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GO^IL ET RANVIER. II

Les travées du réticulum subissent à la longue une destruction moléculaire, de même que les cellules lymphatiques. Il en résulte un ramollissement partiel ou étendu de l'infarctus, où l'on trouve bientôt un liquide contenant des cellules granuleuses et des granulations protéiques et graisseuses libres. Le noyau infarctueux, d'abord tuméfié, s'affaisse, et il en résulte une dépression à la surface de la rate.

La capsule splénique est presque constamment altérée à toutes les périodes de l'infarctus; elle est d'abord congestionnée, puis elle présente des villosités et végétations, et elle s'épaissit en devenant plus dense, comme cela a lieu dans toutes les lésions siégeant à la surface de la rate. Elle peut même subir la crétifîcation.

A mesure que l'infarctus se ramollit, les parties liquides sont reprises et absorbées par les portions saines du tissu splénique périphérique. La perte de substance est comblée, d'une part, par le tissu conjonctif de nouvelle formation de la capsule qui s'enfonce à ce niveau, et d'autre part par un épaississement fibreux analogue du iissu splénique voisin. Une cicatrice fibreuse remplace finalement tout l'infarctus.

Dans ces cicatrices de la rate qui s'accusent à la surface par une dépression avec épaississement de la capsule, celle-ci est généralement calcifiée. L'examen du tissu calcifié ne montre pas de véritables ostéoplastes avec leurs prolongements canaliculés. Sur les pièces décalcifiées par l'acide chromique ou par l'acide picrique, on voit de petites loges qui représentent simplement les interstices où se trouvaient les cellules du tissu conjonctif préexistant.

Dans les infarctus en particulier, mais aussi dans la plupart des rates sclérosées, soit dans la cirrhose, soit dans les maladies du cœur, les artères spléniques présentent une induration, un épaississement considérable de leurs parois dû à l'endartérite et à la péri-artérite avec ou sans incrustation calcaire.

Ruptures de la rate. — On observe quelquefois des ruptures traumatiques ou spontanées de la rate. Lorsque cet accident a lieu, la rate était atteinte de tuméfaction congestive ou inflammatoire comme cela s'observe presque toujours dans les fièvres intermittentes, dans le typhus, le choléra, la syphilis. Les faits connus de ces ruptui'es ont été réunis et analysés dans l'article Rate de Resnicr, et l'on peut s'assurer par ce relevé qu'elles ne sont pas absoUimenl rares. Elles présentent la forme de simples lis-

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