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CYLINDRES HYALINS

les canaux étroits de Henlc où il se tasse et passe en s'effilant, débonclie dans les canaux collecteurs. C'est dans ces derniers canaux que les cylindres se replieraient sur eux-mêmes. Ainsi, dans le cylindre A (fig. 173), nous pensons que la portion c sortant d'un tube

FiG. 173. — Cylindres hyalins en tire-bouchons fixés et colorés par l'acide osmique.

Dans le cylindre A une partie c, b, est contournée tandis que la portion a est homogène. Il en est de niênie du cylindre B. — Grossissement de 450 diamètres.

étroit s'est enroulée de c en h en entrant dans un tube plus large et que cet enroulement a donné lieu, par suite du tassement, à urx moule homogène en a. On voit souvent en effet un cylindre en tirebouchon se continuer avec un cylindre plus large. Quelquefois on trouve deux cylindres, soit ondulés, soit droits, qui sont unis l'un à l'autre et disposés parallèlement. Il est probable alors que ces deux cylindres se sont engagés en même temps dans un tube collecteur et s'y sont accolés. On peut enfin en découvrir qui sont divisés en deux branches accolées à l'une des extrémités du cylindre et confondus à l'autre comme une fourche dont les deux branches seraient rappro- -chées. Il est vraisemblable qu'il s'agit là de deux cylindres qui, des-

Cendant en même temps par deux tubes droits, se sont réunis et soudés par leur extrémité inférieure au moment où ils pénétraient dans un gros tube collecteur. Lorsqu'un cylindre a acquis, par suite du tassement, une forme contournée, on conçoit que, sous l'influence de l'élasticité dont il jouit, il puisse devenir de nouveau régulièrement cylindrique. Il en est certainement ainsi dans un certain nombre de cas ; mais dans d'autres, comme on vient de le voir, il en est tout autrement. Or, si l'on examine avec soin le sédiment urinaire dans l'albuminurie aiguë, après l'avoir coloré par le carmin neutre, préparé suivant les indications fournies par l'un de nous, on remarque que les cylindres contournés sont vivement colorés et qu'ils sont maintenus dans leur forme par une enveloppe, une sorte de chemise hyaline incolore ou faiblement colorée. La substance qui forme cette enveloppe, comme celle du cylindre contourné, est de nature colloïde, mais elle est plus jeune, moins dense, et par conséquent moins colorable que cette dernière.

Les cylindres peuvent accidentellement montrer à leur surface ou dans leur intérieur des granulations d'urate de soude, des cristaux de phosphate tribasique, d'oxalate de chaux et d'acide urique.

Les réactions histochimiques des cylindres hyalins montrent qu'ils sont formés de matière colloïde. Leur état homogène, l'absence de fibrillation, leur résistance à l'acide acétique, les séparent de la fibrine, bien qu'ils soient souvent désignés à tort sous le nom de cylindres fibrineux. Ce terme est d'autant plus mauvais, qu'on trouve quelquefois dans les urines de vrais cylindres fibrineux, comme nous le verrons bientôt.

Les cylindres qu'on observe dans la dégénérescence amyloïde ne diffèrent pas des cylindres hyalins précédents.

Quel est le mode de formation des cylindres hyalins? Parmi ceux qui se sont posé cette question, les uns croient qu'ils consistent simplement en une exsudation provenant du sérum sanguin filtré à travers les membranes des parois vasculaires et des tubuli. Pour Rindfleisch, ils proviendraient d'une transformation colloïde des cellules. Cette opinion est combattue par Klebs.

Nous croyons qu'ils sont formés à la fois par les matériaux liquides du sang et par la sécrétion des cellules, ainsi que nous l'avons dit précédemment (p. 532) et ainsi que cela résulte de l'analyse plus détaillée des lésions que nous exposerons bientôt à propos des diverses espèces de néphrites produites expérimentalement chez les animaux ou observées chez l'homme.

ALTÉllATIONS DES PAROIS PROPRES DES TÎTRULI. 541

d. Dîins l'ictère, quelle qu'en soit la cause, on trouve dans le sédiment urinaire des cylindres hyalins colorés en jaune et recouverts, soit de granulations jaunes, soit de cellules épithéliales contenant, comme nous l'avons vu, du pigment biliaire et des cristaux de biliverdine. Les cylindres hyalins idériques se montrent en assez grande quantité, bien qu'il n'y ait pas du tout ou qu'il y ait très peu d'albumine dans les urines,

e. Dans l'empoisonnement par le phosphore, les cylindres charriés par les urines présentent ce caractère particulier d'être composés par une masse grenue contenant des molécules graisseuses ; ils diffèrent par conséquent des cylindres hyalins les plus communs de la maladie de Bright : ce sont les cylindres graisseux.

FiG. 174. — Cylindres albumino-graisseux de l'urine albuminurique dans l'empoisonnement

par le phosphore.

f. Dans la congestion intense avec hémorrhagie à l'intérieur des tubes urinifères, il se fait de véritables cylindres flbritieux, caractérisés par de la fibrine fibrillaire qui se gonfle sous l'influence de l'acide acétique, et qui contient dans son intérieur des globules rouges et blancs du sang. Au lieu d'être sous la forme de cylindres minces, la fibrine peut être moins bien délimitée et constituer de petites masses dont les bords ne sont pas nets. Des globules rouges existent dans ces petits îlots de fibrine. L'urine conserve assez bien du reste les globules rouges tout en modifiant leur forme ; ils sont alors grenus à leur surface ou excavés.

Altérations des parois propres des tubuU. — La membrane propre 'des tubes contournés et des anses de Henle est le plus souvent conservée dans les maladies rénales. Dans la maladie de Bright avec dégénérescence granulo-graisseuse des cellules, lorsqu'on a isolé ces membranes, on voit à leur surface des granulations protéiques et graisseuses ; mais il est facile de s'assurer que ces granulations ne

font pas corps avec la membrane, et que celle-ci est intacte au-dessous d'elles. Dans la plupart des néphrites chroniques, parenchymateuses ou interstitielles, la paroi hyaline des tubes est épaissie.

Dans les néphrites suppuratives, dans les tumeurs développées dans le parenchyme rénal, cette membrane est détruite et disparaît. D'après Rindfleisch, elle serait percée normalement de pores, qui laisseraient passer les cellules lymphatiques venues des vaisseaux, soit pour reconstituer les cellules d'épithélium des tubes à l'état normal, soit pour former les éléments cellulaires du pus dans les suppurations rénales. Ces pores sont loin d'être démontrés.

Dans la dégénérescence amyloïde, lorsque cette lésion, ne se bornant pas à la paroi des vaisseaux artériels et glomérulaires, s'étend aux tubes urinifères, la membrane propre de ces derniers, infdtrée de substance amyloïde, s'épaissit et présente, sous l'influence des réactifs, les colorations caractéristiques de cette dégénérescence.

Nous avons étudié jusqu'ici les modifications pathologiques des cellules des tubes urinaires, celles de leur membrane, et les exsudations qui peuvent se faire dans leur intérieur. Nous envisagerons maintenant les altérations que subissent les tubes urinifères considérés dans leur ensemble, dans leurs diamètres et dans leur forme.

Les tubes urinifères peuvent être uniformément distendus ; c'est ce qui arrive dans la rétention d'urine et dans l'infiltration mineuse de tous les éléments du rein qui en est la conséquence. La même distension s'observe dans la première période de la maladie de Bright, lorsque les cellules épithéliales sont gonflées et troubles, et que la lumière des tubes contient des exsudais, des ceflules desquamées, du sang, etc. ; l'organe tout entier augmente de volume. Mais, dans le cours de la maladie de Bright, il peut se faire, soit des obstructions d'un certain nombre de tubuli par leur contenu colloïde, soit des inflammations interstitielles déterminant une oblitération ou un rétrécissement permanent d'un tube, qui présente audessus de l'obstacle des dilatations irrégulières en chapelet, ou de véritables kystes de rétention. Ces kystes se forment généralement aux dépens des tubes urinifères; nous les étudierons en détail à propos de la maladie de Bright chronique. Il peut y avoir aussi par la même raison une distension de la capsule des glomérules.

Le rétrécissement et même l'atrophie complète des tubes urinifères, s'observent lorsque le rein est comprimé de dedans en dehors par la distension du bassinet et des calices, dans les diverses va-

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