‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 41 sur 199 · INFLAMMATION EXPERIMENTALE DU GRAND ÉPIPLOON · texte numérisé non relu

INFLAMMATION EXPERIMENTALE DU GRAND ÉPIPLOON

Iules infiltrées de granulations graisseuses ou corps granuleux (1). Il faut, bien distinguer ces cellules de celles qui, sous Tinfluenee de

ÎIG. 47. — Grand épiplooti du rat, irrité artificiellement et examiné huit jours après. Les cellules endothéliales, a, sont de nouveau appliquées contre les travées, leur protoplasraa est moins granuleux que dans les figures précédentes, et il forme en a une couche de revêtement presque continue ; en 6 le protoplasma est segmenté en cellules distinctes, mais faisant encore saillie, et non aplaties et lamellaires comme à l'état normal»

leur propriété amiboïde, ont absorbé des gouttes de graisse qui étaient dans leur voisinage.

En terminant ce chapitre, nous voulons faire ressortir des faits qui précèdent qu'il existe deux ordres de phénomènes inverses dus

(1) Depuis la première édition de ce manuel, plusieurs liistologistes ont entrepris des expériences qui consistent à introduire dans la cavité péritonéale, ou dans les sacs lymphatiques de la grenouille, ou dans le tissu cellulaire sous-cutané des mammifères, des corps étrangers dans lesquels les cellules lymphatiques peuvent pénétrer. Ces corps étrangers sont de la moelle de sureau, comme dans nos anciennes expériences, ou des lamelles de verre appliquées par leur surface et laissant entre elles un espace plan capillaire. L'avantage des tubes et des lamelles de verre sur la moelle de sureau ou sur tout autre corps poreux opaque consiste en ce que, après les avoir retirés du corps des animaux, on peut étudier au microscope, à l'élat vivant, les éléments qui s'y sont introduits. Lorsque ces corps étrangers ont séjourné cinq à six jours dans une cavité séreuse ou dans le tissu conjonclif, on y trouve, à côté des cellules lymphatiques ordinaires, d'autres cellules beaucoup plus grandes, contenant un ou plusieurs noyaux. Le nombre des noyaux contenus dans ces cellules est assez considérable pour qu'on ait pu leur donner le nom de cellules géantes. Ces expériences ont été faites par Ziegler, Heidenhain, Senftlebcn, etc.

L'hypertrophie des cellules lymphatiques paraît liée à l'activité amiboïde de ces cellules qui absorbent les granulations et les petits corps qui sont situés dans leur voisinage,

au processus laflammatoire : les uns consistent dans une nutrition exagérée et une irritation formative des cellules, les autres dans la mort graisseuse des éléments cellulaires les plus anciens. Les premiers seuls appartiennent réellement en propre à l'inflammation, les autres s'expliquent parce que les cellules ne sont plus placées dans les conditions favorables à la vie.

granulations graisseuses, granulations de vermillon et granulations de myéline si l'on a introduit ces deux dernières substances dans la cavité séreuse avant d'y placer le corps étranger. Cohnheim a même soutenu que les cellules lymphatiques peuvent se manger les unes les autres; de telle sorte qu'on peut trouver dans quelques-unes d'entre elles considérablement agrandies uu nombre plus ou moins grand de cellules lympiiatiques ordinaires. Mais nous ne pensons pas qu'une cellule lymphatique puisse absorber d'autres cellules vivantes. Il est probable que l'absorption amiboïde ne peut se produire que sur des cellules mortes ou qui ont perdu elles-mêmes leur activité amiboïde.

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