‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 180 sur 199 · TUBERCULES DU CERVEAU · texte numérisé non relu

TUBERCULES DU CERVEAU

extrêmement dur et compos('. de fibrilles fines, ondulées et de petites cellules possédant un noyau.

Un lipome, dont une partie était ossifiée, a été observé dans le cerveau par Benjamin.

Les carcinomes sont rares dans le cerveau ; on a presque toujours confondu les sarcomes avec eux.

Nous avons observé un papillome de volume très considérable, implanté sur l'épendyme du troisième ventricule et faisant saillie dans les ventricules latéraux par les trous de Monro. Cette masse bourgeonnante, gorgée d'un suc laiteux, entourée d'un tissu cérébral l'amolli, aurait pu être prise pour un carcinome. Elle était composée de bourgeons en forme de choux-fleurs formés par des vaisseaux plus ou moins dilatés, recouverts de cellules pavimenteuses. Ce sont ces dernières qui, desquamées, donnaient au liquide son apparence laiteuse.

Tubercules. — Les tubercules du cerveau sont des tumeurs dont l'apparence extérieure est analogue à celle des sarcomes. Au lieu d'être petits comme les tubercules des autres organes, ils peuvent atteindre depuis le volume d'un pois jusqu'à celui du poing.

Leurs caractères macroscopiques sont ordinairement assez tranchés. Ces tubercules sont durs, compactes, et font tellement corps

FiG. 273. — Section d'un vaisseau situé dans un tubercule du cerTeau. La lumière vasculaire C est remplie par de la fibriue granuleuse; B, globules blancs contenus dans le vaisseau et rangés à sj surface interne; A, éléments cellulaires contenus dans la gaine périvasculaire. — Grossissement de 300 diamètres.

avec le tissu du cerveau qu'on ne peut les énucléer sans difficulté. Si on les divise ainsi que le tissu voisin, on remarque que leur centre est jaune, et que leur couche périphérique est grise, demi-transparente, et se continue directement avec le tissu cérébral. L;i partie

du cerveau qui entoure le tubercule présente tous les degrés d'une prolifération active de la névroglie ; elle contient de grosses cellules à plusieurs noyaux et possède des vaisseaux atteints d'altérations tuberculeuses. En effet, si l'on examine au microscope un vaisseau qui du cerveau se rend à la masse tuberculeuse, on trouve sa gaine périvasculaire remplie d'une grande quantité d'éléments embryonnaires, et cela quand le vaisseau est encore contenu au milieu des éléments nerveux normaux. Au moment où il pénètre dans la zone grise et demi-transparente du tubercule, sa gaine se dilate brusquement et paraît triplée de volume. Arrivé dans la zone caséeuse du tubercule, il se confond avec elle.

Pendant tout leur trajet dans la masse tuberculeuse, les vaisseaux sont oblitérés par de la fibrine.

Si les masses tuberculeuses du cerveau paraissent au premier abord constituées par une tumeur unique, nous devons dire que bien souvent on peut voir à leur périphérie des granulations tuberculeuses qui sont isolées ou groupées.

Lorsqu'on étudie ces tubercules cérébraux sur des coupes minces faites après leur durcissement dans l'alcool ou l'acide chromique, on y reconnaît les mêmes caractères et les mêmes détails de structure que dans les tubercules de tous les organes : cellules petites, unies par une substance granuleuse, vaisseaux oblitérés par la fibrine, dégénérescence granuleuse des éléments de la partie centrale de la tumeur, etc.

Gommes syphilitiques. — Tandis que les gommes de la duremère sont communes, celles de la substance cérébrale sont très rares. Elles s'y présentent avec tous les caractères qui ont été décrits plus haut à propos des gommes en général. Leur volume varie d'un petit pois à une noix ; elles peuvent être multiples. Elles siègent dans les hémisphères, dans la protubérance et dans le cervelet. Leur forme est généralement anguleuse. Lorsqu'on les divise, on reconnaît qu'elles sont constituées par deux zones : l'une centrale, opaque, jaunâtre, caséeuse et dure; l'autre périphérique, grise et semi-transparente, qui se confond avec le tissu cérébral voisin atteint d'encéphalite secondaire. Les éléments cellulaires du centre de la gomme sont petits et en dégénérescence graisseuse, et les vaisseaux y sont partiellement oblitérés. Dans la zone semi- transparente, on trouve, au miheu d'un tissu embryonnaire composé de petites cellules

KYSTES DU ci:rvi:au. 705

rondes, des cellules rameuses (cellules de Deiters) et des vaisseaux sanguins dont la gaine pcrivasculaii-e est remplie de cellules lymphatiques.

Névromes. — Des névromes médullaires, c'est-à-dire composés par des cellules nerveuses et de la névroglie, ont été vus à la surface du cerveau (voyez page 279).

Kystes. — Ceux-ci se développent surtout dans les plexus cho-roïdes. Ils sont séreux et transparents.

CORNIL ET RANVIEB

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