LÉSIONS MULTIPLES DE LA SYPHILIS
le résultat d'un travail iniïammatoire qui y détermine des lésions absolumenl semblables à celles de l'artérite chronique.
Bîurcnsprung avait pensé que le tissu induré de la base du chancre était imprégné par une substance amyloïde susceptible de se colorer en bleu violacé par l'iode et l'acide sulfurique; mais cette opinion n'a pas été vérifiée par d'autres auteurs, et nous avons vainement tenté d'obtenir la réaction indiquée par Bserensprung.
Lorsque le chancre induré guérit, le tissu embryonnaire nouveau qui formait sa base tend à constituer du tissu conjonctif adulte. (Voyez, pour de plus amples détails, à l'article Peau.)
Tous les néoplasmes de la syphilis constitutionnelle, dans ses périodes primitive et secondaire, sont constitués par des productions inflammatoires qui tendent à la guérison en reproduisant les tissus anciens. C'est ainsi qu'une syphilidepapulo-squameuse ne laisse plus de traces au bout d'un temps plus ou moins long. Il en est de même pour les lésions de la même époque des parties profondes, pour celles du périoste, des os et des organes parenchymateux. Les maladies des os et du foie qu'on observe à cette période peuvent guérir sans laisser de traces ou en formant des cicatrices simples ou exubérantes, par exemple une hyperostose.
Aussi la division la plus habituellement adoptée de la syphilis en périodes primitive, secondaire et tertiaire, le mot secondaire s'appliquant surtout aux syphilides cutanées et muqueuses superficielles, le mot tertiaire désignant spécialement les lésions des os et des organes parenchymateux, cette division ne nous paraît pas l'expression de la vérité. Il serait plus vrai, au point de vue anatomo-pathologique, ainsi que Virchow^ l'a fait pressentir, d'appeler secondaires les lésions purement inflammatoires de la syphilis, et tertiaires les lésions plus tardives qui se manifestent sous forme de tumeurs.
Pour bien comprendre ces phénomènes, il faut étudier ce qui se passe en particulier dans chaque tissu et dans chaque organe. Dans les os, on observe, en même temps que les accidents secondaires, les douleurs appelées rhumatoïdes par Ricord ; celles-ci ne sont pas dues à des lésions permanentes. Plus tard, on voit se manifester des inflammations chroniques à la surface des os, sous le périoste (périostites et périostoses), ou, profondément, des ostéites qui peuvent être d'abord raréfiantes avec amincissement et destruction des lamelles osseuses, mais qui plus lard deviennent productives, en amenant la condensation du tissu osseux. Cette condensation aboutissant à l'oblitération des canaux de Havers peut déterminer la nécrose.
A une époque plus avancée il se formera de véritables gommes. Ainsi, dans les os, la sypliilis donne lieu à des ostéites, à des hyperostoses, à des nécroses et à des gommes.
FiG. 97. — Hépatite interstitielle syphilitique diffuse : A, C, reseau des cellules hépatiques en dégénérescence graisseuse, B, cellule hépatique isolée; G, tissu conjonctif nouveau. — Grossissement de 300 diamètres.
Dans le foie, il y a, dans un premier degré, de l'hépatite interstitielle, soit diffuse et généralisée, soit circonscrite, mais toujours caractérisée par du tissu fibreux de nouvelle formation. Plus tard apparaîtront des gommes véritables.
Dans le testicule, il se produit également des néoplasmes fibreux, interstitiels d'abord, puis des gommes proprement dites.
FiG. 98. —Poumon d'enfant nouveau-né réduit d'un tiers : S, sommet; B, base; H, hile du poumon; a, noyau de pneumonie interstitielle syphilitique.
Dans le poumon, il existe aussi une pneumonie syphilitique interstitielle; elle est diffuse ou circonscrite. Les lésions de la pneumonie circonscrite ont été souvent considérées