‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 22 sur 199 · GLOBULES BLANCS · texte numérisé non relu

GLOBULES BLANCS

vomissements noirs ou mélaniques et de la coloratioû brune des ecchymoses de l'estomac.

Lorsque le sang séjourne au milieu des tissus, on trouve à côté do l'hématine une autre substance que Ton n'est pas ariivé à faire artificiellement et dont on ne connaît pas la composition ; elle est connue sous le nom dliématoïdine et se montre sous la forme de granulations ou de rhomboèdres d'un beau rouge orangé, tellement intense qu'il est encore puissant avec des grossissements considérables. C'est surtout dans les foyers hémorrhagiques enkystés, notamment ceux du cerveau, qu'on rencontre les plus beaux spécimens de ces cristaux.

Les globules blancs, observés d'après la méthode précédemment indiquée, se montrent comme des corps sphériques ou à contour irrégulier; ils ont un aspect granuleux, ce qui leur donne au microscope une teinte grise ; quelques-uns d'entre eux contiennent même un nombre variable de granulations graisseuses.

Quand on les observe à une température supérieure à 20", on voit apparaître sur leurs bords des prolongements de forme variable, mais qui n'ont jamais une aussi grande longueur que ceux que l'on observe à la température du corps entre 36 et 39". Chez les grenouilles et les autres animaux à sang froid, on peut observer les prolonge-

Fie. 27. Globules du pus : a, vus clans un liquide neutre] 6, vus après l'action de l'eau ou dans l'acide

acétique ; c, globules vivants présentant des mouvements amiboïdes.

ments amiboïdes à la température ambiante. Ils sont très-peu marqués au moment où le sang, extrait des vaisseaux, est soumis à l'examen; mais ils s'accusent de plus en plus à mesure que l'observation se poursuit. Ils changent de forme, donnent naissance à des prolongements secondaires, reviennent sur eux-mêmes et constituent des pseudopodes, à l'aide desquels le globule blanc tout entier suit un mouvement de reptation d'une extrême lenteur, et que souvent on ne peut reconnaître qu'avec une très-grande attention (voy. p. 4). Les globules blancs possèdent encore la propriété de

GÉNÉRALITÉS SUR l'hISTOLOGIE NORMALE.

saisir les corpuscules qui les entourenl et de les faire pénétrer dans leur intérieur. On peut observer directement ce phénomène au microscope en mélangeant à une goutte de sang de grenouille du carmin granuleux ou du vermillon, etc. Cette absorption des particules solides par les globules blancs peut avoir lieu au sein de l'organisme.

Bz ;/

FiG. 28. — A, B, cellule lymphatique du sang de l'oxolotl examiné vivant. — A, cellule au début de l'observation ; c, protoplasma avec ses prolongements amiboïdes ; n, noyau étrangle' en e; n' nucléoles. B, la même cellule observée au bout de vingt minutes. Le noyau s'est renflé à son milieu et présente des bourgeons, 6, b' . G, globule blanc de l'oxolotl traité par l'alcool au tiers ; p, noyau avec ses bourgeons n, n.

Pour la constater on injecte dans le système vasculaire d'une grenouille ou d'un animal à sang chaud, du vermillon finement broyé, du bleu d'aniline précipité par l'eau de sa solution alcoolique, ou toute autre matière colorée solide, en grains ne dépassant pas 5 p., et l'on examine le sang de l'animal quelques minutes après l'injection. Les globules blancs présentent alors dans leur intérieur des grains de la substance injectée. Une heure plus tard, les globules blancs se montrent avec les mêmes caractères et, en outre, on ne trouve p!us de granulations colorées libres dans le plasma. Les globules rouges n'absorbent jamais ces granulations colorées.

Les propriétés que possèdent les globules blancs de se mouvoir et d'absorber les particules solides lorsqu'ils sont extraits de l'organisme montrent qu'ils vivent encore, bien que les conditions de leur existence paraissent changées. Ces manifestations vitales des globules blancs peuvent se prolonger très-longtemps, lorsque l'on conserve le sang à l'abi'i des germes dans un milieu convenable, ainsi que l'a fuit Recklinghausen. Nous avons répété l'expérience de Recklinghausen en nous plaçant exactement dans les mêmes conditions. Au

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bout de vingi-dcux jours, les globules blancs du sang de la grenouille présentaient encore leurs diverses propriétés. Cette expérience n'a pas été faite pour le sang des animaux à sang chaud, parce que chez eux les globules blancs ne continuent à vivre que si l'on maintient leur température à un degré convenable, ce qui est difficile à réaliser en remplissant toutes les conditions de l'expérience.

Les globules blancs sont beaucoup moins nombreux que les rouges. Chez l'homme en bonne santé, on compte un globule blanc pour trois ou quatre cents globules rouges. Cette numération est difficile ; aussi, pour arriver à connaître la proportion physiologique des globules blancs et surtout pour en étudier les variations, ce qui se fait souvent en clinique, il est bon d'avoir recours à une méthode rapide. Elle consiste à compter le nombre des globules blancs contenus dans le champ du microscope avec un objectif et un oculaire déterminés. Avec l'oculaire 1 et l'objectif 6 de Yerick, l'oculaire 2 et l'objectif 7 de Hartnack, l'oculaire 1 et l'objectif 3 de Nachet, on observe dans le champ du microscope en moyenne trois globules blancs sur une préparation faite comme il a été dit plus haut.

Les globules blancs peuvent être facilement isolés des globules rouges; pour cela il suffit d'ajouter une goutte d'eau sur un des bords de la lamelle à recouvrir. Le liquide pénètre par capillarité, entraîne les globules rouges sans enlever les globules blancs qui restent fixés sur la lame de verre, en raison de la propriété qu'ils possèdent d'adhérer aux parois du verre comme ils adhèrent à la paroi des vaisseaux vivants dans la circulation normale du sang.

Après l'action de l'eau, les globules blancs présentent de nouveaux caractères. Sous son influence, ils deviennent sphériques, transparents, et dans leur intérieur apparaissent un ou plusieurs noyaux.

La fibrine n'existe pas toute formée dans le sang, comme on l'admettait avant les recherches de Denis. L'opinion de Denis a été reprise et transformée ces dernières années par A. Schmidt. La théorie de Schmidt est celle qui règne aujourd'hui dans la science, bien qu'elle ne soit encore qu'une simple hypothèse. Cet auteur admet qu'il y a dans le sang, à côté de l'albumine, deux autres substances albuminoïdes, la substance fibrinogène et la tibrinoplastique, et qu'une quantité extrêmement faible de substance fibrinoplastique suffit pour transformer en fibrine une grande masse de substance fibrinogène. La substance fibrinoplastique existe dans les globules rouges du sang, et la substance fibrinogène se trouve dans le plasmn.

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Schmidt., Kûhne et d'autres auteurs ont décrit des méthodes pour extraire du sang les deux substances, mais ils ne disent pas si l'on produit de la fibrine en les mélangeant. Ce que l'on sait d'une façon indubitable, c'est que des globules rouges du sang ajoutés à certains exsudats liquides, celui de la pleurésie par exemple, y déterminent la formation de la fibrine.

Lorsque, dans une saignée, le sang est reçu dans un vase, il se prend en masse au bout de quelques instants. Le caillot représente d'abord exactement le volume du sang recueilli, sans changement dans l'aspect de celui-ci, de sorte qu'on ne s'aperçoit de la coagulation qu'en imprimant des mouvements au vase qui le contient. Mais, au bout de quelques heures, le caillot revient sur lui-même, se condense en abandonnant autour de lui une certaine quantité de sérum citrin ou légèrement rosé; on peut dire alors que le caillot a perd a une partie de son eau de coagulation. Dans le cas où la formation du caillot est lente, comme cela arrive à l'état normal chez le cheval, et chez l'homme dans les maladies inflammatoires, les globules rouges, dont la densité est plus considérable que celle des autres parties constituantes du sang, tombent au fond du vase, et la partie superficielle du coagulum est incolore. Cette portion incolore du caillot présente des stries réticulées et des taches blanchâtres.

Par l'examen microscopique du caillot, on constate que la coagulation est due à la formation de fibrilles cylindriques et de lames granuleuses anastomosées les unes avec les autres et constituant un réseau dans les mailles duquel sont contenus les globules rouges du sang et le sérum. La diminution de volume du caillot est due à la rétraction du réticubim fibrineux qui retient les globules rouges, mais laisse échapper les parties liquides.

Le réticulum fibrineux est difficile à distinguer au milieu des globules rouges. Pour le voir, il faut faire durcir le caillot dans l'alcool et y pratiquer des coupes très-minces qui, après macération dans l'eau, sont nettoyées au pinceau. Lorsqu'on fait agir de l'eau sur un petit fragment du caillot pour dissoudre les globules rouges sans attaquer la fibrine, celle-ci apparaît sous forme de lames irrégulières anastomosées.

Dans les portions incolores des caillots formés lentement, le réticulum fibrineux est plus évident et plus régulier. Les petites taches blanchâtres qu'on trouve dans la portion incolore du caillot, immédiatement au-dessus de la couche formée par les globules rouges,

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