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CHAPITRE III

LYMPHES, SANG, PLASMA

La lymphe et le sang ne constituent pas, à proprement parler, des tissus, bien que souvent on les considère comme tels. Ils forment avec les plasmas le milieu intérieur dans lequel vivent les éléments de nos organes.

C'est ainsi que le sang, chassé par le cœur jusque dans les vaisseaux capillaires, laissera échapper à travers les parois de ces vaisseaux une partie de son plasma, suivant que la tension sanguine sera plus ou moins considérable. Les éléments figurés que contient le sang peuvent, dans certaines conditions et même à l'état physiologique, traverser les tuniques vasculaires et se répandre, avec la partie plasmatique du sang, dans les mailles des tissus avoisinants. Ces mailles, qui, le plus souvent, sont une dépendance du système conjonctif, reçoivent un plasma riche en matières nutritives et chargé d'oxygène.

Dans ce plasma qui baigne les éléments essentiels de l'organisme, ceux-ci puisent les matériaux nécessaires à leur nutrition et à leurs fonctions, et ils y rejettent leur déchet. Il est nécessaire que ce plasma soit incessamment renouvelé, aussi est-il enlevé par les lymphatiques pendant qu'il en arrive sans cesse de nouveau à travers les parois des vaisseaux sanguins. Pour donner une idée de ce mécanisme, il convient de considérer la circulation des liquides dans une grande cavité séreuse, le péritoine par exemple. On sait que cette cavité contient à l'état physiologique un liquide qui en lubrifie la surface, ainsi que celle des organes contenus dans son intérieur. Ce liquide provient du sang dont le plasma traverse les parois des capillaires et du feuillet séreux qui les recouvre. Il est riche en albumine, contient de la fibrine et en outre des cellules lymphatiques et quelques globules rouges du sang. Entre la cavité séreuse et le système lymphatique il existe de larges communications (voy. p. 44), de telle sorte qu'il y a dans le péritoine une circulation de plasma très lente, mais qui

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permet réchange des matières nécessaires à la vie des éléments histologiques. D'après cela les cavités séreuses pourraient être considérées comme une dépendance du système lymphatique.

Le tissu conjonctif des organes présente des mailles dans lesquelles sont compris des éléments spéciaux des tissus (faisceaux musculaires, fibres nerveuses, culs-de-sac glandulaires, etc.). Ces mailles, qui sont les analogues d'une cavité séreuse, reçoivent le plasma et l'abandonnent aux vaisseaux lymphatiques avec lesquels elles sont en rapport.

Dans ce vaste système des plasmas qui comprend le système sanguin, le système lymphatique, le tissu conjonctif, il y a lieu de considérer le sang, la lymphe et le plasma proprement dit.

Sang. — Les éléments morphologiques du sang à l'état normal sont les globules rouges et les globules blancs ; on peut aussi y reconnaître au microscope des granules élémentaires, qui nagent dans le sérum, et, lorsque le sang est coagulé, un réticulum de fibrine. Le sang donne naissance à des cristaux qui s'y forment spontanément ou qu'on peut produire à l'aide de procédés simples.

Pour étudier au microscope le sang humain à l'état normal et dans les maladies, on en fait sortir une gouttelette par une piqûre pratiquée à l'extrémité du doigt après y avoir placé une ligature circu- • laire. La lame de verre sur laquelle on recueille le sang doit être une glace bien plane. Pour compenser la dessiccation qui se fait assez vite sur les bords de la gouttelette, on souffle sur la lame de façon à y déposer une très légère buée. On la recouvre d'un verre mince et le sang se répand alors d'une manière uniforme entre les deux lames, pourvu que la goutte de sang, en s'étendant, ne remplisse pas complètement tout l'espace capillaire compris entre la lame de glace et la lamelle à recouvrir.

Dans une préparation ainsi obtenue, lorsque l'examen est fait tièsrapidement, les globules rouges sont séparés les uns des autres d'une manière très-régulière ou forment des groupes mal indiqués ; mais bientôt ils se réunissent, s'appliquent par leurs faces et s'accolent en séries qu'on a comparées à des piles de monnaie. Entre ces piles de globules rouges se trouvent le sérum, les granulations élémentaires et les globules blancs.

Les globules rouges de l'homme sont des disques légèrement déprimés à leur centre; quand ils se présentent de profil, ils ont la forme

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