‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 48 sur 199 · BOURGEONS CHARNUS · texte numérisé non relu

BOURGEONS CHARNUS

viendraient qu'ensuite se mettre en rapport avec le réseau vasculaire de nouvelle i'ormation. Les grandes cellules mères à noyaux multiples que Langehans a depuis longtemps signalées dans les exsudats des séreuses ne sont vraisemblablement que des cellules vasoformatives.

G. Bourgeons charnus. — Les bourgeons charnus (granulations et tissu de granulations des Allemands), qui, par leur soudure, constituent les membranes dites pyogéniques, ne se développent que sur les plaies ou surfaces enflammées communiquant avec l'extérieur. C'est, en effet, une loi physiologique générale chez les animaux supérieurs que tout le revêtement externe, et une partie du revêlemenl interne, surtout au niveau des orifices qui font communiquer les muqueuses avec la peau, présentent partout des papilles qui ne sont que de petits bourgeons permanents.

De même, à l'état pathologique, toute néoformation en rapport avec une surface prend cette forme papillaire ou bourgeonnante. Par exemple, presque toutes les tumeurs, de quelque nature qu'elles soient, siégeant à la peau et aux orifices externes, revêtent cette disposition.

Les bourgeons charnus inflammatoires naissent aux dépens du tissu embryonnaire ; leur apparition est tardive dans les irritations provoquées, parce qu'une masse assez considérable de tissu emb y( nnaire et des vaisseaux nouveaux sont nécessaires à leur constitution.

Les bourgeons charnus nous donneront la clef du processus de la cicatrisation des plaies. L'histologie nous apprendra la cause des variations d'aspect que présentent les bourgeons charnus, variations qui sont bien connues des chirurgiens : tels sont les bourgeons de bonne et de mauvaise nature.

La dimension des bourgeons charnus est très variable : tantôt il est nécessaire de se servir de la loupe pour les voir ; tantôt, lorsqu'une cause irritante a continué longtemps son action, par exemple au niveau d'un séton ou d'un tube à drainage, ils atteignent des dimensions considérables.

Ils sont simples ou composés ; ceux-ci, plus volumineux, présentent à leur surface une série de bourgeons secondaires. La plupart d'entre eux sont simples; à leur début, ils sont formés de cellules embryonnaires sphériques ou anguleuses, possédant un ou plusieurs noyaux. Au milieu de ces éléments on trouve des capillaires

dont les cellules sont, embryonnaires. Ce stade initial dure peu : bientôt un certain nombre des cellules embryonnaires changent de forme, deviennent anguleuses, se réunissent par leurs prolongements et constituent un réseau de cellules connectives embryonnaires. Les

Fie. 56. — Vaisseaux injectés des bourgeons charnus, d'après Billroth. — Grossissement de 40 diamètres.

mailles formées par ce réseau sont comblées par une substance amorphe au milieu de laquelle restent emprisonnées des cellules rondes.

Les cellules contenues dans la substance fondamentale sont surtout des cellules lymphatiques ou globules de pus. Dans les os, les bourgeons charnus présentent en outre de grandes cellules mères à noyaux multiples (voy. fig. 5). En raclant la surface de section d'un

FiG. 57. — Tissu embryonnaire inflammatoire. Figfure emprunte'c à Billroth. Grossissement de 300 diamètres.

bourgeon charnu et en examinant dans un liquide neutre les parties obtenues, on voit des cellules sphériques, des cellules anguleuses ou possédant déjà des prolongements et des globules de pus. On constate dans ces divers éléments des mouvements amiboïdes.

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