DÉFINITION ET DESCRIPTION DU LIPOME
effet, considérer comme un lipome la masse de tissu adipeux qui remplace un organe atrophié. La présence d'une grande quantité de tissu adipeux dans le grand épiploon ou dans d'autres parties, chez des sujets qui ont un embonpoint exagéré, ne saurait non plus constituer des lipomes. On doit réserver ce nom pour des masses circonscrites de tissu adipeux ayant, jusqu'à un certain point, une vitalité indépendante du reste de l'organisme. Cette vitalité indépendante est démontrée par ce fait, qu'un individu porteur d'un lipome et qui maigrit ne voit pas sa tumeur diminuer de volume, tandis qu'il n'en est pas de même pour les autres productions de lissu adipeux.
Description du lipome. — A l'état physiologique, les cellules adipeuses se groupent pour constituer des lobules adipeux. Ces lobules se rencontrent aussi dans les lipomes. Ces tumeurs possèdent
FiG, 87. — Vésicules adipeuses d'un lipome : a, membrane ; 6, gouttelettes de graisse.
des vésicules adipeuses très grosses qui sont entourées d'une membrane facile à démontrer et dont le noyau est bien accusé. Les lobules sont aussi plus grands qu'à l'état normal, et cette particularité de leur structure se traduit par la mollesse et la fausse fluctuation qui les caractérisent.
L'aspect du lipome, c'est-à-dire sa ressemblance parfaite avec le tissu cellulo-adipeux sous-cutané, rend bien rarement l'emploi du microscope nécessaire pour le reconnaître. C'est seulement pour préciser certaines formes ou variétés de ces tumeurs et certaines modifications de nutrition qu'elles subissent parfois, que l'examen microscopique est utile.
La grosseur des lipomes est très variable, depuis celle d'une cerise, jusqu'aux dimensions colossales qui font de certains d'entre eux les tumeurs les plus volumineuses dont puisse être affectée l'espèce humaine.
Les lipomes sont lobules ou en nappe, ils sont diffus ou nettement
limités. Ils forment souvent des polypes; ils sont solitaires ou multiples. Weber en a compté jusqu'à 200 sur le même sujet. Ce sont des observations de ce genre qui ont suggéré l'idée d'une diathèse lipomateuse.
Les lipomes s'observent fréquemment dans le tissu aréolaire du derme; ils y deviennent souvent pédicules. Quand ils siègent dans le tissu conjonctif sous-cutané, ils sont, dans certaines régions, susceptibles de se déplacer par leur propre poids. C'est ainsi qu'on dit les avoir vus descendre de l'ombilic au périnée en glissant sous la peau, tout en conservant leur forme.
Dans l'estomac et dans l'intestin on observe aussi des lipomes pédicules qui font saillie dans la cavité de ces viscères. Comme, dans le tissu sous-muqueux de ces cavités, il n'existe pas, à l'état normal, de tissu cellulo-adipeux, on devrait les regarder comme des hétéroplasies, et c'est là un exemple de l'inanité de la conception des tumeurs hétéroplasiques considérées comme synonymes de tumeurs malignes.
Certaines séreuses possèdent à l'état normal des villosités constituées par du tissu adipeux. Tels sont les appendices épiploïques du gros intestm qui s'hypertrophient, se détachent et tombent dans la cavité péritonéale où ils subissent, comme nous le disions précédemment, une dégénérescence granuleuse ou calcaire. Telles sont les franges synoviales articulaires, qui sont le point de départ de lipomes (lipome arborescent de 0. Weber).
Dans les muscles, les cellules adipeuses sont, à l'état normal, chez les personnes qui ont de l'embonpoint, disposées parallèlement aux faisceaux musculaires. Aussi est-il naturel que les muscles soient le siège de lipomes. Nous en avons vu plusieurs exemples dans la langue parmi les pièces présentées à la Société anatomique. Dans ces tumeurs, les faisceaux musculaires étaient restés normaux, ce qui n'arrive pas d'habitude dans les autres néoformations dont les muscles sont le siège.
Les lipomes des os sont plus rares. Nous en avons vu un exemple dans le corps du fémur. Le tissu compact de l'os était alors transiormé en un tissu spongieux à travées minces, à larges aréoles remplies de tissu adipeux. Le stroma de la tumeur, au lieu d'être formé, comme dans les autres lipomes, par du tissu fibreux, était constitué par des travées ossp' ses.
Les lipomes des glandes, ceux de la mamelle en particulier, peuvent acquérir un volume considérable. Dans cette glande, le tissu adipeux de nouvelle formation est disposé autour des canaux galac-