INFARCTUS DE LA RATE
adhérent, lorsque la masse de la rate envahie est considérable. L'artériolc qui se rend à un petit infarctus est toujours oblitérée de la même façon. Lorsque les infarctus sont récents, la couleur de leur surface de section est d'un rouge foncé, presque noirâtre, parce que le sang coagulé dans toutes les petites veines et dans les artères communique à l'ensemble de la partie la couleur du sang- veineux. Plus tard, lorsque la fibrine s'est coagulée, lorsque les globules et la fibrine se sont tranformés en une substance granulo-graisseuse, la couleur de la section devient grisâtre ou jaunâtre et opaque. La consistance de l'infarctus est d'abord beaucoup plus grande que celle de la rate normale ; plus tard, il se ramollit, présente un état pâteux, semi-liquide et jaune. Le liquide accumulé au centre du foyer ramolli baigne alors des portions mortifiées incomplètement détachées ; l'infarctus est comparable à certaines cavernes volumineuses du poumon en voie de formation. Autour de lui, la rate est congestionnée et enflammée, mais sans tendance à la suppuration.
D'après ce qui précède, étant donnés l'oblitération complète des artères, la coagulation sanguine dans tous les vaisseaux de l'îlot splénique altéré et son ramollissement nécrosique consécutif, on pourrait comparer ce processus à celui de la gangrène. Il est de fait que l'arrêt du sang a causé la mortification des tissus. Mais là, de même que dans le foie et dans le rein, la mortification ayant lieu sans qu'il y ait communication du foyer avec fair ambiant, il n'y a pas de putréfaction, ni d'odeur gangreneuse. La rate peut présenter des lésions anatomiques comparables à la gangrène putride, mais seulement dans les faits où une partie mortifiée de son tissu baigne dans le pus d'une périsplénite, ainsi que Colin en a rapporté des exemples.
L'examen microscopique, fait sur les coupes d'infarctus récents, montre tout simplement les vaisseaux distendus par du sang coagulé, et contenant un réticulum de fibrine. Bientôt les cellules lymphatiques englobées dans le réticulum fleviennent granulo-graisseuses. La graisse se sépare et produit des boules d'acide gras cristallisées qu'on pourrait prendre au premier abord pour des corps granuleux. Ces boules apparaissent comme des corps opaques de distance en distance, lorsqu'on examine la préparation à un faible grossissement. Les cellules lymphatiques emprisonnées dans le tissu réticulé de la rate subissent la dégénérescence caséeuse, pendant que les globules du sang retenus dans les vaisseaux passent par la série des modifications exposées déjà.