‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 46 sur 199 · SUPPURATION. — TIIÉORIK DE LA FORMATION DU PUS · texte numérisé non relu

SUPPURATION. — TIIÉORIK DE LA FORMATION DU PUS

finement granuleuse, irrégulière dans son contour, souvent avec des prolongements amiboïdes. On ne voit pas toujours leurs noyaux; mais, quand on a ajouté de l'eau, ils se gonllent : de 8 à 9 p., qui est leur diamètre normal, ils arrivent à H ou 12 p.; ils deviennent sphériques, et montrent très nettement, surtout après la coloration au carmin, deux, trois, quatre ou cinq noyaux de 2 à 3p. de diamètre. Ces noyaux résistent à l'action de l'acide acétique, tandis que, sous l'influence de ce réactif, la cellule devient sphérique. palil et reste encore quelque temps limitée par un bord très mince qui finit par disparaître à son tour.

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Via. 55. — Globules de pus. —A, a, b, dans l'eau; c, d, e, après l'addition d'acide act'lique B, division des noyaux. Figure empruntée à Virciiow.

Les globules de pus ne diffèrent pas, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, de certains globules blancs du sang.

Théorie de la formation du pus. — D'après une opinion ancienne de Zimraermann et d'après l'expérience déjà citée de Waller, le pus sortirait directement des vaisseaux. Gohnheim l'a affirmée en prêtant à cette opinion l'appui des expériences que nous avons précédemment décrites. Mais le pus se forme-t-il toujours ainsi? Nous sommes en mesure d'établir le contraire. Les cellules d'épithélium des séreuses ou des muqueuses irritées se gonflent, s'hypertrophient, leur protoplasma devient plus abondant ; elles montrent les différentes phases de la multiplication par division; chacune des nouvelles cellules peut se diviser à son tour, et lorsque, dans ces cellules plus petites, le noyau se divise sans que la cellule elle-même participe à cette division, il se produit des globules de pus. De grandes cellules mères peuvent contenir un certain nombre de cellules embryonnaires qui n'ont que bien peu à faire pour devenir des éléments du pus. C'est là ce qu'on observe dans les pustules de la peau, dans le pemphigus et sur les muqueuses dans les inflammations catarrhales ; c'est ce que

nous avons décrit et figuré précédemment dans la péritonite produite expérimentalement (voy. p. 97 et suiv,).

Dans le tissu conjonclif, nous avons étudié déjà ce que deviennent les cellules adipeuses ; nous avons décrit les divisions du noyau et du protoplasma qui aboutissent à remplir de cellules embryonnaires ou de globules de pus l'espace occupé par une vésicule adipeuse (voy. p. 102), de telle sorte que dans le phlegmon, par exemple, on observe des nids sphériques de ces cellules.

Ainsi, nous admettons deux modes de formation de globules de pus : 1° par la prolifération des éléments cellulaires ; 2° à la suite de la sortie des globules blancs hors des vaisseaux.

Dans la suppuration très rapide et abondante, c'est la diapédèse qui est le phénomène le plus important.

Le pus s'altère très facilement; il subit, suivant son âge, et sous l'influence des substances qui sont en contact avec lui, plusieurs modifications qui sont :

La transformation graisseuse des globules de pus, qui s'effectue toutes les fois que le pus est ancien, lorsqu'il a séjourné longtemps dans l'organisme. Dans l'intérieur de ces globules il existe alors de fines granulations graisseuses réfringentes qui se montrent sans qu'il soit nécessaire d' ajouter de l'eau. L'acide acétique ne les modifie pas.

La présence de granulations graisseuses dans l'intérieur de globules de pus dépend de deux causes : de la mort des cellules et de l'absorption active de granulations graisseuses situées dans leur voisinage. Nous avons déjà étudié la première de ces causes à propos des dégénérescences, et la seconde à propos de l'inflammation expérimentale des tissus non vasculaires (voy. p. 99 et note 1). Lorsque les globules de pus sont chargés de granulations graisseuses, ils augmentent de volume; ils atteignent 15 et 20 p.. On les connaît depuis longtemps et on les désignait sous le nom de corpuscules inflammatoires ou corpuscules de Gluge. La plupart de ces corpuscules semblent être des cellules lymphatiques qui ont absorbé des granulations graisseuses ; cependant quelques-uns d'entre eux contiennent un seul noyau ovoïde assez volumineux. On en trouve dans les espaces et dans les vaisseaux lymphatiques qui reviennent d'organes riches en matières grasses et qui ont subi un processus de destruction, le cerveau par exemple. C'est ainsi que dans les gaines périvasculaires du cerveau

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