ÉPITHÉLIUM GLANDULAIRE
fitant du procédé de Rccklinghauscii poiii- déceler les épithéliums délicats, sont arrivés à démontrer que la membrane des capillaires est en réalité constituée par des cellules épithéliales à chacune desquelles correspond un des noyaux du capillaire. Si Ton ne voit pas ces cellules par le procédé ordinaire, c'est qu'elles sont tellement
FiG. 25. —Vaisseaux capillaires chez différentes espèces animales dont les cellules endothéliales sont limitées par l'imprégnation d'argent. (Figure empruntée à Eberth.)
plates et soudées si intimement, qu'on ne peut distinguer leurs limites. Cependant, sous l'influence d'une irritation inflammatoire, elles deviennent turgides et se séparent de leurs voisines.
L'épithélium des capiflaires se continue sur les artères et sur les veines, sans aucune ligne de démarcation. Nous reviendrons plus loin sur ces vaisseaux à propos de leurs altérations.
Bien avant qu'on ait signalé la présence d'un épithélium sur les
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capillaires sanguins, Recklinghausen et His avaient déjà vu que les capillaires lymphatiques sont tapissés par un épithélium formé de cellules aplaties.
Le premier de ces auteurs a constaté que des particules solides passent facilement des cavités séreuses dans les vaisseaux lymphatiques. Il put l'observer directement sur la face péritonéale du
Fi'-. 50.
Vaisseaux capillaires du poumon do la grenouille imprégne's d'argent par injection. (Figure empruntée à Eberth.)
centre pfiénique du lapin. Plus tard, Ludwig et Schwe'igger-Seidel, en étudiant, à l'aide de l'imprégnation d'argent, l'épithélium qui recouvre cette surface, reconnurent qu'elle présente entre les cellules de revêtement des stomates, c'est-à-dire des ouvertures extrêmement petites, qui établiraient une communication entre la cavité péritonéale et les lymphatiques contenus dans les fentes intertendineuses. En réalité, il existe entre ces lymphatiques et la surface du péritoine, de larges ouvertures qui sont obstruées le plus souvent par des cellules petites, mobiles les unes sur les autres, qui peuvent être facilement détachées et qui laissent alors une communication ouverte à la lymphe contenue dans la cavité péritonéale (puits lymphatiques).
Les lymphatiques contenus dans les fentes intertendineuses, de même que les lymphatiques qui rampent à la surface pleurale du diaphragme, de même que les capillaires lymphatiques des autres organes, ont une structure simple qui rappelle celle des capillaires sanguins. L'endothélium qui les revêt à l'intérieur est constitué par
ÉPITIIÉLIUM GLANnULAIRE. ^^
des cellules dont la forme est spéciale. Leur bord présente des dentelures mousses engrenées avec celles des cellidcs voisines.
Les troncs lymphatiques, plus volumineux, ont um structure beaucoup plus complexe qui les rapproche des veines du môme calibre.
ÉPITIIÉLIUM GLANDULAIRE. — L'épithélium glandulaire revêt la face interne des conduits et des culs-de-sac des glandes.
C'est dans l'intérieur des cellules épithéliales qui tapissent les culsde-sac glandulaires que s'élaborent les substances spéciales à chaque espèce de glandes. Ainsi, les cellules épithéliales des glandes muqueuses contiennent du mucus ; les cellules du pancréas contiennent tous les éléments du suc pancréatique ; les cellules des glandes de l'estomac contiennent de la pepsine, etc.
Il n'est pas nécessaire que les cellules glandulaires soient détruites pour que le produit de leur sécrétion soit mis en liberté, comme Kôlliker et Heidenhain l'ont soutenu à tort.
En effet, si nous considérons les glandes les plus simples, les glandes unicellulaires muqueuses, les cellules caliciforines qui se trouvent disposées au milieu des autres cellules cylindriques dans les villosités intestinales ou sur la muqueuse bronchique ou sur les plis de l'estomac, il nous paraîtra évident que les cellules qui sont plus ou moins ouvertes à la surface, y déversent le liquide qu'elles contiennent au fur et à mesure de sa production dans leur intérieur.
Il se passe des phénomènes analogues lors de la sécrétion des glandes muqueuses complexes sur lesquelles on a pu expérimenter, par exemple sur la glande sous-maxillaire du chien. Lorsqu'on a, pendant plusieurs heures, déterminé une abondante sécrétion de cette glande par l'excitation de la corde du tympan, les acini, au lieu d'être remplis de cellules transparentes chargées de mucus, contiennent de petites cellules granuleuses. Celles-ci ne sont autre chose, ainsi qu'on peut l'apprécier en examinant toutes les formes intermédiaires entre elles et les cellules muqueuses, que le noyau et le protoplasma de ces dernières, qui ont subi une hypertrophie en raison de l'irritation sécrétoire à laquelle ils ont été soumis
Relativement à leur forme générale, les glandes peuvent être divisées en :
i" Tubuleuses, c'est-à-dire formées par un tube simple tel que la portion sécrétante de la glande se continue directement avec le con-
duit excréteur. Elles sont rectilignes, et alors tapissées d'épithélium cylindrique (glandes de Lieberkûhn, glandes muqueuses de l'estomac, du corps de l'utérus, etc.), ou enroulées, et alors tapissées par un épithélium pavimenteux (glandes sudoripares, rein).
2° Acineuses, c'est-à-dire formées de culs-de-sac plus ou moins nombreux qui viennent s'ouvrir dans un conduit excréteur commun. Les culs-de-sac et le conduit excréteur sont tapissés par un épithélium pavimenteux : telles sont les glandes sébacées et la mamelle. Ailleurs les culs-de-sac sont tapissés par des cellules épithéliales en forme de pyramide, et les conduits par un épithélium cylindrique à une seule couche : telles sont les glandes salivaires, celles de Brunner, les glandes trachéales, laryngiennes et le pancréas. Nous reviendrons, dans la partie pathologique, sur la structure du foie et des organes lymphoïdes. Ces derniers, qu'on a cherché à rattacher à des glandes, en diffèrent par tant de points qu'il est nécessaire de leur réserver une place à part.