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HISTOLOGIE NORMALE DU REIN

papille des pyramides, et qui se résolvent en capillaires accompagnant les tubes droits et les canaux collecteurs.

Le sang des vaisseaux capillaires les plus rapprochés de la surface du rein est pris par des troncs veineux qui arrivent jusqu'à sa périphérie, sous la capsule, où ils forment les veines étoilées (étoiles de Verheyen), qui se réunissent en troncs veineux et descendent dans la substance corticale parallèlement aux artères interlobulaires. La veine interlobulaire reçoit le sang de tous les capillaires de la substance corticale, et se rend dans les grosses veines situées à la limite de la substance médullaire et de la substance corticale.

Les veines qui émanent de la substance des pyramides ont un trajet parallèle à celui des artères droites ; elles forment aussi des anses à convexité dirigée vers la papille. Les gros troncs veineux du rein se constituent à la limite de la substance médullaire et de la substance corticale. Dans la substance médullaire, les veines sont volumineuses et généralement pleines de sang ; aussi, dans les autopsies, trouvet-on presque constamment les pyramides d'un rouge foncé, même lorsque la substance corticale est décolorée.

Le point le plus important de la circulation sanguine dans le rein est le glomérule ; c'est là que se fait à son maximum le passage des matériaux liquides du sérum de l'intérieur des vaisseaux dans les canaux urinifères. C'est dans les canaux contournés de la substance corticale que se fait l'élaboration des m.atériaux que balaye le courant de liquide venant du glomérule. Aussi nous expliquons-nous facilement que, la fonction physiologique du rein s' effectuant presque complètement dans la substance corticale, on observe dans celleci les modifications pathologiques les plus fréquentes et les plus grandes. La substance médullaire, au moins pour ce qui est des tubes droits, car les tubes à anses de Henle appartiennent par leur physiologie et leur pathologie à la substance corticale, la substance médullaire, disons-nous, est simplement un lieu de passage pour l'urine ; elle participe aux fonctions et à la pathologie des canaux d'excrétion avec lesquels elle se continue immédiatement.

Les vaissauœ lymphatiques du rein sont faciles à injecter et à démontrer dans la capsule fibreuse et dans le bile. Une injection faite par ces canaux pénètre dans le tissu conjonctif compris entre les tubes urinifères.

Le tissu conjonctif du rein est inégalement distribué : la capsule fibreuse est formée de faisceaux connectifs entre-croisés, et elle envoie des prolongements fibreux qui accompagnent les vaisseaux

capillaires dans la substance corticale. Les vaisseaux capillaires et le tissu conjonctif n'opposent qu'une faible résistance à la décortication de l'organe. A l'extrémité des cônes de Malpighi, le tissu conjonctif est assez épais et facile à mettre en évidence. Autour des glomérules, il y a aussi une couche conjonctive bien distincte. Dans le reste du rein, la trame connective est très mince et se confond avec les vaisseaux.

Les canaux excréteurs de l'urine, le bassinet, les calices et l'uretère, sont tapissés par une muqueuse sans glandes, dont le revêtement épithélial est constitué par plusieurs couches. Le bassinet et l'uretère possèdent des fibres musculaires lisses.

§ 2= — Histologie pathologique généi'aîe du rein. *

Altérations des cellules Éi>iTnÉLL\LES. — Les lésions des cellules épithéliales des tubes urinifères varient suivant la région que l'on considère. Les cellules des tubes contoiLirnés de la substance corticale sont le plus souvent atteintes. Elles deviennent plus volumineuses, gonflées et granuleuses (tuméfaction trouble), dans la congestion rénale et dans la première période de la maladie de Bright ou de toute néphrite albumineuse passagère. En même temps que cette tuméfaction, on constate sur les coupes, au bord libre des cellules, soit une exsudation hyaline qui leur est accolée, soit une bulle vésiculeuse (w, fig. 168), soit une partie claire et granuleuse du protoplasma qui proéminent dans la lumière du tube. D'autres fois on trouve, dans les cellules, des vacuoles remplies d'un

FiG. 169. — Segment d'un lube urinifore contourne dans l'empoisonnement subaigu par

la cantharidine chez le chien.

a, paroi propre du tube et tissu conjonctif; p, protoplasma des cellules; il, leurs noyaux; m, m,

boules d'exsudation claires qui coiffent les cellules. — Grossissement de 300 diamètres.

liquide tout à fait transparent, La lumière des tubes contient alors soit un exsudât colloïde réticulé , soit des granulations , soit des

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boules claires ou colloïdes (m, n, o, li;^'. 170) sécrétées par les cellules, solides fragments de leur protoplasma. A la suite de cettii élimination de la partie libre des cellules, celles-ci sont diminuées de liauleur et comme abrasées ; une partie de leur protoplasma

FiG. 170. — A, partie d'une section d'un tube urinifère dont les cellules sont creusées de vacuoles :

d, protoplasraa des cellules creusées en h, h, h', de vacuoles remplies d'une gouttelette granuleuse

e, e, noyaux des cellules; m, n, o, boules de substance ptotéique qui remplissent la cavité du tube; p, paroi du tube; v, vaisseau capillaire.

B, G, deux cellules isolées montrant leur protoplasma q, leurs vacuoles t, t', t" et leurs noyaux s.

et leurs noyaux sont conservés et restent adhérents à la membrane propre du tube (1). Ce protoplasma forme une couche uniforme et mince dans laquelle on ne voit plus de ligne de séparation des cellules. Ces lésions, qui sont très manifestes après l'action de l'acide osmique, coïncident généralement avec le passage de l'albumine dans l'urine.

Un certain degré de dégénérescence graisseuse s'observe le plus souvent dans l'albuminurie subaiguë ou chronique. Les granulations graisseuses sont colorées en noir par l'acide osnîique ; on les met aussi en évidence en traitant par l'acide acétique les coupes du rein faites aussitôt après l'autopsie. Les granulations graisseuses n'existent à l'état normal ni chez l'enfant ni chez l'adulte dans les cellules rénales, bien qu'on les trouve en grande quantité à l'état physiologique chez certains animaux, le chien et le chat par exemple. Chez les vieillards, on rencontre assez souvent des granulations graisseuses dans certaines parties des tubes urinifères de la substance corticale sans qu'il y ait eu de maladie du rein. En dehors de ces conditions, la présence des granulations gi'aisseuses est pathologique.

(1) Cornil, Nouvelles observations histologiques sur l'état des cellules du rein{Jour~ nal de Vanatomie de Cli. Robin, 1879).

La dégénérescence graisseuse des cellules épithéliales n'est pas seulement l'apanage de la maladie de Bright ; on la trouve dans les mortifications partielles dues aux infarctus, dans certains empoisonnements (phosphore, acide sulfurique, arsenic, ictère, etc.) et dans quelques cachexies (phthisie pulmonaire, etc.) sans qu'il y ait pour cela d'albumine dans les urines.

La tuméfaction des cellules, leur envahissement par un liquide contenant des granulations, la désintégration partielle de la partie du protoplasma saillante dans la lumière des tubes, n'amènent pas toujours leur mortification, car elles conservent leur noyau et une portion de leur protoplasma accolés à la membrane du tube. Mais souvent ces lésions, de même que la dégénérescence graisseuse, causent la mortification complète de la cellule qui se détache alors de la membrane hyaline et est éliminée.

La tuméfaction trouble et la dégénérescence graisseuse des cellules rénales peuvent s'observer dans toutes les parties du rein, mais elles se montrent surtout dans les tubes larges et contournés de la substance corticale. Les tubes en anses de Henle en sont moins souvent le siège. Dans les tubes droits des rayons médullaires et dans les tubes collecteurs, les cellules épithéliales contiennent rarement des granulations graisseuses ; mais la lumière de ces canaux excréteurs est souvent remplie de cellules altérées, sphériques et granuleuses venant de la substance corticale et qui sont éliminées avec l'urine.

On observe quelquefois plusieurs noyaux dans les cellules épithéliales des tubes contournés, dans les néphrites albumineuses récentes et en particulier dans les néphrites passagères des fièvres infectieuses.

A la suite des congestions répétées, la matière colorante du sang peut passer dans l'intérieur des tubes urinifères et produire une pigmentation de leurs cellules. Ces cellules contiennent alors des granulations jaunes ou brunes; elles se détachent et tombent dans la lumière des tubuli.

En outre de ces lésions élémentaires qui appartiennent à l'intlamination, il en est une série d'autres qui résultent de modifications de la nutrition des cellules ou de leur infiltration par des substances diverses. Ainsi, dans tous les cas d'ictère intense, quelle qu'en soit la cause, les cellules d'un certain nombre des tubes urinifères contiennent des granulations jaunes ou jaune verdâtre, possédant les réactions de la matière colorante biliaire. Les cellules ainsi altérées

restent en place ou bien elles sont mortifiées et tombent dans l'intérieur des tubuli, soit isolément, soit réunies sous forme de masses allongées. Lorsque la bile se trouve en grande quantité dans le rein, on voit des cristaux de bilirubine, dans les cellules et dans le tissu conjonctif. Dans d'autres circonstances, ce sont des sels qui infiltrent les cellules, et ces dernières sont le centre de cristallisations et de calculs microscopiques ou visibles à l'œil nu. C'est ce qui se passe par exemple chez les enfants nouveau-nés, lorsque le parenchyme rénal est encombré d'urate de soude ou lorsque, chez les goutteux, ce même sel infiltre les cellules d'un certain nombre de tubuli et de là se prolonge sous forme d'aiguilles cristallines dans le tissu conjonctif voisin.

Des sels calcaires, des carbonates et des phosphates alcalins peuvent se déposer dans les cellules épithéliales de la capsule des glomérules de Malpighi qui apparaissent alors sous forme de petits grains opaques et durs à la surface du rein, où ils sont à peine visibles à l'œil nu. On pourra trouver aussi, à la surface des cellules libres dans la lumière des tubes urinifères , des cristaux de phosphate tribasique ou d'oxalate de chaux.

Dans les infarctus rénaux, lorsque la circulation du sang a été abolie, de même que dans les abcès métastatiques, les cellules deviennent granuleuses, s'atrophient, se fragmentent en molécules granuleuses et sont tout à fait mortifiées. Lorsqu'une partie du rein est comprimée, dans une pyélite calculeuse ou dans une pyélite chronique avec rétention de l'urine et distension des calices et du bassinet, les tubes atrophiés ne présentent plus que de toutes petites cellules cubiques ou aplaties (&, fig. 171), à protoplasma clair et peu

FiG. 171. — Dégénérescence colloïde des cellules épithéliales d'un tube urinifère dans une néphrite

interstitielle.

a, tissu conjonctif; 6, revêtement épithélial du tube urinifère; c, boules colloïdes; e, cylindre colloïde à couches concentriques. — Grossissement de 300 diamètres.

abondant, ou des cellules granuleuses. Les cellules épithéliales sont aplaties aussi en même temps que les tubes sont dilatés lorsque l'urine s'écoule difficilement, dans le cancer de l'utérus notamment, et dans les hémorrhagies intratubulaires.

Très souvent, dans les périodes avancées de la maladie de Bright, on voit, soit dans les tubes urinifères, soit dans les kystes colloïdes, des cellules dans lesquelles la portion du protoplasma qui confine à la lumière du tube devient colloïde , réfringente et se détache sous forme de boules qui s'accumulent dans la cavité du tube ou du kyste. Pendant ce temps, le noyau et une partie du protoplasma granuleux restent accolés à la membrane propre. Finalement ces kystes à contenu colloïde présentent une simple couche de cellules aplaties appliquée contre leur membrane (voy. fig. 17i), tandis qu'ils sont remplis d'une masse hyaline.

Enfin les cellules présentent quelquefois une infiltration amyloïde qui les transforme en blocs vitreux offrant la coloration caractéristique sous l'influence de l'iode et des couleurs d'aniline.

Cylindfies hyalins et variétés des cylindres qui se forment DANS les tures urjnifères. — Lcs diverses altérations cellulaires, que nous venons de passer en revue, déterminent la sécrétion d'une substance protéique, hyaline, vitreuse, qui se montre sous la forme de moules ou de cylindres à l'intérieur des tubes urinifères. Ces cylindres englobent ou montrent à leur surface des éléments cellulaires provenant des tubes urinifères. Gomme on les trouve en examinant au microscope les sédiments de l'urine rendue pendant la vie, on comprendra tout l'intérêt qui s'attache à leur étude au point de vue du diagnostic et du pronostic des maladies du rein. C'est un des meilleurs signes qu'on puisse invoquer pour savoir ce qui se passe dans l'intérieur des tubes urinifères.

Voici quelles en sont les diverses espèces :

a. En premier lieu le sédiment urinaire peut contenir des cellules épithéliales granulo-graisseuses provenant del'épilhélium des tubes urinifères, des cellules atrophiés ou de fragments de cellules, des leucocytes ou de petites cellules hyalines. Ces cellules sont unies par une matière homogène ou légèrement granuleuse : ce sont les cylindres épithéliaux (1, fig. 172). Les cellules qui les composent sont des cellules épithéliales des lubuli plus ou moins chargées de granulations graisseuses et des leucocytes.

b. Lorsque le rein est le siège d'une congestion ou d'un catarrhe léger accompagnés d'une albuminurie à peine appréciable, il existe dans les urines des cylindres très pâles , étroits, parfois riibanés, sinueux, mesurant de 1 à 2 (j., formés d'une matière finement granuleuse, molle et dont les bords ne sont pas lim.ités par une ligne

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