HISTOLOGIE NORMALE DU REIN
les gloméi'Liles de Malpighi comme autant de petits points rouges. Les canaux urinaires remplis par la masse à injection bleue se dirigent en rayonnant de l'extrémité des cônes de Malpighi dans les pyramides, puis ils entrent dans la substance corticale sous forme de faisceaux, qui constituent les pyramides de Ferrein on prolongements médullaires. Voici quel est le trajet de ces canaux :
Ils prennent leur origine dans la substance corticale, autour d'un glomérule de Malpighi, dont la capsule se continue directement avec la membrane propre du tube. Le glomérule de Malpighi n'est autre chose, ainsi que nous le verrons bientôt, qu'un bouquet de petits vaisseaux émanant directement des artères interlobulaires du rein, entouré de toute part par la membrane capsulaire. A l'extrémité de son diamètre opposée à l'entrée du vaisseau artériel, la capsule présente un orifice rétréci, par lequel elle communique avec un tube urinifère. A son origine.
e tube urinifère est contourné et large
FiG. 167. — Coupe longiludinale de la substance médullaire du rein de l'homme montrant les anses de Henle (figure empruntée à M. Gross). — Grossissement de 100 diamètres.
(tubes contournés de la substance corticale). Après un certain nombre de sinuosités, il se rétrécit, affecte un trajet rectiligne, et gagne la substance des pyramides : là il fait une anse, dont la convexité est tournée du côté du sommet des cônes (anse de Henle), puis il remonte en suivant dans ce trajet ascendant une direction parallèle à sa portion descendante, rentre dans la substance corticale, s'évase de nouveau, devient sinueux, puis se rétrécit avant dese jeter dans un tube droit. Ce dernier (tube collecteur), dont la direction est rectiligne, et qui chemine d'abord dans la substance corticale, puis
dans la substance médullaire, reçoit, chemin faisant, plusieurs lubes isolés ou réunis, devient de plus en plus large à mesure qu'il se rapproche de l'extrémité du cône de Malpighi, et il s'ouvre enfin à la papille rénale. L'urine passe du tube collecteur dans le bassinet par une ouverture assez grande pour être visible à l'œil nu.
Le diamètre et la structure d'un canalicule varient suivant les différents points de son trajet depuis le glomérule jusqu'à la papille rénale. Le glomérule mesure de 430 à 200 p.; sa forme est sphérique; les canaux contournés de la substance corticale mesurent 40 à 50 , a en diamètre ; dans les anses de Henle, les tubes n'ont plus quels à SOf^i; la plus grande partie des tubes droits ne mesure guère que 30 à 40 p^, et, par leur réunion, ils arrivent, à l'extrémité terminale du tube collecteur, à un diamètre de 180 à 200 ^j..
FiG. 168. — Section faite perpendiculairement à un cône de Malpighi près de son extrémité libre (d'après M. Gross). Elle est destinée à montrer la différence des diamètres des tubes collecteurs et des anses de Henle. — 1, tube collecteur; 2, tube de Henle.
La capsule des glomérules est une membrane mince, hyaline, qui se plisse facilement en tous sens. Elle est unie, par sa face externe, à la charpente fibreuse du rein. Elle est tapissée à sa face interne d'une couche de cellules plates polyédriques munies de noyaux lenticulaires. Ce revêtement cellulaire de la capsule se continue directement avec celui des tubes contournés.
Les tubes contournés, les anses de Henle et les canaux droits possèdent aussi une membrane propre hyaline, qui se plisse comme celle des glomérules, et qui, d'après Ludwig, posséderait quelques noyaux de distance en distance. Cette membrane isolable n'existe plus, suivant Ludwig, dans les gros tubes collecteurs des pyramides, où elle se confond avec le tissu conjonctif voisin.
Le revêtement épithélial des tubuli se modifie, suivant les différents points de leur parcours. Sur une section transversale des
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tubes conloiirnés, les cellules épilhéliales présentent la forme de pyramides tronquées dont la base reposerait sur la membrane propre du tube. Les noyaux sphériqnes des cellules sont plus rapprochés de leur base que de leurs extrémités libres. Celles-ci, terminées quelquefois par un plateau strié, laissent au centre du tube une lumière vide par où s'écoule l'urine. Le protoplasma de ces cellules est granuleux, présente des stries fines, perpendiculaires à la membrane hyaline du tube, décrites par Heidenhain, qui les a considérées comme de petits bâtonnets. Ces cellules auraient pour fonction, suivant cet auteur, d'élaborer et de séparer du sang les substances salines qui entrent dans la composition de l'urine. Les stries qu'elles présentent les font ressembler aux cellules striées des tubes excréteurs des glandes salivaires. Toutefois, lorsqu'on examine des coupes de la substance corticale de reins d'animaux, durcis par l'acide osmique (1), on voit, en place de stries, de fines granulations disposées bout à bout. Dans ces préparations, le protoplasma des cellules paraît plus clair à son centre qu'à ses bords. Elles n'ont pas de membrane d'enveloppe distincte. Elles sont soudées les unes aux autres plus solidement qu'à la membrane propre du tube. Il en résulte que, dans les préparations du rein faites à l'état frais, on les voit sortir sous forme de boyaux ayant une disposition tubulée. Elles laissent ainsi la membrane hyaline du tube plissée et encore adhérente au tissu rénal.
Les anses de Henle sont tapissées de petites cellules pavimenteuses, aplaties, dont les noyaux font saillie dans la lumière du canal.
Dans les tubes contournés qui relient les anses de Henle aux tubes droits, l'épithélium devient de nouveau épais, granuleux et strié. Les tubes droits qu'on rencontre au milieu des pyramides de Ferrein (rayons médullaires) présentent une couche de petites cellules épithéliales cubiques, régulières, qui s'allongent progressivement à mesure que les canaux droits s'avancent dans la substance tubuleuse. Là les tubes collecteurs sont revêtus d'une couche unique de longues cellules cylindriques implantées perpendiculairement à leur paroi. Le grand diamètre de ces cellules est de 0"\02. A la papille rénale, l'épithélium des tubes collecteurs se continue directement avec celui de la muqueuse des calices et du bassinet.
(1) Pour ces examens, nous plaçons un fragment de rein, coupé avec un rasoir, recueilli de suite après la mort de l'animal, dans une solution d'acide osmique au centième où il séjourne de douze à vingt-quatre heures. On le lave ensuite pendant une heure dans l'eau distillée et on le conserve dans l'alcool absolu.
Étant donné ce que nous venons de dire sur le trajet des tubes urinifères et la structure de leur revêtement épithélial, on peut se rendre compte de leurs connexions et de la composition des deux substances du rein. Dans les pyramides, les tubes collecteurs ouverts à la papille remontent en se divisant jusqu'à la substance corticale, où ils envoient des tubes droits, qui constituent les rayons médullaires. Les tubes droits se continuent avec une portion sinueuse et élargie, puis avec l'anse de Henle et enfin avec la portion sinueuse et large du tube contourné qui se rend à un giomérule de Malpighi. Les tubes contournés et les glomérules, en continuité avec les canaux droits de la substance corticale, forment dans cette dernière autant de pyramides secondaires qu'il y a de rayons médullaires; ce sont les pyramides de Ferrein.
Les vaisseaux sanguins offrent dans le rein une distribution toute spéciale. L'artère pénètre dans le bile et s'y divise ; ses divisions cheminent entre les pyramides, et émettent des branches au niveau de la base des pyramides à la Hmite de celles-ci et de la substance corticale. Les artères interlobulaires nées en ce point s'élèvent directement dans la substance corticale perpendiculairement à la surface du rein, et dans ce trajet elles envoient de distance en distance des artérioles qui pénètrent dans le giomérule de Malpighi. Le vaisseau afférent du giomérule s'y divise en un certain nombre de branches secondaires, dont chacune présente des anses recourbées et libres à la surface du giomérule. Les vaisseaux provenant de ces subdivisions se reforment en un tronc unique (vaisseau efférent), qui sort du giomérule accolé au vaisseau afférent.
Dans le giomérule, les vaisseaux possédant la structure simple des capillaires, sont recouverts, à leur surface externe, par une mince couche parsemée de noyaux et possédant les mêmes réactions que le tissu conjonctif. La cavité du giomérule est donc tapissée d'une part par les cellules de la capsule ou membrane de Bowmann, d'autre part par le revêtement conjonctif des anses du bouquet vasculaire.
A sa sortie du giomérule, le vaisseau efférent se résout en capillaires, qui forment un réseau autour des glomérules et des tubes urinifères. Dans la région d'où partent les artères interlobulaires de la substance corticale, c'est-à-dire à la base des pyramides, les artères rénales émettent encore d'autres artérioles qui prennent un chemin inverse, et descendent dans les pyramides. Ce sont les artères droites qui forment des anses à convexité tournée vers la