DESCRIPTION GÉNÉRALE DU SARCOME
liberté les noyaux. Ce sonl des observations de ce genre qui ont conduit certains micrograpbes à admettre l'existence de noyaux libres qui, en réalité, sont toujours un produit artificiel ou le résultat de la destruction des cellules.
Lorsqu'on place de petits fragments de la tumeur dans quelques centimètres cubes d'alcool au tiers, et que vingt-quatre heures après on en pratique la dissociation, on ne trouve pas de noyaux libres. Les cellules sont isolées et elles se montrent avec les formes les plus nettes qui représentent absolument ce qu'elles sont dans la tumeur. On peut alors les colorer par le picrocarminate d'ammoniaque et les conserver indéfiniment pourvu qu'on ait fait pénétrer lentement la glycérine.
Les cellules des sarcomes sont si variées de forme et de dimension, elles sont si peu caractéristiques par elles-mêmes, qu'on ne peut pas faire le diagnostic anatomique de ces tumeurs d'après les éléments obtenus par le raclage, et qu'il en faut chercher ailleurs les caractères essentiels. C'est l'arrangement de ces éléments les uns par rapport aux autres qui seul peut donner la définition des sarcomes. Leurs cellules, en effet, sont disposées les unes à côté des autres, se touchent ou sont séparées seulement par une substance amorphe, molle et peu abondante.
FiG. 63. — Coupe J'un sarcome fascicule. — Grossissement de 200 diamètres. Figure empruntée à Rindfleiscli.
Parmi tous les genres de tumeurs, le sarcome est le seul qui présente une structure aussi simple, une véritable organisation embryonnaire.
Des vaisseaux sanguins existent toujours en grand nombre dans les sarcomes ; ils sonl en rapport direct avec les cellules, cependant quelques-uns d'entre eux et surtout les vaisseaux volumineux sont entourés
de tissu conjonctif fascicule. Ils n'ont pas dans le sarcome de disposition régulière. Leur structure est la même que celle des vaisseaux des tissus enflammés : leurs cellules sont embryonnaires.
Dans les sarcomes mous, malgré la mollesse du tissu, il est impossible d'isoler les vaisseaux. Cela tient à ce que les cellules de leurs parois, étant embryonnaires, ne sont pas différentes de celles qui composent la masse de la tumeur; lorsqu'on cherche à les séparer par la
FiG. C4. — Injection du réseau vasculaire d'un sarcome des os, d'après Billroth
dissociation, ils ne résistent pas et les éléments qui les composent se dissocient en même temps que ceux de la tumeur.
Cependant on peut, avec des ménagements, isoler à l'état frais les vaisseaux sur les tumeurs sarcomateuses dont l'organisation tend à s'élever.
Quand, après avoir fait durcir (1) une de ces tumeurs, on y fait des sections minces, et qu'on les examine avec un grossissement de 150 ou 200 diamètres, on voit la lumière des vaisseaux coupés en travers limitée par des cellules arrondies ou fusiformes, mais on découvre rarement des parois propres appartenant à cp.s canaux.
(1) Le durcissement des sarcomes, comme delà plupart des tumeurs, peut s'obtenir au moyen de méthodes différentes : la plus simple consiste à placer des fragments de la tumeur dans 'alcool fort à 90 degrés. Vingt-quatre heures après, leur consistance est assez grande pour permettre d'y pratiquer des coupes minces qui sont colorées par le carmin ammoniacal ou par une solution de picrocarniinate à 1 pour 100. Avec ce dernier réactif, la coloration se fait presque instantanément, de telle sorte qu'il suffit de mettre une goutte de cette solution sur une coupe mince placée sur une lame de verre, qu'on recouvre et à laquelle on ajoute de la glycérine. Avec cette méthode on obtient de très belles préparations quand on est exercé, mais les fragments de la tumeur simplement durcie dans l'alcool n'ont jamais une dureté suffisante pour résister à une forte pression et, si l'on se propose de les monter dans le microtome, il faut avoir recours à la méthode suivante :
Lorsque les pièces ont séjourné vingt-quatre heures dans l'alcool, on les place dans une