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ADÉNOMES TUBULÉS A CELLULES CYLINDRIQUES

caractères des cellules caliciformes, c'esl-à-dire ffii'ellcs sont remplies de mucus. C'est au niveau des dilatations des glandes qu'on observe les cellules calicirormes les plus développées.

Les tubes coupés transversalement se présentent comme des cercles avec une bordure de cellules cylindriques caliciformes très régulières et une lumière centrale.

Les dilatations des tubes glandulaires constituent la première phase de formation des kystes remplis de substance colloïde qui sont si communs dans ces tumeurs. Le type presque physiologique de ces kystes existe dans les œufs de Naboth (fig. 168) résultant des modilications des glandes en tube de la muqueuse de l'utérus.

Fie. 168. — Œuf de Naboth de la portion vaginale du col utérin. — 0, dilatation sphérique d'ime glande dont l'orifice s'ouvre en P; G, glande en tube. — Grossissement de 20 diamètres.

On trouve assez fréquemment des hypertrophies des glandes de la muqueuse gastro-intestinale. Dans l'estomac, les glandes hypertrophiées se transforment par la rétention de leur produit de sécrétion en de petits kystes semblables aux œufs de Naboth. Le mécanisme de leur formation est du reste exactement le même. Le mucus concret obture l'orifice de la glande, et celle-ci se distend en forme d'outre; la muqueuse est alors parsemée, soit irrégulièrement, soit dans des points bien limités, de vésicules plus ou moins grosses, qui ont pris la place des glandes en tube (fig. 169). Les glandes hypertrophiées et les vésicules kystiques forment de petites tumeurs qui souvent se pédiculisent et constituent ainsi des polypes.

Dans l'utérus, des polypes muqueux peuvent venir faire saillie dans le vagin jusqu'à la vulve, et, comme dans l'estomac (voy. Polypes muqueux de ces organes), ces hypertrophies des glandes s'unissent souvent à des néoforraations papillaires (voy. fig. 170), pour constituer des tumeurs composées, villeuses à leur surface, kystiques et glandulaires dans le reste de leur masse.

Des tiiirieurs analogues se développent dans le rectum et dans l'in-

FiG. 169. — Adénome kystique de l'estomac. Figure empruntée à Vircliow.

testin grêle. Sur ces tumeurs, on peut suivre des bourgeons glandu-

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^IG. \10. — Adénomes à cellules cylindriques de l'estomac avec état villcux de la surface de la tumeur. Grossissement de 20 diauiètres.

laires partant de l'extrémité terminale simple des glandes et don-

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nant naissance à de nouveaux culs-de-sac, de telle sorte que les gkuides en tube simples à l'origine sont transformées en glande-s composées. Il est facile de voir que ces glandes ne sont pas déviées de leur fonction primitive et qu'elles continuent à s'ouvrir à la surface de la muqueuse où elles versent leurs produits de sécrétion. Elles peuvent néanmoins, comme dans les cas précédents, donner naissance à de petits kystes. Le stroma de la tumeur est fibreux dans les parties complètement développées; il est embryonnaire dans les points où la glande bourgeonne.

Si la tumeur développée dans le rectum vient, après s'être pédiculisée, faire saillie à l'anus, les couches de revêtement changent de nature, et les cellules cylindriques se transforment en cellules pavimenteuses qui peuvent même subir à la surface la transformation cornée. Dans la partie saillante, en contact avec l'air, les dépressions glandulaires sont comblées par des cellules pavimenteuses stratifiées; les saillies interglandulaires représentent dès lors des papilles, en sorte qu'on voit une couche de glandes en tube se transformer en une couche de papilles enfouies sous de l'épithélium pavimenteux.

Dans l'utérus, outre les transformations vésiculeuses des glandes que nous avons indiquées, on observe des productions glandulaires caractérisées principalement par l'hyjiertrophie des glandes du col. Ces tumeurs sont petites et enfermées dans la cavité du col utérin, ou bien elles font saillie à travers le museau de tanche dans le vagin. Ces dernières, décrites sous les noms de polypes muqueux ou utéro-vésiculaires (Huguier), se présentent sous la forme d'une masse rouge, molle, parsemée de vésicules transparentes dont la dimension varie entre celle d'un grain de rail et celle d'une graine de raisin, ou sous forme d'appendices charnus, parfois aplatis. Ceux-ci montrent à leur surface des saillies et des dépressions qui, par leur disposition, rappellent l'arbre de vie. Ils présentent dans leur structure une analogie frappante avec la muqueuse du col utérin; seulement toutes ses parties ont subi une hypertrophie considérable. Les plis tapissés d'épithélium cylindrique qui s'observent à l'état normal à la surface du col y sont plus nombreux, plus profonds et plus ramifiés. Les cellules cylindriques qui les tapissent sont beaucoup plus longues ; les glandes qui partent de la profondeur de ces plis sont dilatées et ramifiées. Dans quelques cas, les culs-de-sac ne sont pas distendus en kystes, et alors le nom de polypes utéro-vésiculaires ne saurait leur convenir. Le plus souvent toutefois, ces glandes offrent de nombreuses dilatations kystiques dans toute l'épaisseur de la

masse morbide. Le stroma de ces tumeurs est habituellement formé d'un tissu fibreux imprégné de sucs ; il est parcouru par des vaisseaux nombreux et dilatés. On y rencontre aussi parfois des éléments musculaires lisses.

Ces polypes de Futérus, qui sont recouverts d'épithélium cylindrique dans le col, possèdent dans le vagin un épithélium pavimenteux et un épithélium corné, lorsqu'ils font saiUie à l'extérieur, ce qui est rare. Mais ces mutations de forme de l'épithélium superficiel ne s'étendent pas aux cellules qui revêtent les conduits glandulaires des glandes en tube, ni même les dépressions analogues aux enfon^ céments et aux plis de l'arbre de vie que montrent quelquefois ces polypes.

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FiG. 171. — Polype papillaire des fosses nasales. — a, cellules épithélialrs pavimenteuses dont les plus profondes, d, sont cylindriques et implantées sur les papilles 6. Celles-ci possèdent des vaisseaux v. — Grossissement de 80 diamètres.

On rencontre aussi des polypes des fosses nasales qui sont formés de papilles arborisées noyées dans un revêtement commun d'épithélium pavimenteux stratifié (fig. 171).

Parmi les polypes des fosses nasales, il en est qui sont si semblables aux adénomes kystiques de futérus, qu'il serait impossible de les en distinguer par l'examen comparatif à l'œil nu et au microscope. Nous avons observé en effet quelques-uns de ces polypes, dans lesquels les glandes tapissées d'épithélium cylindrique et les dilatations kystiques établissaient leur similitude parfaite avec les tumeurs utérines précédemment décrites.

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