THEORIE CELLULAIRE
segmentation divise le vitellus en deux parties, un second plan en quatre parties, et ainsi de suite jusqu'à la formation d'un nombre considérable de boules de segmentation. Ces boules de segmentation, ou cellules nouvelles, viennent toutes s'appliquer à la face interne do la membrane vitelline, de manière à former une couche (blastoderme)
FiG. 2. — Segmentation de l'œuf, cliez l'Ascaris nigrovenosa ; figure empruntée à Kcilliker.
qui se divise bientôt en trois feuillets uniquement constitués par des cellules. C'est aux dépens de ces cellules, et toujours par un mécanisme dont la segmentation est le caractère essentiel, que naissent, d'après lui, toutes les cellules. Remak s'est appliqué à étudier comment tous les tissus en dérivent. Dans cette étude, il a vu provenir toute cellule de cellules préexistantes, suivant trois modes : par scission ou scissiparité, par bourgeonnement, et par formation endogène. x\ujourd'hui, d'après la conception de la cellule que nous exposerons bientôt, ces trois modes ne sont pas essentiellement distincts.
Virchow a transporté dans l'anatomie pathologique les données fournies par Remak sur le développement physiologique; il a vu que toute formation nouvelle de cellules, ou toute néoplasie, consiste dans un développement continu aux dépens de cellules préexistantes, et il a reserré ainsi les liens qui unissent la pathologie à la physiologie. Comme Remak, il a adopté la définition de la cellule d'après Schwann, lui reconnaissant une membrane, un contenu, un noyau et un nucléole.
Depuis lors, grâce aux travaux de Max Schultze, de Recklinghausen, Kuhne, L. Reale, etc., la définition de la cellule a été profondément m.odifiée.
Depuis longtemps déjà Dujardin avait remarqué que les êtres inférieurs formés d'une seule cellule ne sont pas tous enveloppés par une masse non susceptible de changer de forme, à tel point que des prolongements très-élendus peuvent en naître. Dujardin désignait cette masse sous le nom de sarcode, et ses mouvements sous le nom de mouvements sarcodiques. Max Schultze, étudiant plus complète-
4 GÉNÉRALITÉS SUR l'hISTOLOGIE NORMALE.
ment ces mêmes phénomènes, les reconnut non-seulement chez les animaux unicellulaires appelés amibes, mais aussi dans les éléments cellulaires des animaux complexes. Il compara les masses cellulaires animales susceptibles de mouvements aux masses cellulaires des végétaux connues depuis longtemps sous le nom de protoplasma; il appela protoplasma cette matière fondamentale des cellules animales, et nomma mouvements amiboïdes les mouvements qu'elle présente.
Un très-grand nombre de cellules des animaux supérieurs et de l'homme, les globules blancs du sang et les cehules embryonnaires par exemple, sont composées de protoplasma, ne possèdent pas de membrane et présentent des mouvements amiboïdes. Pour que ces mouvements vraiment caractéristiques du protoplasma se produisent, il faut que les cellules soient placées dans les conditions d'humidité, de milieu, de température, etc., où elles vivent à l'état normal. Chez les animaux à sang froid, l'observation en est très-facile, parce qu'on n'a pas à tenir compte des conditions de caloricité. Il suffit de prendre du sang de grenouille ou de triton, de l'examiner en ayant soin d'empêcher l'évaporation, et l'on voit naître à la périphérie des globules blancs des prolongements protoplasmiquos qui se ramifient^
FiG 3. — Globules du pus : a, vus dans un liquide neutre 6, vus après l'action de l'eau ou dans l'acide acétique; c, globules vivants présentant des mouvements amiboïdes.
de telle sorte que ces expansions venues d'un même élément, et arrivant au contact, se fusionnent : peu à peu la masse entière de protoplasma peut passer dans un prolongement, et ce qui était le corps principal de l'élément se trouve déplacé. On voit aussi des prolongements revenir sur eux-mêmes et se fondre dans la masse commune.
S'il se trouve, dans le voisinage des éléments cellulaires possédant ces mouvements, des particules colorée-s, on voit celles-ci être englobées par les prolongements amiboïdes venus de la cellule et pénétrer ainsi dans son intérieur.
La fusion des prolongements amiboïdes, la pénétration dans l'intérieur de la cellule de particules colorées, démontrent qu'elle ne