DÉFINITION DE L'INFLAMMATION
de vaisseaux, et qui est par ce l'ait insuffisante; de là, les hypothèses des névristes et des humoristes, qui sont loin de nous expliquer l'ensemble et la succession de tous les faits* observés, surtout en ce qui rei;arde les tissus privés à la fois de nerfs et de vaisseaux.
Brown et Broussais, bien que se plaçant à des points de vue différents, ont fait de l'inflammation une exagération des forces physiologiques.
Suivant Broussais, Virritabilitéy ou le mode de réaction des tissus mis en contact avec un agent irritant, est une propriété générale de tout tissu vivant. Les irritants qui, par leur action incessante, entretiennent la vie, sont tous les agents extérieurs et intérieurs mis en rapport avec les tissus, et l'inilaramation n'est autre que le résultat d'une irritation plus intense qu'à l'état normal.
L'hypothèse de Broussais a été reprise et {orlifiée par les études histologiques. Virchow considère l'irritation développée par les agents irrilanls dans les éléments cellulaires comme la condition essentielle de leur vie propre. L'irritabilité des cellules possède, selon lui, trois modes : Vh'v'ûSihiWiè fonctionnelle, nutritive ei formatrice. Mais Virchow évite de prononcer le mot inflammation.
Il est certain que l'inflammation dont la clinique nous donne l'ensemble syraptomatique consiste essentiellement dans une suractivilé de la nutrition et de la formation des éléments anatomiques. Nous n'entrerons pas plus avant dans les discussions métaphysiques auxquelles peuvent donner lieu l'irritabilité et l'irritation, discussions qui, le plus souvent, ne sont que des jeu^c de mots subtils ou embrouillés, et nous nous en tiendrons aux iaits d'expérience.
Qu'on place un agent irritant quelconque au contact des tissus d'un animal vivant (épine de Vantlelmont), on verra se reproduire, dans le même enchaînement symptomatique que chez l'homme malade clans les maladies dites inflammatoires en clinique, des phénomènes qui seront pour nous les types de l'inflammation simple.
De même les inflammations septiques et spécifiques sont liées, suivant toute probabilité, à la présence dans l'organisme de microphytes et de microzoaires qui agissent comme autant d'épines dont la présence seule suflirait à produire l'inflammation, mais qui, en raison des substances chimiques variables qu'ils produisent, sont plus ou moins irritants.
La définition de l'inflammation, l'étude de ses phéraonènes in-
times, reposeront uniquement pour nous sur l'expérimentation.
Nous définirons l'inflammation : la série des phénomènes observés dans les tissus ou dans les organes, analogues à ceux produits artificiellement sur les mêmes parties par V action d\m agent irritant physique ou chimique. La différence d'action des agents dont nous pouvons disposer dans l'expérimentation nous fait pressentir la diversité des modes d'inflammation que nous aurons à étudier dans la pathologie humaine.
Les inflammations expérimentales sont celles qui conviennent le mieux pour modifier les conditions de la production des phénomènes, pour les étudier à leurs diverses phases, pour observer pendant la vie etsurprendre immédiatement après la mort le mode de développement des produits de l'inflammation.
Dans les inflammations traumatiques chez l'homme, où les conditions sont aussi bien déterminées que dans une expérience, on ne peut généralement pas étudier complètement toutes les lésions inflammatoires, parce que, au moment de l'examen, les éléments ont déjà subi des modifications cadavériques, à moins qu'il ne s'agisse de l'ablation chirurgicale des parties enflammées.
Aussi, est-ce par l'analyse de finflammation produite expérimentalement chez les animaux que nous allons commencer son étude.
Les principaux tissus que nous passerons en revue sont, les uns dépourvus, les autres pourvus de vaisseaux.