MAL DE POTT
des observations de pachyméningitc caséeuse lice au mal de Potl, la maladie doit être attribuée à une inlillration tuberculeuse de la duremère.
Consécutivement à ces lésions des vertèbres, de la dure-mère, de l'arachnoïde et de la pie-mère, la moelle et les nerfs rachidiens sont altérés à un degré variable. La moelle échappe cependant quelquefois à l'altération. Les modifications pathologiques de la moelle et des nerfs rachidiens ne reconnaissent pas seulement comme cause la compression, mais surtout l'inflammation qui s'y propage.
La moelle est souvent ramollie; elle est diffluente ou convertie en un cordon atrophié, jaunâtre, dans lequel les cornes grises et les faisceaux blancs ne sont plus distincts à simple vue. Dans tous les cas elle est infiltrée de nombreux corps granuleux. Nous étudierons, avec les myélites chroniques, ces lésions qui s'accompagnont de phénomènes douloureux, de paraplégie et de dégénérescences ascendantes et descendantes des cordons postérieurs et antérieurs.
Michaud et Charcot citent une observation dans laquelle un malade, paralytique d'abord, à la suite d'un mal de Pott, avait guéri de sa paraplégie au point de pouvoir marcher. L'autopsie montra une atrophie partielle de la moelle réduite au cinquième de son volume normal et une sclérose de la substance blanche ; il ne restait qu'une des deux cornes antérieures. Les fibres nerveuses conservées ne présentaient pas d'altération. Ils ont supposé que ces fibres nerveuses étaient des tubes nerveux régénérés; mais cela n'est pas prouvé.
On pourrait penser que la moelle, remplie d'abord de produits de dégénération, tels que les corps granuleux, et rendue impropre à ses fonctions par leur présence, reprend son activité lorsque les produits inflammatoires ont été résorbés.
Masius et van Lair ont constaté la régénération de la moelle et le retour de ses fonctions chez les grenouilles, non seulement après une simple section, mais aussi après l'ablation d'un segment de cet organe. Dans le tissu grisâtre intei^osé, au bout de quelques mois, aux deux fragments de la moelle coupée, ils ont trouvé des cellules bipolaires et à prolongements multiples, qu'ils ont regardées comme des cellules nerveuses et des fibres qu'ils ont décrites comme étant des fibres de Remak. Si les expériences sur la grenouille ont donné des résultats positifs, celles qui ont porté sur les mammifères ont 5té jusqu'ici négatives. A plus forte raison ne peut on encore se probités que nous avions regardées comme des sections de lymphatiques n'étaient autres que des amas de cellules épithélioïdcs et géantes, telles qu'on en trouve dans les tubercules.
noncer sur la régénération des éléments nerveux de la moelle, chez l'homme, dans les atrophies consécutives à la myélite du mal vertébral de Pott.
La méningite spinale chronique f caractérisée par un épaississement plus ou moins considérable de la pie-mère et par des adhérences des deux feuillets de l'arachnoïde, s'observe consécutivement aux affections chroniques de la moelle épinière, ramollissements ou scléroses. C'est ainsi que dans les scléroses des cordons postérieurs ou latéraux la pie-mère est chroniquement enflammée au niveau des parties malades de la moelle.
Chez les vieillards, on trouve, très souvent, comme par hasard, à l'ouverture de la moelle, des plaques fibreuses ou calcaires de l'arachnoïde, siégeant surtout à la partie inférieure et postérieure de la moelle ou au niveau de la queue de cheval. C'est le plus souvent le feuillet viscéral de l'arachnoïde qui en est atteint. Ces plaques d'étendue variable, ayant de 4/2 à 2 centimètres dans leur plus grand diamètre, plus ou moins nombreuses, sont constituées par du tissu fibreux habituellement calcifié. Elles sont un peu transparentes et ressemblent à du tissu cartilagineux. Cependant elles ne contiennent jamais de cellules de cartilage. Elles ont quelquefois subi une sorte d'ossification, c'est-à-dire qu'elles présentent, au milieu du tissu conjonctif calcifié, des cavités munies de prolongements canaliculés, renfermant une petite cellule allongée; de telle sorte qu'on croirait avoir affaire à des corpuscules osseux. Mais ce tissu n'est pas vascularisé et ne possède pas de canaux de Havers.
D'après deux observations, l'une de Jaccoud, l'autre de Vulpian,, ces plaques paraissent avoir produit des accidents que l'on a rattachés à la compression des racines rachidiennes. Mais dans la très grande majorité des autopsies où on les a trouvées, elles n'avaient déterminé pendant la vie aucun symptôme appréciable.
§ 3. — Histologie pathologique de lu moelle épinière.
Les récents et nombreux travaux relatifs à la moelle épinière ont élucidé une série de maladies du système nerveux qui jusque-là étaient restées obscures, ou que l'on considérait comme de simples névroses. Les lésions pathologiques et leurs rapporls avec les symptômes observés sont mieux connus dans la moelle que dans le cer-