GRANULATIONS MORVEUSES
méthode sont montées tlans la glycérine ou la résine Damarc suivant les procédés classiques.
Rencontre-t-on toujours le bacille de Koch dans les lésions tuberculeuses? MM. Malassez et Vignal, dans un travail récent, ont montré que chez l'homme il peut y avoir, exceptionnellement il est vrai, des tubercules sans bacilles. A leur place, ils ont trouvé des amas de micrococcus. Par une série d'inoculations successives faites chez le cochon d'Inde avec ces tubercules ils sont arrivés à produire des tubercules à bacilles.
Il est possible que la maladie que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de tuberculose ne soit pas une seule maladie, mais plusieurs maladies voisines que la science apprendra peut-être un jour à distinffuer les unes des autres.
Pronostic des tubercules. — Cki connaît assez la gravité du pronostic des tubercules pour que nous n'ayons pas besoin d'y insister. Mais on peut se demander si les granulations tuberculeuses peuvent guérir et si elles agissent toujours comme certaines tumeurs malignes pour déterminer au loin la formation de nodosités semblables à elles-mêmes.
L'analyse clinique des malades qu'on suit pendant longtemps, jointe au résultat des autopsies, démontre que parfois les granulations tuberculeuses isolées restent petites, ne subissent qu'une dégénérescence caséeuse insignifiante et séjournent presque indéfiniment au sein de masses indurées résultant d'une pneumonie interstitielle. On trouve aussi, à l'autopsie des vieillards, des nodosités tuberculeuses isolées, petites, assez dures, en dégénérescence caséeuse à leur centre et qui probablement remontent à un grand nombre d'années. La curabilité de ces tubercules aussi bien que celle des tubercules qui ont subi la transformation fibreuse est manifeste. Les conditions nécessaires de cette terminaison heureuse paraissent être leur isolement et leur petit nombre. Les granulations tuberculeuses confluentes en un seul point peuvent rester longtemps sans déterminer de réaction, mais le plus souvent elles agissent comme des corps étrangers, produisent autour d'elles une inflammation éliminatrice qui se termine parfois par la cicatrisation et par la guérison. La plus grave des manifestations de la tuberculose consiste dans l:.i généralisation et la dissémination des granulations tuberculeuses à plusieurs organes à la fois, aux séreuses notamment. Le péritoine et la plèvre sont très souvent envahis en même temps.
7* Genre. — Granulations morveuses.
Dans la morve, comme dans la syphilis et la tuberculose, nous observons deux ordres de lésions, les unes purement inflammatoires, les autres sous forme de nodules.
Les nodules morveux ont une grande analogie avec les granulations de la tuberculose. Spontanée chez les chevaux, la morve est toujours chez l'homme la suite d'une contagion; elle lui vient du cheval.
Chez l'homme, comme chez le cheval, la maladie peut débuter par une tumeur ou par im ulcère primitif, le chancre farcineux, bientôt suivi d'une traînée de lymphangite et accompagné d'abcès et de suppurations aiguës ou chroniques suivies de l'écoulement d'un pus séreux.
Quand la maladie reste localisée dans la peau, les vaisseaux et les ganglions lymphatiques, on lui donne généralement le nom de farcin aigu ou chronique, suivant que sa marche est plus ou moins rapide.
Lorsque la maladie débute par les voies respiratoires, les fosses nasales, le larynx, la trachée, les bronches et le poumon, on lui donne le nom de morve aiguë ou chronique.
La morve proprement dite et le farcin sont deux manifestations de la même maladie générale qui porte le nom de morve, maladie essentiellement contagieuse et inoculable.
Chez le cheval, où nous étudierons d'abord les altérations histologiques de la morve, elle se caractérise par deux sortes de lésions, des granulations morveuses et des inflammations qui ont une grande tendance à devenir caséeuses et à produire des ulcères. Les granulations morveuses du cheval, tubercules morveux des vétérinaires, qu'on les étudie dans le tissu cellulaire sous-muqueux des voies respiratoires, dans les poumons, dans les séreuses ou dans le tissu conjonctif de la peau, présentent toujours des caractères constants qui les rapprochent beaucoup des granulations tuberculeuses de l'homme. Lorsqu'elles siègent dans les naseaux, isolées ou confluentes, elles proéminent à la surface de la muqueuse, et déterminent bientôt la chute de l'épithélium, une ulcération très superficielle et le jetage. A l'examen microscopique, on les trouve constituées par une accumulation de cellules embryonnaires ou cellules lymphatiques dont les plus centrales sont en dégénérescence granuleuse et atrophiées, tandis que celles de la périphérie du nodule sont en pleine activité