnaires.
Le deuxième degré est remarquable par l'atrophie des éléments
nouveaux, et par le développement autour d'eux d'une multitude de fibrilles, qui sont extrêmement fines et entrecroisées dans tous les sens. Aussi le tissu cérébral est-il alors dur, résistant; et si l'on examine avec un fort grossissement une coupe mince de cette partie altérée, on y observe des fibrilles formant un véritable chevelu ; entre ces fibrilles, il existe des éléments nerveux atrophiés et de petites cellules à noyau rond ou ovalaire. On peut trouver dans un même cerveau ces deux degrés différents de la même lésion.
La sclérose idiopathique du cerveau et du cervelet se rencontre chez les idiots, les crétins, et quelquefois chez les épileptiques ; l'altération est le plus souvent alors localisée. Duguet a rassemblé trois faits de sclérose localisée du cervelet, chez des épileptiques observées à la Salpètrière.
Quand la lésion occupe plusieurs circonvolutions cérébrales, on peut en trouver qui sont turgides, semi-transparentes, molles et gélatineuses; d'autres, au contraire, sont petites, à peine saillantes, et tellement dures que l'ongle peut à peine les entamer; de telle sorte qu'on a, réunis dans le même cerveau, les divers degrés de la sclérose.
Au début, les cellules nerveuses paraissent absolument privées de pigment et transparentes, un peu atrophiées, bien qu'elles aient conservé leur forme anguleuse. Lorsque, la lésion étant ancienne, le tissu est très dur, les éléments nerveux, cellules et tubes, sont presque tous atrophiés ; quelquefois ils ont complètement disparu.
Dans les scléroses, il existe presque constamment à la surface des circonvolutions atrophiées et dans leur masse une grande quantité de corpuscules amyloïdes disséminés.
Enfin on peut rapprocher de ces scléroses les lésions du cerveau développées autour des tumeurs cérébrales et surtout autour des gros tubercules. Ces lésions sont caractérisées par une formation nouvelle de tissu conjonctif iibrillaire dont l'épaisseur est quelquefois considérable.
Tumeurs du cerveau. — Sarcomes. — Dans le cerveau, de même que dans les méninges, les sarcomes se présentent sous deux formes distinctes : les sarcomes névrogliques et les sarcomes angiolithiques (voyez pages 165 et 166).
Fibromes. — Les fibromes du cerveau sont rares; nous avons pu en étudier un qui siégeait dans la substance blanchu du pédoncule cérébral droit et qui présentait le volume d'une noisette. Il était